Mylène, guadeloupéenne, femme musulmane, voilée et libre

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Mylène est de Guadeloupe, elle est femme musulmane et voilée. A la 33ème Foire musulmane, cette jolie chabine, joviale s’est laissée approcher avec une certaine facilité. Et cette complicité antillaise m’a permis de lui poser quelques questions personnelles et indiscrètes. Tout d’abord, elle m’explique pourquoi elle est participe à ce grand événement annuel cher aux musulmans. L’occasion pour nous de l’interpeller sur son choix religieux et de savoir comment, femme antillaise et catholique, elle est aujourd’hui une femme musulmane croyante et pratiquante. (Vous l’entendrez en fin d’article).

Souriante et accompagnée de deux amies, elle longe les allées de ce Pavillon 3 où tous les commerçants s’activent, c’est la soirée de clôture. Prières et chants côtoient les étals de marchandises dans ce grand hall d’exposition du Bourget. Pas questions d’avoir des clichés où figurent les clients, il faut être prudent. Nous éviterons de publier les photos qui dévoilent les femmes et hommes qui ont fait de cette journée de Foire, une rencontre fraternelle.

Son sourire ne l’a pas quittée depuis notre premier regard (en fait je le devine). Mylène est ici ce dimanche pour compléter sa bibliothèque, se mêler à ses frères et sœurs de même confession religieuse, et se fondre à cette grande communauté, comme elle le dit.

Catholique puis musulmane, une continuité dans sa foi. Cette catholique de naissance, s’est convertie à l’Islam il y a dix huit ans. Elle me dit avoir bien réfléchi. Profondément croyante, cette mère de famille, a fait un long chemin dans sa « quête religieuse » et c’est dans l’Islam qu’elle a obtenu la réponse à différentes questions. Pour cette épouse, éduquée dans la foi et la croyance, l’Islam n’est qu’une continuité, un prolongement à sa vie de prières et de partage.
Mylène, heureuse dans cette « Grande maison », me dit comment la pratique du Coran a changé son mode de vie.

Le mot qui revient très souvent dans la conversation, est la communion, elle insiste, elle veut bien faire comprendre qu’elle est en phase avec sa nouvelle religion l’Islam où les vérités sont dites ou les préceptes seraient plus claires à comprendre. Et elle, me donne pour exemple ce qui serait de l’ambiguïté quant aux  certitudes des croyants catholiques. L’exemple est celui de croire ou pas au fils de Dieu, Jésus Christ. Cela a été pour Mylène un déclic. Selon la Bible catholique, le nouveau testament annonce la naissance du fils de Dieu, or cette même Bible dit que Dieu ne peut engendrer car il est trop Grand. C’est là, une parmi les nombreuses contradictions qui lui saute aux yeux et qui font basculer certaines convictions de Mylène à propos de l’Église Catholique. Comme tous les musulmans, cette jeune femme convertie à l’Islam, considère Jésus Christ comme un prophète parmi les autres.
Depuis, toute est question de vérité et sa croyance dans les révélations du Coran et sa Foi en Allah est inébranlable.

En somme, pour la guadeloupéenne, la Foi catholique est imprégnée de non-dits et pose trop de questions, les choses ne sont pas dites clairement. Sans faire d’apologie, Mylène nous dit clairement qu’elle a eue toutes les réponses aux questions qui lui trottaient dans la tête, grâce à la lecture du Coran. Il n’est pas questions de renier la Foi dans laquelle elle a été « baignée » toute petite, mais sans aller jusqu’à parler de mensonges, elle insiste sur la lumière et la vérité des paroles coraniques.

Mylène est née sur son île de Guadeloupe. Elle se décide à continuer ses études et s’installe en France. Il y a une vingtaine d’année déjà, elle fait des rencontres, se frotte à de « communautés, à de gens différents, d’autres ethnies ». Elle fréquente des africains, des arabes, des tahitiens, ceux qu’elle ne rencontraient dans son petit monde insulaire guadeloupéen.
Il y a dix huit ans, elle change radicalement, elle se convertit et devient musulmane. Son mari, lui également est guadeloupéen comme elle. Mais pour l’époux de Mylène, sa conversion est plus lointaine et peut-être, une des raisons de l’ancrage de Mylène dans l’Islam.
Sa religion est son mode de vie, c’est une fusion de sa vie sociale de tous les jours et des commandements coraniques.

Même si Mylène est épanouie et posée, elle refuse de dévoiler son visage par pudeur, me dit-elle. Pour préserver aussi sa famille en Guadeloupe. Elle ne se cache pas, le voile n’est pas un moyen de se dérober du regard des autres. Pour la jeune femme, c’est d’ailleurs, une tradition biblique qu’on retrouve dans toutes les religions. Qu’il s’agisse des Juifs, des Chrétiens ou d’autres croyances religieuses, il y a souvent une retenue dans le mode vestimentaire, en se voilant partiellement ou totalement soit le corps, la tête ou le visage.

Il n’y a aucune obligation à le faire, cela est un choix laissé aux femmes, rappelle notre jeune interviewée. Certaines portent le voile si elles le désirent.
Pour conclure, Mylène le dit sans embages : « Je suis une femme musulmane, mais libre. Libre dans sa tête, libre dans ses choix, je suis Libre ». ((Reportage Dorothée Audibert-Champenois)

Ecoutez Mylène convertit à l’Islam , elle répond au fait qu’elle porte le foulard et nous confirme ce qu’elle vit en étant de confession musulmane (Au micro de Dorothée Audibert-Champenois » :

Photo : Mylène


3 commentaires :

  1. Lutin

    Je me demande comment une antillaise peut se concertir volontairement a une religion qui autorise l’esclavage…
    Pour rappel la traite arabo musulmane ca rigolait pas

  2. FOUMIROUGE

    « Mais pour l’époux de Mylène, sa conversion est plus lointaine et peut-être, une des raisons de l’ancrage de Mylène dans l’Islam. »
    Et voilà encore une fois une femme qui suit son mari …… religion ou pas, c’est toujours la femme qui suit…Marre, marre marre…

  3. FOUMIROUGE

    Ceci étant dit, toutes mes félicitations pour ce bel article.
    Continuez à nous présenter des articles aussi interressants sur nos différences.
    Un grand wouloooo !!!!

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