Mayotte : Peu d’infrastructure, enseignement pas adapté « La lutte pour la départementalisation n’est pas terminée ! »

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Hôtel Montmorin, Salle Félix Éboué, dans le septième arrondissement, vendredi 10 novembre, la communauté mahoraise tient une conférence sur la place de la femme à Mayotte. Initiée par la Présidente d’Udjama, la rencontre a permis aux différents invités de redécouvrir l’histoire de Mayotte depuis la colonisation de l’île jusqu’à la départementalisation.

L’occasion pour l’organisatrice, Cansel Bacar de rendre hommage à l’une des personnes les plus influentes de Mayotte, Zéna M’Déré, née en 1917 et morte en 1999, la mahoraise était chef de file du mouvement des chatouilleuses qui a œuvré à l’ancrage de Mayotte au sein de la République Française. Leader du mouvement des femmes de Mayotte, militante, elle était la principale figure du gang des chatouilleuses, un collectif de femmes qui se sont battues dans les années 1960-1970 pour que Mayotte ne soit pas affiliée aux Comores. Un mouvement de femmes qui a tout fait pour que Mayotte devienne un département français.

A cette période, dans le cadre de la loi d’autonomie interne, Mayotte connaissait une véritable colonisation par les Comores. Une situation insupportable pour les femmes de Mayotte.

L’écrivain et docteur en littérature mahorais Alain-Kamal Martial a rédigé un livre qui célèbre l’engagement d’une autre chatouilleuse « Zakia Madi » La Chatouilleuse. Alain-Kamal Martial lui a également consacré une pièce de théâtre.

Aujourd’hui, au Ministère des Outre-mer, la tâche incombait au conférencier Zaidou Bamana (qui a exercé 30 ans à Mayotte) d’expliquer le contexte politique dans lequel opérait les chatouilleuses et surtout de faire l’historique d’une région encore mal connue des antillais mais aussi des jeunes mahorais.

« Décrire l’histoire de Mayotte, permet de comprendre comment elle influe sur les comportements actuels et sur le combat qu’on doit mener actuellement, en tant que mahorais. Pour que l’Etat puisse enfin débloquer des fonds et participe au développement de notre île  » déclare à notre micro, une jeune mahoraise, parente d’un des conférenciers de ce vendredi 10 novembre.

L’occasion pour nous d’interroger la jeune étudiante et journaliste Ludivine Ali, qui assiste à la conférence de l’Udjama, sur la matricité à Mayotte. Selon Ludivine Ali, le groupe de réflexion GSM976 mahorais, partenaire du réseau UDJMA est un groupe de réflexion, formée de beaucoup d’intellectuels mahorais. Cansel Bacar est la présidente du réseau Udjama qui regroupe les jeunes actifs mahorais et aussi d’autres ultramarins, a comme premier objectif d’aider l’insertion chez les jeunes de Mayotte en France.

Ludivine Ali nous présente le réseau d’entraide « l’Union des jeunes actifs Mahorais » qui organise au Ministère des Outre-mer, la conférence sur la multilinéarité à Mayotte. Et Ludivine Ali, en licence d’économie (Banque-Finance) à Rennes, nous décrit l’association, qui selon elle est «un gros réseau qui principalement soutient les ultramarins qui vivent en métropole ». Un réseau qui regroupe plus de 6.500 sympathisants, qui grâce à ses publications atteint plus de 50 000 internautes sur les réseaux sociaux.

A l’Udjama, les réflexions ne sont pas essentiellement politiques : « Il n’y a pas de visée politique », précise Ludivine Ali « On est là pour essayer de poser les bases, les pré-requis, à un potentiel développement sur le futur. Et ce développement, étant donné que Mayotte manque d’infrastructure, il passera forcément par des investissements massifs. Effectivement on peut dire que c’est politique, mais c’est plus une volonté d’aller vers le développement. »

Pour Ludivine Ali (potentiellement actrice du développement de son île Mayotte), il est nécessaire de « célébrer la chatouilleuse Zéna M’Déré, la chef de file qui s’est battue pour Mayotte dès 1950 pour la départementalisation et qui aujourd’hui se régénère à travers toutes les personnes qui veulent évoluer vers un potentiel de développement et surtout pour ceux qui la liberté de Mayotte par apport au Comores ». Elle ajoute : « La lutte a commencé en 1958 et n’est toujours pas terminée ».

L’insertion des jeunes en France, le développement de l’île, les réflexions de Ludivine Ali sont multiples. Mais l’un des thèmes de discussion qui lui tient beaucoup à cœur, est l’enseignement qui occulte souvent l’histoire de Mayotte. Les jeunes qui ne connaissent pas l’histoire de leur île, lui est insupportable. Ecoutez Ludivine Ali au micro de Dorothée Audibert-Champenois :

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
Images C’news actus Dothy


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