Non à la montée du racisme dans notre Caraïbe !

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Une situation incroyable et inadmissible a été actée en République dominicaine par les autorités constitutionnelles. Le 23 septembre, il a été décidé que les personnes dont les parents sont d’origine étrangère n’auront pas la nationalité dominicaine si elles sont nées après 1929.

Cette mesure vise de fait essentiellement les centaines de milliers de dominicains et dominicaines d’origine haïtienne (plus de 300 000) qui vivent depuis 3 à 4 générations dans un pays qui est le leur. On n’avait encore jamais vu des autorités de pays dits démocratiques décréter une telle entorse au « droit du sol » (Jus soli) en remontant avec un tel cynisme la rétroactivité d’une législation.

En République dominicaine, cette mesure est la resucée du massacre de 30 000 haïtiens et haïtiennes en  1937, c’est la tragique question des « batayes », c’est la défaite de Francisco Pena Gomez aux présidentielles de 2000, parce que noir et d’ascendance haïtienne. C’est en fait toute une histoire entachée   des mauvaises  relations entre la révolution haïtienne et l’occupation de Saint Domingue par le nouvel état indépendant de 1804. Des heurts qui ont fait monter les rivalités chauvines et sur lesquels les politiciens nationalistes des deux pays  ont su se donner à cœur joie.

Que cette nouvelle et récurrente remontée du racisme anti haïtien, soit significative de l’exacerbation de la crise, elle témoigne aussi et gravement de l’ampleur des idées racistes et du poids des idées de l’extrême droite partout dans le monde, chez nous et à notre porte dans la Caraïbe.

Qu’il s’agisse des U.S.A, où  la droite dure s’oppose à Obama en utilisant le racisme, qu’il s’agisse de la France où Taubira est traitée de « guenon » par des enfants, de « singe » par une candidate aux élections et de « Ya bon banania ! » par un curé, qu’il s’agisse de la Norvège où l’extrême droite entre dans un gouvernement de la droite bien pensante, qu’il s’agisse de Marine Le Pen créditée de bons sondages et de plus en plus ovationnée par des élus de droite importants, tout ceci montre qu’il ne faut pas rester passif.

La conscience citoyenne se doit de se révolter contre  cette montée de l’inhumanité indigne !

Nous, Caribéens et Caribéennes, devons faire savoir notre indignation. Que toutes les organisations démocratiques prennent position et soutiennent notre manifestation.

Que toutes les collectivités (Conseils régional, général, les communautés de communes, les 34 communes), les parlementaires rédigent des motions de protestation. Cette affaire concerne toutes les Martiniquaises, tous les Martiniquais.

NOU TOUT SE AYISYEN !    NOU TOUT SE DOMINIKIN !   NOU TOUT SE KARIBEYIN ! MEETING DE PROTESTATION !

 L’UFM s’associe à de nombreuses associations et organisations progressistes et vous appelle à participer à cette initiative le Mercredi 13 novembre à 18 h-salle de la Mutualité avec L’artiste Ymelda, Max Bellemarre, l’historien martiniquais Gilbert Pago

Deux invités : Sabine Manigat : universitaire haïtienne, Dr   Juan Mizo Yan , dominicain d’ascendance haïtienne

Communiqué : Union des Femmes de la Martinique

Photo : lemonde.fr