On dit « la » Covid-19 et non « le » Covid-19, selon l’Académie française

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, France
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En pleine pandémie de Covid-19, l’Académie française a tranché ! On dit « la » Covid-19 et non « le » Covid-19. N’en déplaisent à toutes celles et ceux qui utilisent le genre masculin pour ce virus qui continue de tuer dans le monde. Le genre est féminin.

Sur son site Internet « Dire ne pas dire », la pointilleuse gardienne du bon usage de la langue française recommande de rompre avec l’usage majoritaire masculin apparu avec l’épidémie en France.

Certains internautes comme Laïla juge «absurde de sortir ça maintenant. En France tout le monde dit « le » Covid ».

Mais l’Académie ne badine pas avec la langue française. Depuis le début de la pandémie certaines expressions transposées de la langue anglaise commencent à sérieusement l’agacer comme « distanciation sociale » ou « gestes barrières ».

Concernant la Covid-19, les Académiciens rappellent une règle simple de grammaire : pour un acronyme c’est le genre du mot principal qui compte. Mais voilà, Covid est un acronyme d’origine étrangère. Covid est l’abréviation du terme anglais « Corona virus disease » qui se traduit par « maladie du coronavirus ».

« Maladie » étant un mot féminin, la règle en français aurait dû être d’employer le féminin quand on utilise le terme Covid, soulignent les Académiciens.

Pour faire simple, on dit bien « la » SNCF car il s’agit de l’acronyme de la « Société nationale des chemins de fer » et l’article s’accorde avec le genre du mot « société ».

Idem pour « le » C.I.O. (Comité international olympique), parce que le noyau, comité, est un nom masculin. « On devrait donc dire la covid 19, puisque le noyau est un équivalent du nom français féminin maladie. »

Pourquoi alors l’emploi si fréquent du masculin « le »covid 19 ? s’interrogent les Académiciens.
« C’est parce que, avant que cet acronyme ne se répande, on a surtout parlé du coronavirus, groupe qui doit son genre (…) au nom masculin virus. Ensuite, on a donné à la maladie le genre de l’agent pathogène qui la provoque », répond-elle.

L’Académie n’apprécie pas non plus l’expression « assez peu heureuse », selon elle, de «distanciation sociale », une transcription de l’anglais « social distancing ». « Distanciation » désigne dans son sens premier « le refus de se mêler à d’autres classes sociales ».
« On suppose pourtant que ce n’est pas le sens que l’on veut donner aujourd’hui à ce nom », ironise l’Académie.

« Peut-être aurait-on pu parler de « respect des distances de sécurité », de « distance physique » ou encore de « mise en place de distances de sécurité » », suggère l’Académie.

S’agissant de geste barrière, on peut considérer que ces gestes forment une barrière et préférer le singulier, mais dans la mesure où l’on peut aussi dire que ces gestes sont des barrières, l’accord au pluriel semble le meilleur choix, et le plus simple. « On écrira donc des gestes barrières », précise l’Académie.