Photo Unicef utilisée par TF1 pour illustrer les écoles de Martinique : Les explications d’Harry Roselmack

Rédigé par : Melody Thomas, le
Publié dans : Actualites, France, Martinique
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Après avoir utilisé sur Twitter, une photo de l’Unicef prise en Haïti, pour représenter les écoles en Martinique, TF1 a provoqué l’indignation des internautes. Même si le tweet a été assez rapidement supprimé, les captures d’écran ont été faites et une nouvelle polémique impliquant la chaîne est née sur les réseaux sociaux.

Harry Roselmack, s’est tourné vers Facebook pour expliquer ce qui a pu causer « cette erreur mnifeste »; le présentateur de Sept à Huit ayant lui même été sous les feux des critiques il y a 2 mois, accusé de black Face lors de l’une de ses émissions.

Voici ses explications ci-dessous :

Il y a deux mois, j’ai été confronté à un déferlement de critiques contre Sept à Huit et moi-même. Nous étions accusés (abusivement selon moi) de Black Face. J’ai expliqué à l’époque en quoi cette accusation ne tenait pas.

Ce matin, je me suis réveillé avec la mauvaise surprise d’un début de polémique au sujet d’un tweet TF1LeJT. Reprenant la déclaration du Président de la Collectivité Territoriale de Martinique concernant la réouverture des collèges et lycées du département, ce tweet est illustré par une photo surprenante : au premier plan, deux fillettes noires qui n’ont certainement pas l’âge d’être au collège et au second plan, la salle de classe avec des tables siglées UNICEF.

J’ai immédiatement cherché à comprendre, comme je le fais à chaque fois avant de m’exprimer. Il était hors de question que je ne m’exprime pas au vu de l’erreur manifeste. J’ai eu très vite Thierry Thuillier le Directeur de l’information du groupe TF1 et Olivier Ravanello Directeur adjoint de LCI chargé de l’information et de la stratégie digitale. Ils étaient eux aussi consternés par cette erreur. Néanmoins, elle tient à une fragilité dans le process de publication de ces tweets associé à un manque de vigilance des journalistes qui ont écrit et validé la publication. Elle n’est pas une expression de racisme ou d’un manque de considération pour l’outremer. Je vous laisse en juger :

Le journaliste qui a rédigé le tweet se rend sur une plateforme en ligne d’agence de presse pour trouver la photo qui illustrera son post. Il tape les mots clefs « Martinique » et « école ». Cette photo s’affiche en vignette sur son écran. Trop petite pour que ni l’âge des enfants, ni la mention UNICEF sur les tables n’attirent son attention. Cette photo apparaît car elle est rattachée à l’information suivante dans la base de données consultée : une école haïtienne a bénéficié de fournitures scolaires envoyées par le rectorat de la Martinique. Toujours est-il que personne ne voit la discordance entre la photographie et l’information qu’elle illustre avant la mise en ligne. Le tweet publié vers 10 h a été corrigé dans l’heure selon les informations qui m’ont été données et des excuses ont été formulées par la rédaction sur le même compte Twitter TF1LeJT.

Olivier Ravanello m’a confirmé que sa rédaction, composée de jeunes journalistes engagés pour le vivre ensemble, était très vigilante à la question grandissante des sensibilités communautaires. Cette publication est donc le résultat d’un manque de vigilance face à un process « piégeant » à cet égard.

Cet incident peut avoir une conséquence positive. Nous sommes tombés d’accord avec Thierry Thuillier pour envisager en interne dans les différentes rédactions du groupe un cycle d’échanges sur le fait communautaire qui s’exprime de plus en plus en France et qui doit aiguiser notre vigilance dans le traitement de certaines informations. Il ne s’agit pas de céder à une pression ou à des injonctions communautaires mais d’être conscient que cette sensibilité peut donner lieu à des interprétations polémiques de pratiques ou d’erreurs dénuées d’intentions racistes.

Ce tweet de la rédaction de TF1 n’est pas, comme je l’ai craint pendant quelques minutes et comme je m’apprêtais à le dénoncer, une illustration de la vision « globalisante » qui caractérise souvent l’approche française vis à vis des noirs. Je m’explique : l’Afrique est souvent perçue comme homogène dans ses difficultés et les noirs sont souvent perçus comme extérieurs à l’identité française. Cette réalité doit être combattue. Elle ne peut l’être que par plus d’information et de sensibilisation. C’est l’un de mes engagements.

Harry Roselmack