Port du masque obligatoire pour les petits : A Ducos, la mairesse supervise la rentrée, tentant d’apaiser divisions et anxiété des parents

Lundi matin, la mairesse de Ducos a supervisé, elle-même, la rentrée scolaire dans sa ville dans un souci d’apaiser les divisions et «l’anxiété» des parents, suscitées par le port du masque devenu obligatoire dans les écoles, à partir de six ans, certains étant farouchement opposés à cette nouvelle mesure.

Depuis la rentrée du 2 novembre, le gouvernement a décidé que les élèves de primaire, dès 6 ans au lieu de 11 ans auparavant, doivent porter un masque à l’école, suite au renforcement du protocole sanitaire.

Cette nouvelle mesure s’applique à l’école, de manière systématique dans les espaces clos (dans les salles de classe), mais aussi en extérieur, à la récréation par exemple. Le masque pourra bien sûr être retiré à la cantine, pour manger ou encore pour faire du sport.

Pour autant, un enfant de 6 ans qui serait scolarisé en grande section de maternelle n’est pas tenu de porter un masque, puisqu’il serait le seul de sa classe à le mettre. De la même manière, un enfant de 5 ans scolarisé en CP devra porter un masque, comme ses camarades de classe. En cas de pathologies, l’avis du médecin détermine les conditions du port du masque pour les élèves.

« Le constat général est satisfaisant pour l’ensemble de la communauté scolaire, car malgré l’anxiété de quelques parents et la fébrilité de certains enfants, c’est en toute sécurité que la rentrée s’est déroulée à Ducos », s’est félicitée sur son compte FB la municipalité de Ducos, à l’issue d’une tournée des écoles effectuée, lundi 9 novembre, par Aurélie Nella afin de « veiller au bon déroulement de cette journée de reprise ».

« Une rentrée sous haute surveillance »

Pour cette rentrée « sous haute surveillance », la mairesse était accompagnée d’Audrey Antonio, adjointe déléguée aux affaires scolaires et de Mathieu Mence, Conseiller municipal.
Si l’édilité reconnaît que c’était une «rentrée quelque peu ‘inhabituelle’ », elle fait toutefois observer qu’un travail de fond avait été effectué en amont avec toutes les parties.

« Afin de s’y préparer au mieux, des séances de travail en visioconférence ont été organisées, en amont, avec les directeurs d’école et les représentants de Parents d’élèves. », précise la municipalité qui a également rencontré les agents du service Education et de la Caisse des écoles « pour faire état des nouvelles mesures sanitaires à appliquer ».

Les divisions persistent entre pro et anti-masques à l’école

Pour autant, les divisions entre pro et anti-masques persistent du côté des parents.
Sur la page FB de la mairie, Nathalie, parent d’élève, écrit qu’elle a décidé de ne pas envoyer son fils à l’école.

Elle signe son message : « Une mère en colère par l’inaction des politiques martiniquais qui contribuent à un monde , un pays , une île de désolation à tous points de vue pour nos enfants!!! »

« Pourquoi forcer ceux qui ne souhaitent pas mettre le masque aux enfants? », s’indigne Nathalie qui demande à Aurélie Nella de prendre un arrêté qui laisserait le choix aux parents.

Nathalie, qui a préféré garder son fils à la maison, dénonce un scandale 

« Mme La Mairesse pouvez vous prendre un arrêté qui donnerait le choix aux parents, car là ce n est pas une démocratie, mais bien une dictature », écrit cette maman.
Et d’ajouter : « Perso, j’ai gardé mon fils, au lieu qu’il aille comme tous ses petits camarades en classe!!! ».

Furieuse, elle explique que la directrice lui a signalé que « c’est soit le port du masque ou sinon il est isolé pour être récupéré par ses parents ».

« C’est scandaleux qu’un enfant ne puisse assister et étudier !!! Vous trouvez cela normal de punir des enfants parce que nous souhaitons en tant que responsable légal, protéger nos enfants!!!? » fustige la maman qui déplore une absence de « consultation».
« Que ceux qui veulent mettre le masque le fasse, mais nous avons le droit de ne pas obliger nos enfants à subir ceci, avec les intentions plus que douteuses de ce gouvernement et ministères !!! » poursuit-elle.

« Durant votre campagne électorale vous parliez sans cesse de la petite enfance, et bien permettez moi de remettre en cause vos discours quand je vois votre position aujourd’hui à ce sujet », déplore-t-elle.

Marie-Ange s’inquiète de l’ampleur de l’épidémie et estime que l’heure n’est plus à la polémique

A l’inverse, Marie Ange s’interroge sur « Porter le masque ou pas ? », tout en estimant que l’heure n’est plus à la polémique compte tenu de l’ampleur de la pandémie.
« A l’heure ou le virus du Covid tue, détruit des familles, je pense à mon humble avis ce n’est pas le moment de polémiquer», écrit-elle. « Protégeons nos enfants, nos familles, nos parents, même nos ennemis », poursuit Marie-Ange, avant de rappeler que « c’est à l’école que l’on apprend aux enfants à respecter les règles».

« Si nous parents, nous les encourageons à aller contre, comment ne voulons nous pas qu’ils ne respectent plus rien…..même nous ! », lâche-t-elle. « Aujourd’hui, aidons nos enfants à porter leur masque, pour plus tard voir leur beau sourire… », conclut Marie-Ange.

Shakina, a pour sa part pris le partie d’adresser un immense satisfécit à la mairesse.
« Très bien Mme la mairesse. Que celles et ceux qui ne veulent envoyer leurs enfants qu’ils les gardent ! », écrit-elle.