Martinique : Le procès des 7 militants anti-chlordécone aura-t-il lieu le 3 juin ?

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, Martinique
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Déboussolés par les divisions entre leurs avocats et l’annulation du procès par le Président du tribunal, les sept militants anti-chlordécone entendent toutefois se rendre, envers et contre tout, à l’audience ce mercredi 3 juin où ils doivent être jugés pour « violence sur agent de la force publique en réunion et avec arme ».

Le 28 novembre 2019, ils avaient été interpellés et placés en garde à vue, cinq jours après des échauffourées entre des manifestants et des gendarmes lors d’une action anti-chlordécone, au Robert, sur le parking de l’Euromarché Océanis, appartenant à l’homme d’affaires Bernard Hayot. Deux gendarmes avaient été blessés.

La grande question est de savoir si l’audience du 3 juin aura lieu ou pas, puisque le président du Tribunal a déjà annoncé son annulation par voie de presse, pour des raisons de sécurité sanitaire : une manœuvre, selon les avocats.

Ce qui devait être, initialement, LE grand procès du scandale du chlordécone a en réalité viré au règlement de comptes entre avocats, fragilisant la défense des prévenus dont les soutiens des premiers jours semblent également s’être érodés.

Alfred Marie-Jeanne annonce sa présence le 3 juin : un soutien aussi inattendu, que surprenant 

Mais, ils pourront toujours compter sur le soutien aussi inattendu que surprenant d’Alfred Marie-Jeanne, qui a décidé de se rendre à l’audience le 3 juin et même de témoigner s’il était appelé à la barre.

Dans un imbroglio sans nom, plusieurs avocats ont soit claqué la porte, soit été révoqués par leur client. C’est donc sur fond de crise et d’angoisse que les sept prévenus vont se rendre à l’audience, accompagnés par seulement deux avocats, dans la plus grande incertitude quant à la tenue ou pas du procès.

On peut se demander si la tactique choisie par leurs deux avocats, Me Alex Ursulet et Me Dominique Monotuka, de se rendre à l’audience sera payante, l’objectif, pour eux, étant que les charges pesant sur les prévenus soient purement et simplement abandonnées. C’est donc quitte ou double !

Sortir par le haut pour le tribunal

Sortir par le haut, semble être aussi la tactique du tribunal, qui mise plutôt sur un pourrissement du dossier, ce qui lui permet de maintenir à la fois une épée de Damoclès au-dessus de la tête des prévenus et de ne pas perdre la face. Le procès avait déjà été reporté une première fois à la date du 3 juin 2020. Mais ce nouveau report Sine Die, fait planer le risque d’une délocalisation du dossier à Paris.

Le risque de délocalisation, à Paris, de l’affaire Oceanis n’est pas à exclure

Me Alex Ursulet a déjà, à plusieurs reprises, mis en garde contre ce risque, en rappelant que la plainte sur le scandale du chlordécone est en souffrance depuis plus de dix ans à Paris.
Dix des avocats des sept prévenus ont récemment claqué la porte, mais ils ont tout de même invité les autorités judiciaires à abandonner les poursuites judiciaires contre les militants.