Martiniquais, fidèle à la Gauche et à ses valeurs, Valentin Narbonnais défend aux élections, l’écologie, la santé, l’emploi et l’égalité pour tous

Une élection succède à une autre. Le temps file très vite, les contextes politiques changent, certains militants se laissent séduire pour s’impliquer autrement dans la vie de leur commune quand d’autres, fidèles, restent à bon port malgré les tempêtes. Valentin Narbonnais est de ceux-là. Rencontre avec un jeune militant socialiste qui porte les valeurs humanistes des hommes de Gauche, qui reste soucieux des questions relatives à l’écologie, au climat, à l’éducation et à la sécurité pour tous. Il se présente aux élections municipales à Colombes.

En juin 2015, Valentin Narbonnais, jeune homme d’une vingtaine d’années, élancé, le costume bien mis et des lunettes qui accentuent son air sérieux et sa maturité, faisait officiellement ses premières armes dans les pas de l’ancienne garde des Sceaux, la guyanaise Christiane Taubira. Le martiniquais qui préparait sa Licence de Droit et de Science Politique à l’Université Paris-Ouest était chargé de communication à la Chancellerie. Déjà aguerri de ses quatre ans au Conseil Communal des Jeunes de Colombes où il réside, Valentin Narbonnais a intégré ses nouvelles fonctions jusqu’au départ de la ministre de la justice. Depuis, le jeune homme s’est essayé aux présidentielles dans l’équipe de Benoit Hamon, il devient en 2017 le  porte-parole du candidat. Valentin Narbonnais, un combattant né, l’avoue :  «J’adore les campagnes électorales. Notre système démocratique est fabuleux, il nous autorise à débattre, à confronter nos idées, nos visions, à convaincre, à nous interroger et en dernier ressort à choisir dans le secret de l’isoloir. Tant de pays nous envient cette liberté…Le temps des campagnes électorales est une séquence que je trouve particulièrement stimulante et revigorante, elle permet également, de tisser du lien social. »

Né à Paris, originaire de la Martinique, du quartier populaire de Trénelle, Valentin Narbonnais se définit comme « un militant socialiste donc écologiste, féministe et démocrate  ». les valeurs qu’il défend viennent de son ancrage à gauche : « La Gauche et le Parti Socialiste singulièrement portent un idéal essentiel pour l’avenir : l’inlassable combat pour la justice sociale et l’égalité réelle, pour la protection de l’environnement, pour la promotion de l’éducation, de l’accès aux droits, de l’accès aux soins, à la connaissance. C’est la responsabilité de la Gauche sur l’avenir ! »

Une gauche pourtant qui a décroché de puis bientôt plusieurs décennies, entre rivalités, conflits personnels, loin des valeurs traditionnelles de la Gauche, loin des grandes figures qui ont bâties le socialisme telles  Jean-Jaurès ou Léon Blum. Valentin Narbonnais l’explique à sa manière : « Je pense que la Gauche a commis une grande faute philosophique ces dernières années en ayant été un peu flâneuse intellectuellement et en ayant comme unique ambition de se rassembler. La politique, c’est un corpus idéologique, des idées à produire et à diffuser dans la société. L’union fondamentale ne fera jamais un projet, c’est un préalable mais pas une fin en soi. » commente l’étudiant.

Et le jeune militant se veut convaincant : « Soyez rassurés, la Gauche n’a pas disparu, elle agit chaque jour efficacement dans les nombreux territoires qu’elle dirige et elle est très active au Parlement face au Gouvernement Macron/Philippe et à ses politiques libérales et autoritaires. Je crois profondément que le monde a besoin des idéaux de Gauche c’est-à-dire de penser l’avenir, de rester sensible aux autres, de reléguer les égoïsmes, de penser le monde, de créer, de vivre en refusant l’écrasement de l’individu au nom du profit. Pour cette nécessité-là, la Gauche reviendra ! »

Valentin Narbonnais au meeting de Benoit Hamon (2017)

