« Pourquoi faut-il se faire vacciner contre la Covid-19 ? »

Rédigé par : Kayleen Jude, le
Publié dans : Actualites, Guadeloupe, Guyane, Martinique
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Dans une tribune, 83 médecins, professeurs, scientifiques des Antilles Guyane, incitent les populations à se faire vacciner contre la Covid-19. Nous vous proposons d’en prendre connaissance.

Nous, médecins, scientifiques, nous appelons nos populations à nous protéger collectivement contre la Covid-19 en se faisant vacciner dès lors que les différents vaccins autorisés par l’Agence européenne du médicament (EMA) sont proposés et disponibles sur nos territoires.

Les derniers sondages réalisés suggèrent que seulement 56% des Français sont prêts à se faire vacciner. Cette défiance élevée est aussi retrouvée dans les populations de Guadeloupe, Martinique ou Guyane. Les raisons principalement avancées sont le doute concernant l’efficacité d’un vaccin pour lequel nous n’aurions pas suffisamment de recul (63%) et la crainte d’effets indésirables de la vaccination (46%). Si le questionnement de nos concitoyens est légitime, leurs doutes sont amplifiés de manière démesurée par un foisonnement de fausses informations circulant sur les réseaux sociaux.

Nous considérons que les bénéfices de la vaccination doivent être mesurés à l’aune des risques que fait peser la Covid-19 sur nos populations vieillissantes (25% de plus de 60 ans) et touchées par des taux de comorbidités beaucoup plus élevés que la moyenne nationale (diabète, hypertension artérielle, insuffisance rénale, drépanocytose, surpoids et obésité).

Voici les arguments objectifs et rationnels que nous devons partager avec nos compatriotes.

Des millions de vies sont sauvées chaque année par la vaccination. La variole a été éradiquée de la surface de la Terre. D’autres maladies graves sont désormais contrôlées : tétanos, diphtérie, poliomyélite, coqueluche, rage, méningites … Le souvenir de ces fléaux s’est éloigné de notre mémoire collective grâce aux programmes de vaccination qui sont ancrés dans notre vie, dès la naissance.

NON, la mise au point du vaccin à ARN ne s’est pas faite en une année !
– Les vaccins à ARN font l’objet de recherches fondamentales initiées il y a plus de 20 ans avec des avancées scientifiques significatives ces dernières années. Les précédentes épidémies de Hong Kong (2003) et du Moyen Orient (2012) ont stimulé la recherche sur les coronavirus. Des travaux scientifiques bien antérieurs à la pandémie, une mobilisation sans précédent de la communauté internationale, un nombre important de volontaires pour les essais cliniques, une pandémie en pleine expansion et des financements massifs des états expliquent la rapidité de la mise à disposition de ces nouveaux vaccins.

Toutes les étapes d’évaluation clinique d’un vaccin ont été respectées et la sélection a été rude
– Plus de 154 propositions de vaccins ont été soumises aux tests précliniques. Seuls 20 ont franchi la phase clinique 1, puis 16 la phase clinique 2, 13 la phase clinique 3 et enfin seulement 4 ont obtenu l’autorisation de mise sur le marché dans différents pays, pour l’instant.

En quoi consistent les vaccins à ARN ?
– Les à ARN contre ne sont pas constitués d’agent pathogène. Ils contiennent un petit fragment de l’ARN (acide ribonucléique) du coronavirus, synthétisé sur des plateformes technologiques sans cellules, ni pathogènes. Ils ne nécessitent pas d’adjuvant pour être efficaces. Ils vont préparer notre système immunitaire à synthétiser rapidement des anticorps contre le coronavirus. Cette technologie de vaccin à ARN pourrait vraisemblablement aussi accélérer la mise au point de futurs vaccins contre la dengue, le Zika ou encore le chikungunya.

NON, les vaccins à ARN n’entraînent pas de mutations de notre ADN qui seront transmises à nos enfants !
– D’un point de vue biologique, c’est un non-sens. L’ARN vaccinal sera très rapidement détruit et n’a aucune capacité à s’introduire dans le noyau de nos cellules, siège de notre ADN et donc de notre patrimoine génétique.

NON, la recombinaison de l’ARNm viral du SARS-Cov-2 avec les ARN de d’autres virus (Zika, chikungunya, dengue) n’est pas possible
– Des recombinaisons sont possibles entre virus d’une même espèce, mais le vaccin à ARN comme nous l’avons vu …. n’est pas un virus ! Donc pas de recombinaison possible !

Des « variants » du virus peuvent-ils échapper à la protection par les vaccins ?
– Nous ne pouvons pas à ce stade, apporter de réponse définitive. Les éléments connus à ce jour sont les suivants : la variabilité des virus est classique, elle est suivie depuis le début de la pandémie de Covid-19. Les virus ne connaissent pas de frontières et les différents variants arriveront inéluctablement dans la Caraïbe. Certains peuvent être plus contagieux et accentuer la pression sur les systèmes de santé. Aucune donnée n’indique à ce jour une altération de l’efficacité des vaccins disponibles vis-à-vis de ces variants britannique ou sud-africain. Ce sont autant d’arguments pour accélérer la vaccination.

