Martinique : Marine Le Pen s’étonne que le préfet ait ordonné à la police de ne pas intervenir, rappelant à Macron sa promesse de protéger les statues

Au lendemain du déboulonnage, en Martinique, de deux statues par des activistes, Marine Le Pen s’étonne que le Préfet Stanislas Cazelles ait ordonné à la police de ne pas intervenir, rappelant à Macron sa promesse du 14 juin qu’« aucune statue ne sera déboulonnée » en France.

Dans un récent tweet la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, tacle le Chef de l’Etat sur sa promesse que « La République n’effacera aucune trace ni aucun nom de son histoire ».

Elle cite une dépêche de l’AFP qui « apprend que le préfet, informé au préalable de ces destructions, a donné ordre aux policiers de ne pas intervenir. »

L’Agence France presse rapporte, dimanche, qu’une source policière lui a indiqué que « Le préfet de Martinique (…) avait donné ordre de ne pas intervenir ». « Le Président a donc menti, il laissera notre histoire et notre patrimoine être démantelés par des minorités violentes », fustige Marine Le Pen.

Dimanche 26 juillet, deux nouvelles statues ont été déboulonnées à Fort de France, à l’appel d’un collectif d’activistes anticolonialistes, en plein jour et à grands renforts de publicité.

Les activistes avaient même invité la population à assister à la mise à terre des deux statues controversées, celle de Joséphine de Beauharnais, la première épouse de Napoléon Bonaparte native de Martinique dont le mari a rétabli l’esclavage en 1802 et celle de Pierre-Belain d’Esnambuc, le premier colonisateur de l’île, en 1635.

Ces déboulonnages interviennent deux mois après ceux de Victor Schoelcher par le même collectif d’activistes.

En marge des émeutes à Fort de France, des 16 et 17 juillet derniers, des activistes avaient déjà brulé les statues de Joséphine de Beauharnais et Pierre Belain d’Esnambuc sur des bûchers, mais les deux statues ont survécu à l’épreuve du feu. Ils ont donc décidé de la détruire à coups de massue dimanche.

Dans une video circulant la semaine dernière sur Internet, des activistes avaient déjà lancé un ultimatum au maire de Fort de France, exigeant que les statues controversées de Joséphine et Pierre Belain d’Esnanbuc soient retirées de l’espace public avant le dimanche 26 juillet, faute de quoi ils avaient promis de se charger de l’enlever eux-mêmes.

Dans cette même vidéo, ils ont également demandé au maire de Fort de France de retirer un autre monument historique, la porte du tricentenaire qui sert d’entrée au Parc Floral et célèbre également la venue de Pierre Belain d’Esnambuc en Martinique.

Quelques jours plus tard, le maire de Fort de France, Didier Laguerre, avait annoncé son intention de déposer la statue de d’Esnambuc, accusé par certains de céder aux pressions des activistes, le maire s’était défendu en soulignant que la décision appartenait au vote du Conseil municipal dans le cadre des travaux de la Commission mémorielle de la ville.