Selon Valentin Narbonnais, l’heure est au réveil et au ressaisissement  : « Ma génération a une responsabilité : La reconquête des cœurs et des esprits et cela passe d’abord par les scrutins locaux comme les élections municipales avant d’impulser – je l’espère- une grande force de rassemblement sociale, écologiste et citoyenne afin de proposer aux Français une alternance politique crédible et ambitieuse en rupture avec l’austérité qui sévit actuellement et comme alternative au duel Macron/Le Pen que l’on souhaiterait nous imposer. »

Valentin Narbonnais et Christiane Taubira

Et pour donner l’exemple et croire en une reconstruction, il importe de s’engager sur le terrain et de fédérer autour de thèmes vitaux. Valentin Narbonnais a grandi à Colombes, une ville située dans les Hauts-de-Seine. L’antillais encore adolescent s’investit dans le conseil communal et retient le «vivre ensemble au-delà de nos différences. Nous avons réussi  dans le respect de nos singularités à nous rassembler (citoyens investis dans le milieu associatif, sportif, culturel ; formations politiques de Gauche, écologistes et collectifs citoyens) autour d’un projet innovant et durable que nous avons construit avec les habitants, sur la base de nos valeurs communes afin de tourner la page de la honteuse casse sociale, environnementale et du mépris démocratique à Colombes. »

Dans une conjoncture politique très instable où les verrous et les clivages ont sauté, comment « relancer » les partis politiques de Gauche? Valentin Narbonnais a dans son viseur les marques du passé : « L’avenir des Partis de Gauche ne sera jamais de désespérer mais bien au contraire de montrer le chemin car ce sont les idéaux de Gauche qui nous permettrons de construire des réponses modernes et durables aux urgences et aux défis qui nous guettent. Ce sont les idéaux de gauche qui nous permettront de faire évoluer notre société, l’Europe et le monde sans écraser l’individu et c’est un humanisme clairement assumé qui nous permettra de retrouver notre chemin de l’égalité et du progrès. »

« La tâche de la reconstruction est exaltante, c’est un véritable marathon qui nous permet de bâtir collectivement, de penser, de s’interroger ensemble sur ce qui constitue réellement notre ADN pour enfin retrouver le goût de la Gauche. » ajoute l’étudiant en Droit.

Valentin Narbonnais sur la liste de Patrick Chaimovitch (EELV)

Aux prochaines municipales, figurant sur la liste de  Patrick Chaimovitch (EELV), le martiniquais a des projets pour l’avenir de sa commune : « j’ai souhaité, dans la continuité de mon engagement militant pour la justice sociale, écologique et pour l’égalité réelle et face au bilan désastreux de la majorité municipale sortante, participer à l’élaboration du projet construit avec les Colombiens pour réussir la transformation de Colombes, ma ville, afin qu’elle puisse s’adapter aux nombreuses urgences qui nous guettent et contribuer à impulser les correctifs nécessaires dans la future gestion municipale afin d’y améliorer le cadre de vie au quotidien. nous aurons à impulser de profondes mutations dans la gestion municipale afin de répondre efficacement aux urgences sociales, climatiques et démocratiques qui nous attendent. » Le sport et la jeunesse ont été sacrifiés dans le plan politique de la maire Nicole Gouetta.

Le bilan de la Maire sortante Nicole Goueta (LR), doyenne des maires des Hauts-de-Seine, et de ses ex-adjoints (centristes) qui ont officialisés leur présence pour un nouveau mandant semble désastreux, estime Valentin Narbonnais qui liste les dysfonctionnements communaux : « Depuis 6 ans, la ville s’est désengagée en matière de solidarité, la diversité commerciale n’a pas été considérée. L’écologie est instrumentalisée à l’approche des élections mais les Colombiens ne sont pas dupes, ils subissent chaque jour les conséquences de la bétonisation démesurée dans laquelle le clan Goueta a lancé notre ville, il est témoin de son soutien au diesel ou encore de l’abattage massif d’arbres notamment en pleine canicule. Madame la Maire et son équipe ont fait tout l’inverse de ce qu’il fallait faire pour répondre aux urgences liées au changement climatique. Les sports et la jeunesse ont été sacrifiés. Le pouvoir municipal est exercé de façon opaque et autoritaire et les Colombiens sont délibérément éloignés des décisions qui les concernent. » Nicole Gouetta, maire sortante de Colombes

