Olivier Serva interpelle le 1er ministre qui lui rappelle que les décisions prises pour les Outre-mer sont les mêmes que celles de l’Hexagone

Olivier Serva, député de la République en Marche et Président de la délégation Outre-mer à l’Assemblée Nationale est intervenu lors d’une réunion spéciale en visio-conférence dans une salle du Palais Bourbon. Le député guadeloupéen a fait part au premier ministre Edouard Philippe de son inquiétude pour les territoires ultramarins, qui, confrontés aux difficultés spécifiques, telles que la double insularité, pourraient être un frein dans « la bonne gestion de l’épidémie » du coronavirus. C’est le cas de Marie Galante, les Saintes et la Désirade ou à Tahiti avec 118 îles réparties avec une surface grande comme l’Europe, à préciser le député de la Guadeloupe. En vidéo, depuis les Antilles, Olivier Serva a interpellé le Gouvernement sur le manque d’équipements sanitaire :

« Nous manquons encore d’équipements, masques, respirateurs, lits de réanimations, gels Hydro-alcooliques, des test aussi. Nous accusons encore plus de retard d’acheminement de ces matériels destinés aux infirmiers libéraux, aux médecins aux ambulanciers, aux agents pénitenciers, aux médecins, aux ambulanciers, au personnel funéraire, aux taxis, aux chauffeurs de bus et plus généralement au personnel réquisitionné pour assurer le service public. Cela constitue une source d’anxiété supplémentaire pour eux, alors qu’ils sont au front contre la maladie. Notre système de santé déjà fragilisé ajoute à la mission difficile de nos professionnels de santé. Le CHU de la Guadeloupe ou encore le Centre Hospitalier de Mayotte, ne sont pas les instruments d’une politique optimale dans une période de pandémie mortelle telle que celle que nous traversons aujourd’hui. » a déclaré Olivier Serva.

Le député de la République a évoqué une situation économique préoccupante qui existait déjà et qui s’ajoute à la crise sanitaire contre le nouveau Coronavirus (SARS-CoV-2), COVID-19. A ce titre, le président de la délégation Outre-mer à l’Assemblée Nationale, a préconisé différentes propositions pour surmonter cette nouvelle situation économique dans les territoires d’Outre-mer :

« Il serait utile que l’Agence de Service et de Paiement, en tout cas en Outre-mer, pré-finance le chômage partiel car nombre d’entreprises n’ont pas la trésorerie nécessaire au paiement des salaires. » a indiqué Olivier Serva. Le député a par ailleurs demandé que « le fond de garantie bancaire puisse pouvoir aider les entreprises actuellement en sauvegarde ou en redressement judiciaire » vue le contexte actuel.

Olivier Serva a souhaité comprendre comment, concrètement, le Gouvernement d’Edouard Philippe fera face « aux conséquences économiques et sociales qui seront ressenties avec plus de force en Outre-mer durant cette crise sanitaire »:

« Du fait de ces spécificités des outre-mer, quelles mesures adaptées, innovantes, seront mises en oeuvre pour juguler cette épidémie à travers le dépistage plus important de nos populations et surtout ceux qui sont les premiers exposés ». Aider la production de masse locale de gel hydro-alcoolique pourrait être envisagée : « Car des solutions existent aussi en Outre-mer. Favoriser la coopération régionale afin de répondre à l’ensemble des besoins spécifiques liés à l’épidémie et enfin organiser les désinfections du mobilier urbain dans la perspective du dé-confinement », sont des pistes à ne pas négliger, estime Olivier Serva.

Le Premier ministre, Edouard Philippe, en conférence exceptionnelle, hors de l’hémicycle a expliqué tout d’abord, en quoi « la situation sanitaire telle qu’elle est aujourd’hui, est plus fragile dans les territoires ultramarins ». « Elle est ancienne, elle tient à l’insularité et à l’éloignement, elle tient ,mais c’est particulièrement vrai dans votre territoire où le vieillissement accéléré de la population concentre des fragilités du fait du vieillissement de la population qui sont plus grandes qu’ailleurs. » a déclaré Edouard Philippe qui a poursuivi sur sa décision de confiner les régions ultramarines  en même temps que l’Hexagone.

« C’est exactement pour cela que nous avons pris et appliqué dans les Outre-mer les mêmes décisions que celles qui étaient décidées au niveau métropolitains alors même que la vitesse de circulation du virus dans ces territoires ultramarins n’était pas aussi grande. Nous avons décidé du grand confinement par ce qu’il nous semblait que là-bas, plus que peut être encore qu’ailleurs, il fallait freiner très fort dès le début. »

De même que dans les autres régions de l’Hexagone des couvre-feux ont été évoqués en cas d’urgence « Nous avons demandé au Préfet de renforcer les mesures sur le fondement des mêmes dispositions que celles qui prévalent en Métropole. C’es-à-dire la possibilité de recouvrir à des couvre-feux, là où c’était nécessaire compte tenu des risques sanitaires qui existaient. »

Le Premier ministre a rappelé les renforcements sanitaires demandés auprès des autorités dans le cadre du Plan blanc avec la déprogrammations des opérations permettant :  » L’augmentation du nombre de lits de réanimation avec les renforts humains de la réserve sanitaire. Et pour certains territoires, la facilité plus grande à recourir à des médecins qui ont des diplômes hors Union Européenne ». Dans les Antilles cette autorisation a permis le recours à des médecins cubains, un décret publié au Journal Officiel : « Pour L’envoi de matériel d’équipements de protection individuelle et de tests, nous avons veillé dans la gestion des stocks, à ce que les Outre-mer soient bien servis. 10 automates de tests de virologie seront installés, un aux Antilles et l’autre à la Réunion, de façon à pouvoir accroître la capacité locale de procéder à des tests. » a assuré le Premier ministre.

Edouard Philippe a revu les dispositions annoncées la semaine dernière par le Chef de l’Etat dans le cadre de l’opération Résilience : » Nous avons décidé d’affecter des moyens militaires qui ne sont pas des bateaux-hôpitaux, mais qui permettront d’accompagner médicalement, de faciliter les transferts des malades et qui renforceront l’offre sanitaire général aux Outre-mer. »

Le soutien économique spécifique et souhaité par le député de LREM, Olivier Serva a été entendu par le chef du Gouvernement qui annonce la création de cellules d’urgence économique pilotées par les secrétaires généraux avec les sociaux professionnels, les banques et les acteurs institutionnels, une demande qui sera organisée par le Préfet de chaque région ultramarine. Le but étant de surveiller l’augmentation des prix et l’inflation en période de pandémie.Quant aux pré-paiements des salaires par l’Agence de Service et de Paiement, Edouard Philippe renvoie à plus tard sur  « les adaptations qu’il conviendrait d’apporter compte tenu des spécificités des Territoires d’Outre-mer ».

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
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