Plan chlordécone 4 : La Martinique dotée de 92 millions d’euros sur 6 ans pour identifier les victimes impactées par ce dangereux insecticide

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, Martinique
Mots clés :

Le gouvernement a décidé de débloquer 92 millions d’euros pour financer sur six ans le nouveau « Plan chlordécone 4 » de la Martinique, visant à identifier les victimes impactées par ce dangereux insecticide utilisé aux Antilles jusqu’en 1993. Présenté mercredi 18 novembre au Comité de Pilotage local, ce Plan Chlordécone 4 » concernera la période 2021-2027.

Il vient compléter les précédents plans dont le dernier s’est achevé en 2016. Il était doté d’une enveloppe de 30 millions d’euros pour la période 2014-2016.

Les 92 millions d’euros seront financés comme suit : 53 millions proviendront des ministères et établissements publics, 20 millions des organismes sociaux, 16 millions des collectivités territoriales et fonds européens et 3 millions proviendront du plan de relance.

Outre cette enveloppe, le gouvernement a ouvert ce jeudi 19 novembre une consultation publique afin que la population puisse notamment s’exprimer sur les grandes orientations de ce nouveau plan qui sera surtout axé sur l’identification des victimes de l’empoisonnement au chlordécone.

La consultation, qui durera quatre semaines, est accessible via une plateforme en ligne ou directement en mairie.

Un fonds d’indemnisation doit également être mis en place dans le cadre de l’identification des victimes impactées. L’identification de toutes les victimes, colonne vertébrale de ce nouveau plan, passera par la mise en place d’un centre de consultation de pathologies professionnelles, des outils de formation en pharmacovigilance ou encore le renforcement de la prévention dans les entreprises.

Depuis 1979 – ce dangereux insecticide utilisé de 1972 à 1993 dans les bananeraies des Antilles pour lutter contre le charançon de la banane qui détruisait les cultures – avait été classé cancérogène par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Il avait été reconnu perturbateur endocrinien neurotoxique et reprotoxique. Mais il a fallu attendre 1990 pour que le gouvernement français interdise son utilisation. Deux dérogations successives, signées par les ministres de l’Agriculture de l’époque, avaient encore permis de prolonger son utilisation jusqu’en 1993, principalement en Martinique et en Guadeloupe.

Résultat, plus de 90 % de la population de la Martinique est aujourd’hui empoisonnée et les conséquences sur la faune et la flore devraient persister durant 700 ans. Les sols, les cultures, rivières, les littoraux, le bétail et les poissons sont particulièrement impactés.