Polémique autour de l’interpellation d’une infirmière : Sa garde à vue a été levée

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, France
Mots clés :

L’interpellation d’une infirmière mardi, en marge de la manifestation des soignants à Paris pour « outrage et jets de projectiles sur les forces de l’ordre », a suscité la polémique sur les réseaux sociaux.

Une vidéo largement relayée sur la toile, montre la soignante interpellée sans ménagement par les forces de l’ordre et ensuite emmenée en garde à vue, avec du sang sur le front.
L’infirmière, Farida, arrêtée hier aux Invalides est sortie cet après-midi de garde à vue, a annoncé sa fille.

Sibeth Ndiaye : « Je n’étais pas sur place…. »

A l’occasion du compte-rendu de Conseil des ministres ce mercredi, Sibeth Ndiaye est revenue sur l’interpellation musclée de Farida. La porte-parole du gouvernement s’est refusée à parler d’une quelconque violence policière. « Je n’étais pas sur place et il apparaît, compte tenu des images, que cette interpellation faisait suite aux faits délictueux effectués par cette dame », s’est contentée de commenter Sibeth Ndiaye, faisant écho a une vidéo montrant Farida en train de jeter des projectiles à vers les CRS, puis leur adresser des doigts d’honneur.
Farida sera convoquée le 25 septembre prochain devant la justice.

« Je veux de la ventoline », crie Farida

Durant son interpellation par les forces de l’ordre, on voit Farida, quinquagénaire, en blouse blanche, tirée par les cheveux.Ensuite, elle est assise par terre et réclame sa ventoline, un médicament pour les personnes souffrant d’asthme. « Je veux de la Ventoline », crie-t-elle.

Les policiers font alors un cercle autour d’elle pour repousser les photographes de presse et empêcher les caméras de filmer. On voit néanmoins qu’elle est plaquée au sol tandis que la police ordonne « Reculez ! Reculez ! » aux journalistes, avant de les pousser. « Ils nous empêchent de filmer cette interpellation », commente le journaliste qui filme.
On peut aussi entendre un policier dire : « Pas de violence, on est filmés. »
L’infirmière est ensuite emmenée au poste.

Des sources syndicales policières assurent que le policier tire la bride du sac à dos et non ses cheveux. A la fin de la vidéo, les policiers disent à Farida qu’ils vont lui donner de la Ventoline, une fois qu’ils l’auront éloignée des fumées de gaz lacrymogène.

Farida lance des projectiles sur les policiers

Une autre vidéo montre la suite de la scène. L’infirmière s’adresse aux personnes qui filment en essayant de dire son nom. « Je m’appelle Farida », a-t-elle le temps de dire, avant qu’une policière ne mette une main sur sa bouche.
Une autre vidéo filmée un peu plus tôt montre Farida en train de lancer des projectiles en direction des forces de l’ordre.

Le Syndicat indépendant des commissaires de police les a retweetées en affirmant qu’il s’agissait bien de l’infirmière interpellée et assure vouloir « rétablir la vérité ». « Elle jetait des projectiles, juste avant son interpellation ! », assène-t-il.

Un policier porte plainte

« Un policier atteint par un de ces projectiles déposera plainte », mercredi 17 juin. L’infirmière aurait jeté, selon la police, des « morceaux de pavés ».
Farida travaille au CHU de Villejuif

« Cette femme, c’est ma mère », écrit sur Twitter la journaliste Imen Mellaz, programmatrice pour la chaîne France 24. Elle précise que sa mère est « une infirmière » qui a « bossé pendant trois mois entre 12 heures et 14 heures par jour » et qui « a eu le Covid’. « Aujourd’hui, elle manifestait pour qu’on revalorise son salaire (…) elle fait 1m55 », précise-t-elle.

Alors que certains internautes mettaient en doute, la profession de Farida, le porte-parole de la CGT 94, Benjamin Amar confirme au média Là-bas si j’y suis qu’elle est bien infirmière au « CHU Paul-Brousse » (à Villejuif) et « travaille à l’AP-HP depuis 17 ans ». Elle « a quasiment 52 ans, elle est mère de famille ». « Elle a été nassée, elle a eu des jets de lacrymo, ça l’a mise en colère », explique-t-il, pour expliquer le contexte des jets de projectiles contre les policiers.