Olivier Véran recadre le Professeur Raoult et juge irresponsables ses propos minimisant la contagiosité et la mortalité du Covid-19

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, France
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Olivier Véran recadre le Professeur Raoult et juge irresponsables ses propos minimisant la contagiosité et la mortalité du Covid-19.

« Ce n’est pas très responsable et je lui dirai » , a déclaré le ministre de la Santé dans une interview publiée samedi 2 mai dans le journal Le Parisien.

Olivier Véran réagissait à des propos tenus par le controversé et médiatique Professeur Didier Raoult lors d’une interview à BFM où l’infectiologue indiquait que le coronavirus est une maladie dont « la contagiosité n’est pas extrême et dont la mortalité, pour l’instant, n’est pas extraordinaire». Pour rappel, l’épidémie a tué 24.760 personnes en France depuis le 1er mars, et 3.827 patients graves étaient toujours en réanimation samedi.

« Je ne lui enlève aucune de ses qualités » a souligné Olivier Véran, qui n’a pas caché son agacement à l’encontre de l’éminent infectiologue, mondialement reconnu.

«Le Professeur Raoult est inventif, ingénieux, touche-à-tout . C’est un grand virologue. Mais en termes de prévisions, je préfère me référer à des experts qui ne disent pas qu’il y aura moins de morts du coronavirus que par accidents de trottinette ! Ou qui ne disent pas qu’il n’y aura pas de seconde vague après avoir dit qu’il n’y aurait pas de première vague», a-t-il lancé.
Le ministre de la Santé en a profité pour mettre une nouvelle fois en garde les Français quant au respect du confinement.

« Si le confinement est bien respecté jusqu’au bout, le couvercle aura été mis sur la casserole de l’épidémie, et nous pourrons déconfiner progressivement dans les meilleures conditions. Dans le cas contraire, et si le nombre de nouveaux malades devait être trop élevé, la date de levée du confinement pourrait être remise en question et sera appréciée selon les départements », a-t-il prévenu.

Dans le cadre de la lutte contre la pandémie, le ministère de la Santé a présenté samedi 2 mai, une troisième version de la carte du déconfinement, classant les départements en fonction de leur situation sanitaire.

Le dispositif actuel consiste en deux cartes fusionnées dans une troisième carte de synthèse. La première carte correspond à la dynamique de l’épidémie et classe les départements selon la part de suspicions de coronavirus dans le total des visites quotidiennes aux urgences.
La seconde donne un aperçu des tensions dans les services de réanimation en calculant le ratio de patients en réanimation sur le nombre de lits disponibles.

Chaque carte classe les départements en rouge, orange et vert, selon que le département est dans une phase critique de l’épidémie, sous tension, ou dans une situation plus favorable.
Des erreurs avaient été constatées dans neuf départements au départ : l’Aisne, le Calvados, le Cher, la Dordogne, le Lot, la Nièvre, l’Oise, le Tarn et la Haute Corse. Les dernières cartes ont été corrigées.

Les mesures prises dans les départements rouges ne sont pas encore pleinement connues. « Il n’y a pas d’interdiction de franchissement de barrières administratives », entre des régions classées rouges et des régions classées vertes, a indiqué le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner samedi 2 mai.

« Ce dispositif se construit sur la confiance et la responsabilité, il n’est pas arrêté dans ses modalités, nous le préciserons dans la semaine qui vient », a-t-il dit.
Jérôme Salomon a pour sa part souligné que la France sera bientôt « bicolore », avec le dernier critère sur les tests.

Le dispositif devrait être dévoilé la semaine prochaine.
« Tous les laboratoires sont en train de se mobiliser, tous les départements sont en train de renforcer leurs capacités. Notre objectif est d’avoir les données de capacité, non seulement de tests mais aussi de traçage des cas contacts, afin de démontrer aux autorités politiques notre capacité d’assurer la sécurité des Français à partir du 11 mai », a précisé le Directeur général de la Santé.

Les élus, en particulier les maires sont très inquiets à l’idée de rouvrir les écoles à partir du 11 mai, jour de la sortie progressive du confinement.
Ils sont de plus en nombreux à dire qu’il ne rouvriront pas les écoles maternelles et primaires le 11 mai.

En Martinique 32 communes sur 34 ont déjà annoncé qu’elles ne rouvriraient pas leurs écoles maternelles et primaires, préférant une rentrée en septembre.