OUI, les vaccins à ARN empêchent le déclenchement de la maladie et donnent de l’espoir dans la lutte contre la transmission du virus
– Les deux vaccins actuellement administrés dans plusieurs pays montrent une efficacité exceptionnelle à plus de 90% voire 100% dans la prévention des formes graves de la maladie et des conséquences mortelles qui peuvent en découler. Des données publiées accréditent l’idée que les personnes vaccinées contaminent beaucoup moins les autres.

Quels sont les effets indésirables de la vaccination contre le Covid-19
– A ce jour, plus d’une dizaine de millions de personnes ont été vaccinées de par le monde. Les principales réactions secondaires rapportées pour les vaccins Pfizer-BioNtech et Moderna sont les suivantes : douleur et rougeur au point d’injection, fatigue, maux de tête, courbatures. Ces symptômes classiques en vaccinologie s’estompent en 2 à 3 jours. Le suivi post-vaccination à moyen et à long terme s’appuiera sur le réseau des médecins généralistes qui sera au cœur du dispositif.

Quand pourra-t-on retrouver une vie normale, sans masques et sans gestes barrières ?
– C’est une question essentielle pour nous tous ! Seule une campagne de vaccination de masse pour atteindre une immunité collective satisfaisante nous permettra de retrouver une vie économique, sociale et culturelle normale. Selon les experts, il faut 50 à 60% de personnes vaccinées au sein d’une population pour installer cette protection collective. La vaccination nous offre l’unique chance de retrouver rapidement une vie « normale » et de protéger notre population fragile contre les formes graves et mortelles de la maladie, alors SAISISSONS-LA ! Sans ces vaccins, il nous faudrait attendre au moins 2023 pour entrevoir le bout de cette pandémie.

Avec conviction et détermination, nous mettons toutes nos compétences au service de nos populations en l’appelant à se faire vacciner !

Signataires de la Tribune aux Antilles Guyane
1- Pr Raymond Césaire
2- Dr Sylvie Gustave Dit Duflo
3- Pr Jacqueline Deloumeaux
4- Pr André Cabié
5- Dr Bruno Jarrige
6- Pr Eustase Janky
7- Gérard Cotellon
8- Benjamin Garel
9- Dr Valérie Denux
10- Pr Susy Duflo
11- Dr Damien Meyer
12- Dr Antoine Talarmin
13- Pr Annie Lannuzel
14- Pr Rémi Nevière
15- Dr Patrick Portecop
16- Dr Nathalie Mandonnet
17- Dr Marilyn Irène Lackmy
18- Dr Anne Criquet-Hayot
19- Dr Gil Manuel
20- Pr Pierre-Marie Roger
21- Dr Harry Ozier-Lafontaine
22- Dr Lise Cuzin
23- Dr André Atallah
24- Dr Mirdad Kazanji
25- Pr. Jeannie Hélène-Pelage
26- Pr Justin Daniel
27- Dr Silvina Gonzalez-Rizzo
28- Pr Olivier Gros
29- Dr Dominique Rousset
30- Errol Nuissier
31-Dr Stéphanie Guyomard-Rabenirina
32- Pr Papa Gueye
33- Pr Moustapha Dramé
34- Dr Tania Foucan
35- Pr Georges Jean-Baptiste
36- Dr Olivier Fléchelles
37- Pr Philippe Hunel
38- Dr Marc Romana
39- Dr Valentine Campana
40- Dr Hardy-Dessources Marie-Dominique
41- Dr Cécile Herrmann-Storck
42- Dr Sébastien Breurec
43- Dr Marie-Catherine Receveur
44- Dr Benoit Garin
45- Dr Pauline Kangambega-Nouvier
46- Dr Christophe Padoin
47- Dr Denis Boucaud-Maitre
48- Dr Ruddy Valentino
49- Dr Yves Colin Aronovicz
50- Dr Pierre-Yves Pascal
51- Pr. Jérôme Guerlotté
52- Pr Laurence Romana
53- Dr Philippe Hélias
54- Dr Laurent Benoist
55- Pr Aimé Charles-Nicolas
56- Dr Patrick René-Corail (Médecin de rééducation, chef de pôle de gériatrie et de neurosciences CHU Martinique)
57- Pr Olivier Fléchelles (Chef du service pédiatrique et gynéco-obstétrique – CHU Martinique)
58- Pr Pascal Blanchet (PU/PH – Chef du service d’urologie – CHU Guadeloupe)
59- Pr Serge Arfi (Professeur émérite, médecin libéral en activité)
60- Pr Hossein Mehdaoui
61- Sandra Cayet
62- Dr Jean-Luc Fanon
63- Dr Hugo Chaumont Hugo
64- Dr Véronique Baccini
65- Dr Benoit Garin
66- Dr Agnès Lézin
67- Dr Georges Dos Santos
68- Dr Fatiha Najioullah
69- Pr. Pierre Couppié
70- Pr Magalie Demar
71- Pr. Mathieu Nacher
72- Pr Félix Djossou
73- Dr Didier Destouches
74- Pr Christophe Deligny
75- Dr Antoine Enfissi
76- Pr Sylvie Abel
77- Dr Emmanuelle Sylvestre
78- Pr Narcisse Zahibo
79- Dr Corinne Sainte-Luce
80- Pr François Roques
81- Benjamin Garel
82- Dr Olivier Berry
83- Dr José-Luis Barnay

Photo : ARS Guadeloupe