Paris-Antillaise décédée : Ses anciens collègues témoignent « Les gens faibles pensent au suicide », « La direction considère les noirs comme des esclaves »

Place de la Mairie du 20ème arrondissement de Paris, c’est le temps de la colère, de l’injustice et de la déception pour les défenseurs de Sabine Vorin, une antillaise, employée municipale parisienne, morte en septembre dernier dans les locaux où elle travaillait.

Bien que la famille de la victime a refusé toute manifestation publique en soutien à la défunte (Sabine Vorin), la Ligue de défense noire africaine (LDNA) a maintenu un rassemblement dans le 20ème arrondissement, lancé via les réseaux sociaux. Paris 20ème, un lieu symbolique, le point de rassemblement d’une manifestation en hommage à Sabine Vorin. Plusieurs policiers sur le parvis de la mairie signaient l’intérêt que suscite le décès suspect de l’ancienne employée de la mairie de Paris.

Pour des raisons de sécurité, la préfecture refusera d’ailleurs que la Ligue se rassemble devant la mairie du 20ème arrondissement mais devant un restaurant encombré placé à une bouche du métro Gambetta, d’où le mécontentement ambiant.

Ce mercredi 14 novembre 2018, c’est l’incompréhension, et l’agacement des participants (pour la plupart des antillais) qui ne comprennent pas qu’on leur retire leur droit de parler et de dénoncer la mort suspecte de Sabine Vorin devant la mairie, l’employer de la défunte. Poussée par les policiers et déplacée en deux lieux distincts, c’est tard dans la soirée que la Ligue de défense noire africaine (LDNA) a pu tenir meeting.

Auparavant, nous avons pu rencontrer des anciens collègues de l’antillaise qui tous sont choqués du suicidé présumé de l’employée municipale de Paris.

Tous se rappellent, avoir côtoyé une femme simple, discrète, « trop discrète » dans les différents services qu’elle aurait occupés avant sa mort.

« C’était une dame très joyeuse, très gentille. Ce n’était pas une personne qui s’énervait facilement. Sabine Vorin était un personne souriante, elle faisait son travail ». Pascal Jasop d’origine guadeloupéenne a été choqué en apprenant la mort de l’antillaise, qui serait décédée d’un arrêt cardio-respiratoire. Connaissant sa compatriote et ancienne collègue, il s’est renseigné sur les causes de sa mort et sans être surpris il apprend que la victime aurait subi « des pressions ».

« Avec les collègues cela se passait très bien ». A demi-mots, Pascal Agent logistique, renvoyé de la mairie du 20ème, raconte les conditions de travail détestables : « On subit le harcèlement, on nous parle mal, comme si on était des chiens. On m’a fait beaucoup de petites méchancetés. ». Et d’avouer « On est tellement mal à l’aise, qu’on a qu’une envie, c’est de partir et la direction m’a fait partir ». Une situation vécu par de nombreuses personnes « Oui, beaucoup partent de cette mairie pour les mêmes raisons. On peut parler de racisme »

Joël Cayau, sur son vélo vient de la banlieue parisienne, il est chauffeur à la mairie du 20ème, le martiniquais est chargé d’acheminer des livres vers les bibliothèques des mairies de la ville. Il a souvent eu l’occasion de voir Sabine Vorin. Elle ne faisait plus le ménage, elle travaillait à la grande bibliothèque. Joël décrit lui aussi, une mauvaise ambiance sur son lieu de travail « On nous prend pour des esclaves, on me dit de ne pas dire cela, mais c’est la vérité ». Roger : « Je suis déçu, je suis amer, je finis ma carrière, je n’ai pas le choix, je finis ma carrière gentiment ».

Tous désignent une direction qui n’aurait qu’une envie : Déplacer les ressortissants antillais de la Mairie du 20ème arrondissement.

La Ligue de défense noire africaine (LDNA), est à l’initiative du rassemblement du soutien à l’antillaise décédée. Hier, mercredi 14 novembre, il aura fallu un nouvel appel à la Préfecture de Paris pour que l’ensemble des personnes présentes puissent participer à la manifestation dans un lieu plus acceptable.

Le leader de la Ligue de défense noire africaine (Behanzin) nous a accordés une interview dans laquelle il pointe du doigt la mairie de Paris qui feint d’ignorer et ne fait rien pour « les personnes de la diaspora de la communauté noire qui subissent du harcèlement au travail, de la négrophobie, de la discrimination à la mairie ».

Selon Behanzin (c’est son prénom nous dit-on), il existe des documents de syndicaux qui prouvent que «  les personnes qui ont la peau noire sont victimes de harcèlement ». Des syndicats comme la CGT ont fait des signalements dans ce sens qui concernent, tant la Mairie du 20ème que les mairies de la ville de Paris, en général, souligne le leader de la LDNA : « Nous ne faisons pas d’allégations, on confirme, on répète juste ce qui existe déjà »

Le 17 septembre 2018 à 18h45, Sabine Vorin a été retrouvée sans vie dans les toilettes de la bibliothèque municipale Couronnes-Naguib Mahfouz, rue des Couronnes, en face du parc de Belleville dans le 20ème arrondissement de Paris. Selon ses collègues, Sabin Vorin aurait été victime de harcèlement et de pression qui aurait conduit à sa mort.

Behanzin, leader de la ligue de Défense noire africaine :

La colère de La Ligue de défense noire africaine (C'news Actus Dothy)

ANTILLES – PARIS : Bousculée, gênée et poussée du parvis de la mairie de Paris, La Ligue de défense noire africaine a montré sa détermination à soutenir la famille de Sabine Vorin. L'employée municipale, comme d'autres sont victimes de la mauvaise gestion humaine de la direction à la Mairie du 20ème Arrondissement. REPORTAGE & MONTAGE Dorothée Audibert-Champenois / C'news Actus Dothy Antillesboxmail – Dothy Ligue de défense noire africainePlus d'infos ==>> https://www.www.people-bokay.com/paris-antillaise-decedee-ses-anciens-collegues-temoignent-les-gens-faibles-pensent-au-suicide-la-direction-considere-les-noirs-comme-des-esclaves/?fbclid=IwAR288aZq63L3lKIqtwD_7mrNAcn0bJQM0a2MCT5vIW5HMZxF8ZpmrDE2AN8

Publiée par Antillesboxmail – Dothy sur Jeudi 15 novembre 2018

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy


Images et vidéo C’news Actus Dothy