Plusieurs réactions suite à l’agression de journalistes en Martinique lors d’une marche aux flambeaux

Samedi soir, des journalistes de plusieurs médias locaux ont été agressés et menacés dans l’exercice de leur mission au François et trois feux de broussailles et un incendie de poubelles se sont déclenchés lors d’une marche aux flambeaux en marge des manifestations commémorant l’abolition de l’esclavage le 22 mai. Le préfet de la Martinique, Karine Mousseau et Yan Monplaisir, ont réagi suite à ces évènements.

Stanislas Cazelles, préfet de Martinique, s’est rendu au François samedi soir pour constater les dégâts et rencontrer les services mobilisés et le maire de la commune. Dans un communiqué, il « condamne ces dégradations et ces agressions qui sont inadmissibles et abîment les commémorations du 22 mai et les hommages aux victimes de l’esclavage ».

Suite aux événements du 22 mai au François, des membres de la liste Mi Chans Mztnik se sont exprimés. Pour Karine Mousseau, il faut « sortir de la violence et oser le dialogue ».

Hier, samedi 22 mai, lors des commémorations célébrant l’abolition de l’esclavage, nous avons encore assisté au François à des actes de violence inadmissibles que nous dénonçons aujourd’hui avec force et détermination.

Quelles que soient les revendications de chacune et chacun, nous ne pouvons tolérer plus longtemps que l’ordre public ne soit pas respecté, que certaines et certains pensent pouvoir agir en toute impunité. Nous dénonçons le manque de responsabilité de certains de nos élus qui de façon ambigüe soutiennent ces débordements sous cap tout en les dénonçant officiellement.

Nous appelons à nouveau au respect de la loi, au respect de la liberté de la presse, au respect de l’ordre public.
RIEN NE SE RÈGLERA DANS LA VIOLENCE !

Nous sommes toutes et tous le fruit de notre histoire commune. Chacun doit être entendu et compris. C’est pour cela que nous, membres de MI CHANS MATINIK, nous appelons désormais chacun et chacune, de façon solennelle, à la table des discussions et du dialogue pour rebâtir ENSEMBLE une Martinique rassemblée, apaisée et solidaire !

Karine MOUSSEAU – Le 23 mai 2021

« Presse Menacée, liberté en danger » déclare Yan Monplaisir :

Le droit à la libre expression est un principe de base propre à toute société démocratique.

Il commence par le bulletin de vote qui détermine le choix des citoyens pour la société à laquelle ils aspirent. Les élus ainsi désignés décident d’après des critères majoritaires, tout en respectant le droit des minorités.

L’école aura préalablement initiée l’éducation de chacun afin qu’il exerce, en connaissance, sa liberté dont il saura que sa propre limite est celle des autres. La presse est la vigie du respect des libertés démocratiques et la justice son gardien.

Dès lors, chacun admettra que les menaces exercées, le 22 mai, à l’encontre de journalistes, dans le cadre de l’exercice de leur profession, n’est pas acceptable ! Ce groupuscule qui se drape dans des couleurs qu’il s’est choisi et un discours totalitaire qu’il entend imposer au plus grand nombre a une pratique qui n’est pas acceptable !

Voler du matériel afin de priver des professionnels d’exercer librement leur métier, cela est tout aussi inacceptable !

Accepter de telles pratiques, sans réagir, c’est laisser la porte ouverte à des dérives autoritaires auxquelles notre société démocratique ne saurait s’accommoder.

Je condamne avec la plus grande énergie ces agissements seulement propres à menacer notre vivre ensemble dans un espace démocratique.

Yan MONPLAISIR – Le 23 mai 2021