Même si le jeune colombien qui bénéficie d’atouts politiques indéniables est assuré de se faire entendre dans les Hauts-de-Seine, il reste néanmoins un antillais respectueux de son histoire et attaché à ses traditions ultramarines. S’engager dans l’hexagone n’empêche pas le militant de suivre avec intérêt la vie politique des régions ultramarines et les revendications des populations des départements, collectivités ou territoires des Outremer : « J’ai travaillé et travaille encore avec des élu-e-s des Outre-mer. C’est avec eux que j’ai fait mes premières armes. J’ai énormément appris à leurs côtés. J’ai également été porte-parole et Conseiller Outre-mer d’un candidat à la Présidence de la République, ce qui m’a conduit à échanger et à rencontrer régulièrement de nombreux élus de toutes tendances politiques. Evidemment, nous cultivons les liens qui ont été tissés et des amitiés solides ont été nouées. »

Une ville sans associations serait une ville morte et sans âme et pourtant, rapporte Valentin Narbonnais, la politique de la ville abandonne les actions associatives : « À Colombes, nous avions un Carnaval Tropical envié pour son succès. Il était impulsé par un collectif d’associations socio-culturelles Ultramarines et soutenu par la ville. Il faudra certainement étudier la relance de sa programmation avec les associations, les écoles, les structures municipales et tous ceux qui souhaiteront être de la partie afin de relancer cet événement culturel majeur dans la vie d’un territoire. C’est une question de volonté politique. Depuis 6 ans, la ville de Colombes s’est désengagée avec une incroyable constance auprès de ses associations, comme si une ville de près de 90 000 habitants pouvait s’exonérer de la vitalité de ses associations qui œuvrent pour la cohésion sociale au moment où l’équipe sortante a augmenté le tarif des prestations basées sur le quotient familial.» argumente le militant socialiste.

Redynamiser le tissu associatif mais aussi soutenir les attentes des colombiens lassés d’insécurité et du chômage croissant: « En rupture avec le management de la terreur qui sévit actuellement, nous accompagnerons les agents municipaux afin de redonner du sens à leur travail pour un service public de qualité notamment en résorbant l’emploi précaire que l’équipe actuelle a laissé prospérer et nous veillerons au respect des droits de l’ensemble du personnel municipal et notamment de la règle de droit pour les agents éligibles aux congés bonifiés, conquis de hautes luttes politiques et syndicales ». Ce sont là les principales raisons de l’engagement de Valentin Narbonnais qui axe également son combat dans la lutte contre toutes formes d’inégalités dans l’Hexagone comme dans les Outremer.

« Les prérogatives de l’Hexagone doivent être les mêmes pour les territoires d’Outremer. Le mot égalité ne doit plus être un slogan mais doit être une réalité dans chacun des 11 territoires notamment en matière d’éducation et de santé publique, dans le respect des specificités locales. Tout cela est une question de volonté politique, d’évolution statutaire et nous invite donc aussi à changer de majorité politique »

Résoudre les inégalités dans la République française reste une des préoccupations imortantes de Valentin Narbonnais inscrit sur la liste du candidat Patrick Chaimovitch (EELV) : « Je souhaite que Colombes se transforme afin de s’adapter à la lutte contre les inégalités, à l’urgence climatique et s’ouvrir à la démocratie locale pour une expression citoyenne plus étendue. C’est ce dont les Colombiens ont besoin pour se réapproprier leur ville et redonner à Colombes sa place légitime dans les Hauts-de-Seine »

Pour finir, Valentin Narbonnais se plaît à ajouter: «me concernant, je reconnais volontiers forger quelques rêves inavouables pour le moment… Je ne me fixe absolument aucune limite »

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
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