Outre-mer – Des compagnies aériennes craignent la faillite, si Orly ne rouvre pas d’ici le 26 juin

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, Martinique
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Plusieurs compagnies aériennes, desservant les Outre-mer, ont à nouveau alerté cette semaine les élus et les pouvoirs publics sur leurs déboires financiers consécutifs à la crise sanitaire, assurant qu’elles risquent la faillite si l’aéroport d’Orly ne rouvre pas d’ici le 26 juin.

Devant les sénateurs de la délégation sénatoriale aux Outre-mer, les transporteurs aériens ont dénoncé, mardi 19 mai, un manque de clarté et de visibilité des décisions du Gouvernement sur la reprise de leur activité.

Lundi, ils avaient déjà demandé la réouverture de l’aéroport d’Orly d’ici le 26 juin au Secrétaire d’Etat chargé des Transports Jean-Baptiste Djebbari et à la ministre des Outre-mer, Annick Girardin.

« Il faut qu’on redémarre au plus vite. Si on ne passe pas l’été à voler, on va vers une disparition des compagnies» a assuré Marc Rochet, président des compagnies Air Caraïbes et French Bee.
Dans le même temps, les transporteurs redoutent le redémarrage en raison de la concurrence impitoyable qu’il va générer.

« La compétition dans quelques semaines va être d’une extrême rudesse. La sortie de crise sera dangereuse avec le risque de disparition de certaines compagnies» a déjà prévenu Alain Battisti, le président de la Fédération nationale de l’aéronautique marchande (FNAM).

Les compagnies aériennes dont les avions sont cloués au sol depuis le 20 mars ont enregistré une chute vertigineuse de leur activité, réduite à 5 %, avec pour toute activité des opérations d’affrètement de vols cargos.

Pascal de Izaguirre, le PDG de Corsair dont les vols à destination des Antilles et de La Réunion représentent deux tiers de son chiffre d’affaires, a qualifié de « dérisoire » cette activité de vols cargos.

« Depuis le 20 mars, nos avions sont cloués au sol, le nombre de vols est passé de 3 ou 4 par semaine au lieu de 400 vols en temps habituel. Aujourd’hui, chaque jour qui passe, nous perdons 150 000 euros par jour, la situation est catastrophique pour nous» a pour sa part déploré Eric Koury, président du Groupe GAI regroupant les compagnies Air Antilles et Air Guyane.

Face au marasme de leur secteur, une grande majorité des compagnies ont procédé à des mises en chômage partiel de leurs salariés.

Certaines ont demandé des prêts garanties par l’Etat, à l’instar d’Air France qui a déjà obtenu 7 milliards de l’Etat. « Nous ne dégagerons jamais les marges suffisantes pour rembourser les montants empruntés pour redémarrer l’activité » craint Eric Koury.

« Nous sommes en train de détruire sept ans de construction et développement chez Air Antilles. Je crains malheureusement que tout cela va disparaître à cause de la situation et de l’incapacité de nous donner les moyens de redémarrer », affirme-t-il.