Nantes : Qui était Aboubakar Fofana ? Abattu par le policier placé en garde à vue

Vues : 3052

Jeudi 5 juillet 2018, deux jours après la mort du jeune Aboubakar Fofana (surnommé le Loup), le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès, a fait savoir par communiqué que le policier, à l’origine du décès du jeune homme, a été placé en garde à vue.

Pierre Sennès a précisé les raisons de cette garde à vue, à savoir : « Du chef de violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Des informations confirmées par le magazine en ligne, le Parisien.

Mardi soir, dans le quartier de Breil à Nantes (Loire-Atlantique), Aboubakar Fofana était arrêté pour un simple contrôle de police qui a tourné au drame. Depuis, de nombreuses manifestations ont eu lieu à Nantes et en Île-de-France, d’où est originaire le jeune homme.

Durant ce contrôle routier, Aboubakar Fofana, originaire de Garges-les-Gonesse (Val-d’Oise) et connu de la justice pour 8 antécédents judiciaires dont vol par effraction, menace de mort, vol en bande organisée et association de malfaiteurs, refuse de présenter ses papiers aux officiers de police. Aboubakar Fofana faisait l’objet d’une fiche de recherche en date du 15 juin 2017.

Selon les policiers sur place, ce mardi vers 20 heures, c’est au moment où le jeune conducteur opérait une marche arrière, qu’un des leurs, aurait tiré à bout portant en direction d’Aboubakar Fofana, blessant le jeune homme très grièvement.

Deux heures plus tard, à 22h30, Aboubakar Fofana mourrait à l’hôpital. Le SRPJ de Nantes et l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) ont été saisis et un appel à témoins a été lancé par les enquêteurs.

Seulement, les versions divergent et de nombreux témoins, (qui ont assistés à la scène depuis leur domicile), attestent qu’il n’y avait pas matière, à invoquer la légitime défense, car personne ne se trouvait derrière le véhicule. Des témoignages et des vidéos qui contredisent, ceux notés dans le rapport d’intervention des forces de l’ordre.

Le procureur de Nantes, Pierre Sennès a rappelé que la victime Aboubakar Fofana était sous le coup d’un mandat d’arrêt pour « vol en bande organisée, recel et association de malfaiteurs ». Le jeune homme avait tenté de s’enfuir en effectuant une marche arrière, a souligné mercredi soir 4 juillet, le procureur de la République de Nantes.

Dans la nuit de mercredi à jeudi à Nantes, dix-neuf personnes ont été interpellées dont quatre mineurs. Mercredi, les autorités ont appelé au calme et condamné les violences. Ce jeudi, onze personnes ont été placées en garde à vue, a indiqué le Premier ministre Édouard Philippe.

Le policier dont la photo circule sur les réseaux sociaux a été placé en garde à vue par l’inspection générale de la police nationale (IGPN).

« Ce n’est qu’à l’issue de cette mesure de garde à vue que le procureur de la République de Nantes sera en mesure de faire connaître sa décision sur les suites à réserver à cette affaire », a ajouté le procureur de Nantes.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
ImagesLeParisien/capture d’écran/Facebook