Martinique Politique : Échanges cinglants entre conseillères exécutives de la CTM

Rédigé par : Hugo Paterne, le
Publié dans : Actualites, Martinique
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Sylvia Saïthsoothane Conseillère exécutive à l’Education, Jeunesse, Collèges et Lycées et Marie-Hélène Léotin Conseillère exécutive au patrimoine et à la culture ne sont pas sur la même longueur d’ondes, et cela donne des passes d’armes assez rudes.

Voici la genèse de ce différend : Le conseiller exécutif Francis Carole qui avait pris position dans le dossier de l’université des Antilles avait considéré qu’il faut une université martiniquaise de plein exercice.

Suite à cette déclaration la réaction de Sylvia Saïthsoothane ne s’est pas faite attendre : « Cette dictature de pseudo -indépendantistes qui n’ont fait que vivre de l’argent de la France et qui aujourd’hui la fustigent, je commence à en avoir assez ». Cette déclaration de la Conseillère exécutive à l’Education, Jeunesse, Collèges et Lycées a fait bondir Marie-Hélène Léotin. Et cette dernière a répondu sur sa page Facebook  :

« surprenants propos de Sylvia Saïthsoothane le 11 mars 2021 sur un média de Martinique. Sylvia Saïthsoothane verse dans des concepts éculés vieux d’un siècle qui voudraient qu’un fonctionnaire d’Etat, dans une colonie, ne peut pas avoir ses propres opinions politiques et être indépendantiste. Triste message en cette année où nous célébrons le centenaire du Prix Goncourt attribué à René Maran!

Lorsqu’un professeur perçoit de l’Etat un salaire qui lui permet de vivre, lui et sa famille, quelle en est la raison? Est-ce qu’il s’agit d’un indigent qui tend la main et ne fait que vivre de l’argent de la France, ou est-ce pour service fait? Combien de générations de professeurs martiniquais ont formé de futurs ingénieurs, médecins, avocats, qui ont mis leurs compétences au service du développement de la France? L’investissement réalisé par l’Éducation nationale française, comme dans tout pays, n’a rien d’innocent. Il s’agit de former une jeunesse qui prendra la relève.

Ce travail de formation a une contrepartie qu’on appelle un salaire. Cela n’empêche pas à chaque enseignant d’avoir ses opinions politiques.

Les temps changent. Certains peuvent voir leur salut dans la France et son argent. D’autres ont le droit de penser qu’un minimum de souveraineté est indispensable pour porter des réponses efficaces et durables aux problèmes que nous rencontrons depuis des décennies.
Les propos de Sylvia Saïthsoothane nous ramènent aux heures les plus sombres où on disait à l’esclave qu’il ne fallait pas se révolter contre le maître car c’est lui qui nous donne à manger. Raccourci qui nous maintient dans un état de soumission, d’ignorance et d’obscurantisme. Cela est indigne d’une enseignante !
Marie-Hélène Léotin

Et les commentaires des internautes vont bon train, souvent dans le sens de Marie-Hélène Léotin :

« J’ai déjà maintes fois entendu cette forme de soumission et j’ai eu la même réflexion que vous. C’est le genre de remarque qu’on reçoit aussi dans la relation entre les békés et leurs employés. Elle insinue, à l’instar du temps de l’esclavage, que nous sommes la propriété des dominants ( Etat et les békés) . Elle semble avoir été intégrée et validée comme légitime dans notre espace mental »

« Ont voit que les élections arrivent… »

« cette dame qui doit être une adepte.des ordonnances de 1960!!! »

« Cette dame est dans la lignée de tout ceux qui ont appris aux petits Martiniquais que leurs ancêtres étaient Gaulois ».

« La droite martiniquaise ( comme celles de toutes les colonies) est atlantiste franco-française. Rien donc de surprenant à cette ode à la joie de Sylvia Saithsoothane à la France. Là, où elle commet une erreur c’est de voir le système politique (de surcroît colonial) français comme une manne financière. Il n’en est rien ! Si les professeurs du public (y compris de conviction indépendantiste) perçoivent des salaires d’Etat, ils sont en revanche assujettis à la fiscalité globale française. Les indépendantistes comme les autres sont solidaires malgré eux administration directe oblige, de l’énorme dette publique française. La Martinique peut sortir de cette administration directe de la France, ce qui lui permettrait de ne plus être solidaire de l’énorme dette publique française et de diversifier ses partenaires politiques et économiques dans la Caraibe et par le monde ».