Mémorial de l’abolition de l’esclavage : Nantes assume son passé

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A l’occasion de l’inauguration le dimanche 25 mars 2012 du Mémorial de l’abolition de l’esclavage, Nantes entend assumer son passé de première ville négrière de France, elle qui fut la dernière à armer des bateaux et refuser l’arrêt de la traite au XIXe siècle.

Conçu par l’artiste polonais Krzysztof Wodiczko et l’architecte Julian Bonder, à partir de « deux gestes fondamentaux, dévoilement et immersion, qui ensemble serviront à créer une expérience à strates multiples », le Mémorial est une œuvre artistique exceptionnelle qui marque la poursuite en France de l’inscription du rôle de l’esclavage colonial dans l’histoire.

Quelques 1.710 plaques rappellent ainsi le nom, la date et de déroulement des expéditions négrières armées par des Nantais. Les 290 autres évoquent, quant à elle, les comptoirs négriers, les ports de vente et les port d’escale. Pour symboliser la rupture de l’abolition de l’esclavage dans cette sinistre litanie, une monumentale plaque de verre a été comme jetée en travers du Mémorial. Le concepteur polonais de ce projet, a par ailleurs crée un passage souterrain long de 90 mètre en plein cœur de l’esplanade pour que les visiteurs éprouvent « l’enfermement que ressentaient les esclaves lors de leur transport maritime ».

La lutte contre l’esclavage colonial fut un mouvement social, culturel et politique. Profondément modernes dans leurs actions, les abolitionnistes créèrent une « république des lettres » dont sont témoins les textes en plusieurs langues qui constituent le parcours
du Mémorial.

Le combat contre l’esclavage relia d’un continent à l’autre, d’une colonie à l’autre, esclaves, Libres de couleur, philosophes, juristes, féministes, journalistes, hommes politiques, économistes. Leurs débats et leurs stratégies sont toujours une source d’enseignement contre un système qui utilisa toutes les ressources idéologiques et médiatiques dont il disposait pour se justifier.

Cet héritage d’une éthique de la solidarité est précieux. En effet, aujourd’hui, les Nations Unies donnent le chiffre de 27 millions de personnes en situation d’esclavage, et cela malgré les avancées dans le droit. Il est de notre devoir de poursuivre le combat pour une abolition des formes de servitude et d’esclavage.

Crédit photo : Frank Perry / AFP