Martinique : Une pétition lancée pour « la relaxe de Kéziah » et « la condamnation ferme de ses agresseurs »

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, Martinique
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Une pétition, destinée au Tribunal judiciaire de Fort de France, demande « la relaxe de Kézhia » et « la condamnation ferme de ses agresseurs », à quelques jours du procès du jeune militant, Kéziah Nuissier, qui se tiendra le lundi 9 novembre 2020 à Fort de France, pour violence sur personne dépositaire de l’autorité publique.

Lancée vendredi 6 novembre sur la plate-forme Change.org, la pétition avait obtenu, en 10 heures, 1.000 signatures. A l’heure où nous publions, 1447 personnes l’ont déjà signée, le prochain objectif étant 1.500 signatures.

« Nous demandons la relaxe de Kéziah ! Et la condamnation ferme de ses agresseurs supposés être des dépositaires de l’ordre public ! » lit-on dans le texte de cette pétition intitulée « Justice for Kézhia ».

Le texte rappelle que Kéziah Nuissier, jeune étudiant, joueur de tambour a été « tabassé et torturé par des représentants des forces de l’ordre, lors d’une manifestation anti-chlordécone, à la Martinique, le 16 juillet 2020 ».

« Nous voulons que toute la lumière soit faite sur cette affaire que les responsabilités de chacun soient reconnues et que, tout simplement, justice soit faite », écrivent ses auteurs.
« A cet effet, plusieurs actes juridiques ont été portés, notamment, auprès de l’Inspection Générale Judiciaire (IGJ) et de l’Ordre des médecins afin de dénoncer les irrégularités procédurales de cette affaire », poursuit le texte.

« Au-delà de la bavure policière, nous dénonçons l’orchestration institutionnelle d’une violente répression d’ordre colonial, destinée à faire taire les revendications des militants, non-seulement pour le combat anti-chlordécone, mais plus globalement, pour l’émancipation des peuples afro-descendants des îles françaises de la Caraïbe », ajoutent les auteurs du texte.

Une centaine de coups de matraque, des sévices, des injures racistes, etc..,

« C’est en voulant récupérer son tambour et protéger sa mère que le jeune homme de 22 ans, reçoit tout d’abord, une centaine de coups de matraque. Il est alors blessé à la tête et s’effondre. S’ensuivent des injures, de multiples sévices dont des pressions exercées sur la tête, le thorax, les parties intimes, des coups de pied au visage, un doigt enfoncé dans l’œil, etc. », ajoute le texte.

« L’objectif est clairement annoncé : « Meurs sale négro, tu n’iras plus jamais en manif !». Mais Kéziah ne meurt pas et une vidéo prise par un citoyen, du haut d’un immeuble, témoigne de la barbarie de la scène », poursuit le texte.

« Le calvaire continue. Kéziah présente un traumatisme crânien et de multiples contusions. Emmené aux urgences à l’hôpital, Kéziah se voit ramené, en pleine nuit (à 3h du matin), au poste de police de Fort-de-France avec une plaie ouverte à la tête : le sang coule… Aucun soin, ni examen n’a été fait. Le jeune étudiant dort à même le sol et passe alors 36 heures en garde à vue dans des souffrances atroces enchainant vomissements et malaises », précise le texte.
Selon les auteurs de la pétition, « une enquête menée par la police et la gendarmerie conclue alors à deux coups de pieds donnés par deux gendarmes et accuse Kéziah d’avoir agressé les forces de l’ordre ».

« Encore une fois, les rôles sont inversés et la victime devient l’agresseur, alors même que de nombreux éléments vidéos permettent d’affirmer le contraire.

« Nous vous invitons toutes et tous, à travers le monde, à soutenir massivement cette cause en signant notre pétition et en contribuant à la hauteur de vos moyens à notre cagnotte. Il en va de la préservation des institutions dites démocratiques, du respect de nos droits fondamentaux et par conséquent, du respect de l’Humanité ! » conclut le texte.