Marseille : quatre ans de prison pour des policiers qui ont tabassé un adolescent

Rédigé par : Melody Thomas, le
Publié dans : Actualites, France
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Deux policiers ont été condamnés chacun, ce jeudi, à quatre ans de prison dont deux ans ferme pour avoir passé à tabac un adolescent à Marseille.

Lors du procès, la procureure de la République s’était émue d’un « passage à tabac en bonne et due forme », une « agression gratuite, par pur plaisir » dont les faits remontent à février 2018.
Ishaq, un adolescent de 16 ans, en vacances chez ses frères sort d’une épicerie située dans le 15e arrondissement de la ville de Marseille.

Sans raison, dans une ruelle des quartiers nord, il est roué de coups par deux agents de la Compagnie de sécurisation et d’intervention (CSI), selon La Provence. Transporté aux urgences, le jeune garçon s’en sortira avec de multiples lésions, une fracture du plancher de l’orbite et 15 jours d’ITT.

« C’était un garçon sans histoire, qui allait passer son CAP et faisait du sport. Il a dû tout arrêter. On a brisé sa vie », a déploré son avocate, Me Sennaoui, devant le tribunal correctionnel.
Au cours de l’enquête, un stylo siglé du syndicat « Alliance” retrouvé sur place, mais aussi des traces d’ADN isolées sur la manche d’Ishaq, avait rapidement permis de remonter jusqu’au deux policiers, Lionel P., brigadier-chef de 42 ans, et Thomas B., gardien de la paix de 33 ans.
Malgré le rapport accablant de l’IGPN et le témoignage d’un épicier, les deux policiers ont toujours nié les faits. Décrits par leur hiérarchie comme des agents exemplaires et soutenus par une trentaine de collègues et de militants d’Alliance devant le tribunal correctionnel de Marseille, ils ont assuré avoir seulement « coursé un jeune homme » ce soir-là, mais sans être parvenu « à le rattraper ».

Devant l’IGPN, les deux policiers ont même émis l’hypothèse de « représailles d’un chef de réseau » contre l’adolescent ou d’une correction infligée par « d’autres individus ou des policiers ».
Mais la procureure, Virginie Taventi était « convaincue » que ce mineur au casier vierge avait bien été « victime de violences graves, déplorables, d’un passage à tabac en règle » administré par les policiers.