Montréal : Humiliant ! un artiste quitte le Festival de Jazz et dénonce un « blackface show »

Vues : 619

Slav, la comédie musicale sur l’esclavage qui met en vedette des acteurs majoritairement blancs, est du « blackface show » aurait déclaré le comédien, Moses Sumney au quotidien Montreal Gazette, en juillet dernier. L’acteur a claqué les portes du Festival.

L’acteur californien qui a joué avec Solange Knowles et Erykah Badu a boycotté le Festival, annulé son spectacle et protesté contre ce qu’il nomme de l’appropriation culturelle.

Slav, basée sur des chansons d’esclaves, a été annulée par le Festival international de jazz de Montréal à la suite du mécontentement du public.

Au Festival International de Jazz, les critiques ont pointé du doigt, le casting en grande partie blanc. En plus du réalisateur blanc, le canadien Robert Lepage, le concert réunissait un chanteur blanc, six choristes dont seulement deux, sont noirs.

La française, Betty Bonifassi est encore étonnée que sa comédie musicale soit retirée du Festival International de Jazz de Montréal : « Je ne vois pas la couleur, pour moi, cela n’existe pas » aurait commenté la chanteuse montréalaise, née en France. Seulement les critiques sur la comédie musicales ont été si virulentes que les organisateurs du Festival ont pris la décision de l’annuler.

Pourtant, le spectacle se présentait comme « l’exploration de nombreuses époques de la musique noire, y compris des chansons d’esclaves, des chansons de travail, des chansons de chemin de fer, des chansons de campagne, des chansons de prisonniers, des lamentations et des berceuses ».

Betty Bonifassi qui a interprété des chansons d’esclaves afro-américaines dans le monde entier pendant des années, a confirmé sur Facebook, l’annulation du spectacle. L’actrice a déclaré qu’elle « parlerait de la musique qu’elle a conçue pour le spectacle dès que possible
». Le festival a déclaré qu’il avait pris cette décision avec l’accord de la chanteuse.

Robert Lepage et Betty Bonifassi avaient auparavant publié sur Facebook une déclaration commune reconnaissant la controverse que suscitait le spectacle, mais notant que « l’histoire était écrite autant par les oppresseurs que par les opprimés, les Blancs et les Noirs ».

Quant au comédien afro-américain, Mosey Semney, l’artiste qui vit à Los Angeles a publié une lettre ouverte aux organisateurs, comparant le spectacle à des « blackface minstrels shows» et affirmant que la majorité des acteurs et des équipes de production s’appropriaient des chansons esclavagistes.

Le minstrel show était un spectacle américain créé vers la fin des années 1820, où figurait des chants, des danses, de la musique, des intermèdes comiques, interprétés d’abord par des acteurs blancs qui se noircissaient le visage :  « blackface »

 

Dans sa lettre, Moses Sumney conclut : « Il n’y a aucun contexte dans lequel les Blancs exécutant des chansons d’esclaves noirs vont bien… Surtout quand ils sont dirigés par un réalisateur blanc et dans un théâtre qui charge beaucoup d’argent. Ce genre d’imitation noire rappelle beaucoup les minstrels blackface. La seule chose qui manque, c’est la peinture noire. »

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
Images  Mosey Semney/Twitter/Graphic.com/Prospect/Blocnotemusic