Pas de carnaval pour le bwadjack négrier : La ville de Fort-de-France lui interdit de défiler dans les rues


Publié dans : Actualites, Martinique
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Parmi les dizaines de bwajacks vus au Carnaval ce dimanche gras dans les rues de Fort-de-France, il y en a un qui a retenu l’attention et pas de façon positive.

Le véhicule représente un bateau négrier comme ceux qui transportaient les esclaves pendant ces trop nombreuses années de traite négrière.

De nombreux carnavaliers ont été choqués par ce bwadjack d’un genre particulier et dans un communiqué, la ville de Fort-de-France « condamne fermement la mise en scène ainsi que l’interview donné à l’antenne de Martinique 1ère à un membre de l’association.  » En effet l’un des protagonistes a déclaré que c’est un navire négrier qui va « chercher des esclaves. » Le bwadjack négrier est donc interdit de prendre part aux défilés de la ville pendant les jours gras.

Ci-dessous le communiqué de la ville de Fort-de-France :

La Ville de Fort-de-France condamne fermement la mise en scène ainsi que l’interview donnée à l’antenne de Martinique 1ère par un représentant d’un char de l’association « Spri e Tradisyon » dénommé « NÉGRIER BWAJACK » qui a circulé dans les rues de Fort-de-France ce dimanche 11 février 2018 à l’occasion du premier jour de la parade carnavalesque.

Si les autorisations délivrées par les services municipaux ont reconnu la conformité technique du véhicule et la validité du thème de la valorisation de la mémoire initialement indiqué, la Ville de Fort-de-France dénonce la mise en scène proposée, ainsi que le parti pris assumé de « rire de ce qui s’est passé » ou de « prendre les choses avec humour ».

Ces actes constituent des injures à la mémoire du peuple martiniquais et à son histoire douloureuse.

Si la Ville de Fort-de-France, revendique la dérision et l’impertinence de son carnaval, elle refuse cependant catégoriquement que la traite et l’esclavage, reconnus de surcroît en tant que crime contre l’humanité, soient requalifiés de « petit moment d’humour » et prononce l’interdiction immédiate de ce char en lui retirant son autorisation administrative de prendre part au défilé.

L’association, informée de cette interdiction, pourrait faire l’objet de poursuites en cas de non-respect de cette décision.

Photo : Benny