Peut-on trouver un emploi sans l’appui d’un réseau en Martinique ?

Rédigé par : Melody Thomas, le
Publié dans : Actualites, Martinique
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Bien souvent chercher du boulot rime avec réseau, connaissances, « avoir du piston » plus connu chez nous sous le nom de « filon ». Mais qu’en est-il réellement ?

Selon nos jeunes martiniquais interrogés, il reste encore des recruteurs qui veulent donner leurs chances à des profils avec ou sans expérience ou qui peuvent user de leur réseau mais préfèrent embaucher quelqu’un qui postule de manière classique. En revanche dans certains domaines, il est beaucoup plus compliqué de se faire une place, nombreux sont ceux qui se heurtent au même obstacle : « le filon » disent-ils.

Néanmoins, ne faisons-nous pas un amalgame entre réseau et piston ? Rappelons que se créer du réseau revient à faire un maximum de rencontre dans un domaine pour mieux aborder, étudier l’environnement et trouver un poste qui nous convient. D’ailleurs, la création du réseau, son utilisation et son développement est abordé très tôt dans le système scolaire.

Mais, selon Elodie, étudiante à la recherche d’une alternance, cette notion du filon va au-delà de la recherche d’emploi et permet d’assurer son cercle son entreprise et ses valeurs :

« Dans le comportement humain, on s’associe à ce qu’on connait donc souvent lorsque qu’on a un réseau il est plus facile d’obtenir un emploi (quelqu’un qui connait quelqu’un etc…). On aura plus tendance à faire confiance à quelqu’un parce qu’il a été recommandé. C’est un comportement par association qui est évident. Aussi, il est donc important de savoir « faire la société » chose que j’ai malheureusement comprise bien trop tard, tu as des opportunités avant qu’elles le soient visibles par le grand public »

Entre sacrifices et opportunités

Les opportunités, Jonathan a su les saisir. En revanche, ce jeune entrepreneur de 25 ans estime que le réseau n’est pas indispensable pour débuter et surtout remet en cause le système.
« Quand j’étais à la recherche d’emploi, au bout de 3 semaines d’attente, j’ai décidé de me faire passer pour un employé de la boite à la foire expo, en me présentant à 06h30 du matin. A 18H00, le responsable me demande qui je suis. Je lui ai expliqué ma situation et 2 mois après, il m’a proposé de travailler. Ce sont des situations comme celle-ci qui m’ont forgé et c’est uniquement grâce à ma ‘niaque’ et ma volonté que j’y suis arrivé. Donc, j’ai pu construire mon réseau. Maintenant, j’ai une société de gestion et développement commercial et marketing ce qui me permet de travailler avec plusieurs boîtes ».

Ainsi, nous nous posons la question suivante : Quels sont les freins de la recherche d’emploi en Martinique ?

Selon cet agent de Pôle Emploi, il faudrait que les jeunes se remettent en question pour savoir réfléchir, grandir et faire des concessions. A cela s’ajoute un cruellement manque de motivation.

« Il faut saisir les opportunités. Parmi les demandeurs d’emploi sans diplôme, sans expérience, sans compétences, il y a ceux qui veulent tout, tout de suite : travailler rapidement et toucher beaucoup. Mais ce n’est pas la marche à suivre. L’investissement personnel est important Il ne faut pas se limiter et avoir autre idée de soi-même. Et pour cela, il faut se cultiver obtenir des certificats faire des stages à l’étranger et dans la caraïbe, se former et acquérir de l’expérience… Convaincre les chefs d’entreprises qu’ils auraient des raisons de vous embaucher par votre motivation. De plus, il y a des gens ‘bien nés’ (avantagés par leur catégorie sociale) mais aujourd’hui sont également en difficulté donc il faut arrêter de regarder chez l’autre et/ou de se valoriser en dénigrant l’autre Il faut se donner les moyens et arrêter de se dire que c’est parce que il y a des filons que l’on ne trouve pas de travail ».

Concernant les demandeurs d’emploi diplômés, l’une des solutions qui s’ouvre à eux est d’accepter un poste moins élevé avant d’accéder au poste que l’on désire. A noter que le temps de travail d’un individu est allongé à 43 ans, donc il y a beaucoup de places qui sont prises. De plus, les demandeurs d’emploi ne déclarent pas toujours leur situation en s’inscrivant au pôle emploi alors que ceci permettrait d’agir sur les chiffres du chômage en France.

Quelques chiffres
Néanmoins, 5000 jeunes en moyenne quittent de département chaque année pour s’enrichir ailleurs. Un chiffre qui pourrait s’estomper.

Au deuxième trimestre 2019, on recense 40 400, le nombre de demandeurs d’emploi tenus de
rechercher un emploi et sans activité (catégorie A) dans notre département. Ce nombre baisse
de 1,5 % sur le trimestre (soit –610 personnes) et de 5,9 % sur un an

D’après la Sénatrice Catherine CONCONNE, à l’origine de l’initiative « Alé Viré » (cadre
pour favoriser le retour des jeunes partis se former, les opportunités d’emploi, les créations
d’entreprises, les aides à l’installation mais aussi les incitations au retour) en 2018, les retours
s’amplifient depuis la création de ce cercle.

Par Aurélie Thalmensi
Master 2 Information-Communication
Campus de Schoelcher