Océane Alger : Le suicide d’une brillante élève victime de deux escrocs, un nouveau procès attendu à Paris

Rédigé par : Dothy, le
Publié dans : Martinique
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Océane Alger a été victime d’une arnaque classique de chèques volés mais pour la jeune adolescente, les conséquences ont été tragiques.

Deux ans après le suicide de la jeune lycéenne Océane, 17 ans, ses sœurs Vanessa Alger, Laurence et tout le reste de la famille se retrouveront ce lundi 16 mars à l’ouverture d’une audience en civil. Le procès se tiendra dans une chambre spécialisée du Tribunal de Paris. Depuis 2018, les causes de la disparition de la jeune fille originaire de la Martinique suscite débat et colère auprès de sa famille. Une tribu dévastée quand elle apprend que quelques dizaines de minutes après la mort d’Océane, une vidéo macabre circulait sur le réseau social Snapchat.

Dans une longue lettre de quatre pages, Océane Alger expliquait comment Rayan K., 20 ans, son nouveau petit ami et un autre individu, avaient abusé de sa confiance en la faisant complice d’une escroquerie. Son ex-petit ami a été jugé et reconnu coupable pour fraude aux chèques volés. L’adolescente a été victime de deux escrocs ce qui l’a poussée à mettre fin à ses jours le 8 mars 2018 à la Gare d’Evry. Jugé en octobre 2019, le prévenu absent a été condamné à un an de prison avec sursis. A l’époque, une trentaine de proches et d’amis étaient venir soutenir la famille de la jeune fille au Tribunal correctionnel d’Evry. Une mobilisation rare, rapporte Le Parisien à l’époque. Sa sœur décrivait à la barre une jeune fille « toujours souriante, elle aidait les gens. C’est ce qui l’a perdue. Elle est tombée sur une mauvaise personne. Elle a demandé conseils auprès de sa banque, elle ne les a pas eus. Elle s’est suicidée pour nous protéger, car elle pensait avoir fait une bêtise »

Le 8 mars 2018, Océane s’est allongée sur les rails en gare d’Evry dans l’Essone pour mourir. Elle sera victime d’une arnaque classique, dira le directeur de l’agence bancaire qui l’a reçue la veille de sa mort. Rayan K. 18 ans à l’époque, est le petit ami d’Océane. Elle ne l’a rencontré que quelques mois avant les faits et la famille de la lycéenne n’était pas au courant de ce flirt. Océane, adolescente mâture accepte d’encaisser sur son compte deux chèques du garçon en qui elle a confiance. Il lui explique qu’il n’a pas de compte à la Banque, et la rassure en cas de coup dur, il serait là. Océane lucide, s’informe auprès de son agence financière qui ne la met pas en garde contre ce genre d’arnaque, assez fréquents.

Rayan K. est persuasif, il s’agissait de ses salaires en tant que chauffeur VTC. Le fraudeur s’est ensuite servi de la carte bancaire d’Océane pour retirer l’argent en liquide. Les deux chèques ayant été volés, le compte de l’adolescente a viré au rouge, accusant un découvert de 2800 euros. Océane, demande de l’aide auprès de sa banque, le conseiller lui suggère d’en parler à ses parents : « Elle n’avait pas l’air anxieuse ni paniquée » précisera le banquier au cours du procès à Evry.

Le jeudi 8 mars 2018, Océane Alger est rongée par la honte et le remord, la brillante élève au Lycée de Bondoufle se suicide, elle avait 17 ans.

Dans sa lettre qui détaille son geste, Océane dit : « J’ai gardé mes problèmes pour moi, pour vous protéger » et plus loin : « j’ai été bête d’accepter ». Par la voix de nombreux internautes, toute la Martinique a tenu à lui rendre hommage. Des messes ont été célébrées en mémoire d’Océane à l’église de Jossaud et à la Paroisse du Lamentin. La jeune martiniquaise a été incinérée au crématorium de Clamart le lundi 19 mars 2018.

Un autre combat occupe également les parents de l’adolescente. Ils demandent à l’éducation nationale que leur petite Océane obtienne son diplôme à titre posthume. Une lettre a été adressé au ministère de l’éducation depuis le mois de mai 2018. Une demande pour l’heure ils ont essuyé deux refus de l’Education Nationale.

Ce lundi 16 mars 2020, au Tribunal de Paris, c’est l’auteur des images macabres capturées à la Gare d’Evry, qui continuent a soulever l’indignation , qui sera jugé au civil cette fois. Un jeune de 20 ans en est l’origine, il a déjà écopé d’un simple rappel à la loi. Mais la sœur aînée d’Océane veut aller plus loin « Nous voulons interpeller sur les dérives des réseaux sociaux où tout et n’importe quoi est publié ». Poursuivi aujourd’hui au civil, l’auteur de ces images violentes et macabres encoure d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
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