Martinique : Kéziah a porté des coups « extrêmement violents » à un gendarme au sol, assure le Procureur

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, Martinique
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Le Procureur de la République, Renaud Gaudeul, assure que le jeune militant martiniquais Kéziah – dont l’interpellation musclée à Fort de France a suscité l’indignation sur les réseaux sociaux – a porté « des coups extrêmement violents » à un militaire de la gendarmerie « au sol », justifiant dès lors son arrestation et sa garde à vue.

Tout en lui reconnaissant la présomption d’innocence, le Procureur fait valoir qu’il existe d’autres vidéos sur les réseaux sociaux qui montrent le jeune homme en train de porter de « violents coups » à un gendarme tombé à terre.

Le Procureur concède que son interpellation a été « extrêmement difficile», mais relève que « ce type d’acte » ne pouvait pas rester sans réponse. Des gendarmes l’accusent eux-aussi de les avoir frappés. Une version démentie par le jeune homme.

« Si j’avais donné cinq violents coups de poing aux gendarmes, j’aurais eu des hématomes sur les doigts », rétorque sur RCI Keiziah, en montrant ses mains en bon état. Il sera jugé le 27 août prochain par le tribunal correctionnel de Fort-de-France.

Lors d’un rassemblement de soutien organisé ce samedi à la Maison des syndicats, sa famille a confirmé son intention de porter plainte pour « coups et blessures avec intention de donner la mort ». Une nouvelle manifestation de soutien est organisée ce lundi 20 juillet à partir de 18 heures à la Maison des Syndicats.

« (…) Sincèrement ce sont des images dont moi-aussi je me passerais plus que largement. Je me passe largement des interpellations qui ne sont pas faciles», a- déclaré samedi sur RCI le Procureur, alors qu’une vidéo sur les réseaux sociaux montrait l’arrestation du jeune étudiant hurlant de douleur sous la violence des policiers, la tête ensanglantée.

«D’après les images, l’interpellation a été extrêmement difficile », a reconnu le Procureur avant de prendre la défense des gendarmes : « Mais on ne peut pas laisser passer ce type d’acte ».

Renaud Gaudel déplore par ailleurs que des vidéos aient été passées sous silence. «Vous avez aussi d’autres images sur les réseaux sociaux qui font moins de bruit. Ces images quelles sont elles ? », lance-t-il. (…) On voit ce même individu en train de frapper un militaire de la gendarmerie qui est au sol, qui est tombé et qui se trouve être frappé très violemment par cet individu » ajoute-t-il.

« Là-aussi, on peut peut-être imaginer qu’il a fallu à ce moment-là interpeler l’auteur de cet acte, encore une fois à ce stade-là, il y a la présomption d’innocence », poursuit le Procureur.
« Ce qui justifie la garde à vue ? Ce qui lui est reproché ? C’est d’avoir lui-même, avant cette interpellation, c’est d’avoir porté des coups extrêmement violents sur ce militaire qui se trouvait être au sol », martèle le Procureur.

« Et par conséquent en l’état de ce dont je dispose, dans cette enquête-là, je pense que cette interpellation-là était parfaitement légitime », assure-t-il.

Samedi matin Keiziah lui a été présenté au Palais de Justice de Fort-de-France. Il a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire pour violences envers personnes dépositaires de l’autorité publique.

L’affaire de Kéziah vient s’ajouter à une série d’actions de protestations, en Martinique, consécutives au scandale du chlordécone où d’autres activistes ont déjà été mis en examen ou sont poursuivis pour violences. Les activistes réclament des réparations, au titre de l’empoisonnement au chlordécone (un dangereux pesticide responsable d’un taux de cancers anormalement élevé sur l’ile); qu’ils imputent aux grandes familles békés de l’ile.