« Non le corps des femmes n’est pas une marchandise qu’on achète »

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Nous avons tous remarqué cette affiche publicitaire de Sébastiano sur les routes et nous sommes nombreux a nous interroger sur la signification du message véhiculé par l’annonceur. L’Union des femmes de la Martinique réagit sur la question:

« Publicités sexistes : oui ils le font exprès !
Et nous, que faisons-nous ?

Une nouvelle publicité vient s’ajouter au palmarès des pubs sexistes de Martinique.
On peut penser qu’elle disputera la première place à d’autres, tant elle est navrante de sexisme primaire, de bêtise et d’absurdité. Une marque de vêtements en grande majorité portée par des jeunes. 2 jeunes hommes habillés et porteurs de tricots à vendre. Une jeune femme en maillot (la marque ne vend pas de maillot de bain) dans une posture d’écartement des jambes, portée par les 2 jeunes qui lui tiennent chacun une jambe.

Alors nous posons la question à la boutique : Pourquoi est-ce une femme, de surcroit dénudée, avec une telle posture -grand écart ou…écartelée que vous avez-vous retenu pour votre campagne publicitaire !? Quel est son rôle ? Que vend-elle au public ?

Il n’y a qu’à voir certains commentaires déjà apparus sur internet. Ironiques, ils montrent bien la portée et l’impact d’une telle image : « elle est en solde ? » « portes grandes ouvertes » « gran ouvè mem » « Mé non c’est un jeu !! il faut trouver le prix de la femme sur la photo !!! moi je dis 13,90 € . je vous rappelle que la première bonne réponse remporte la femme !! » « mais c’est une pub, ça ??? »

Une autre publicité parue il y a quelques semaines et déjà dénoncée par l’UFM a réapparu sur les affiches : un magasin de meubles, propose une table de salon sur laquelle est posée, en guise de pot à fleurs certainement, ou d’objet décoratif ( !!), une femme alanguie et offerte. La présence de la femme n’a évidemment rien à voir avec l’objet vendu, ou les objets en vente dans ce magasin. A moins … qu’elle ne soit en promotion si on achète la table ?

A l’heure où se déroule chez nous l’Université de l’égalité, comment réagissons-nous ? Dans les interventions, un accent particulier a été mis sur le sexisme et son emprise, ses conséquences chez les jeunes notamment : dénigrement des femmes, inégalités, image stéréotypée d’un objet pour les garçons, de la seule fonction de séduction pour les filles, dévalorisation du corps des femmes, manque d’estime d’elles-mêmes, hypersexualisation de la société, tout cela nourrissant les comportements violents envers les jeunes filles et les femmes.

Est-ce cela dont notre société martiniquaise, dont chacun-e dénonce l’augmentation de la violence, a besoin ?

NON ! Nous avons besoin de dignité, de respect, d’estime et de valorisation de nous-mêmes et en particulier des femmes ! Nous avons besoin d’encourager cette jeunesse et non de la rabaisser pour des raisons uniquement mercantiles et de profit à ses instincts les plus primaires.

Nous avons besoin qu’on fasse appel à notre intelligence, à notre réflexion, à notre sensibilité pour attirer notre attention.

Ceux et celles qui pensent, autorisent, cautionnent, ce genre de publicité portent leur part de responsabilité dans les faits de violences, qui peuvent arriver au meurtre, dont souffrent les femmes tous les jours chez nous. 553 nouvelles femmes venues à l’Espace d’Ecoute d’Information et d’accompagnement de l’UFM, sans compter toutes celles qui se taisent, n’osent pas encore parler et vivent en silence leur calvaire.

Ils le font exprès pour qu’on parle d’eux ? Aujourd’hui l’UFM rappelle à chacune et chacun que nous avons un pouvoir de consommatrices-consommateurs pour faire que les publicitaires et autres commerçants changent de registre pour des messages plus respectueux des femmes. Nous avons le pouvoir de refuser de leur donner notre argent.

Nous engageons aussi les mannequins femmes, mais aussi hommes à ne pas accepter de poser pour ce genre de publicité, les photographes à refuser de les faire !

Réagissons fortement pour dénoncer ces pubs sexistes sur les médias, sur internet, auprès des commerçants.

Répétons-le sans cesse : Non le corps des femmes n’est pas une marchandise qu’on achète, et qu’on peut jeter après usage !
Nous voulons le respect !
Union des Femmes de Martinique »