Premières livraisons de masques et surblouses « solidaires » aux agents du CHU de Martinique

Pour pallier à l’insuffisance d’équipements en Martinique face à l’épidémie de Covid-19, les actions solidaires se multiplient sur l’île. Les premiers masques et surblouses, confectionnés dans le cadre de ces opérations solidaires ont été livrés mercredi.

Au total 1.200 masques, contrôlés et testés et 1.700 surblouses « solidaires », ont été livrés aux agents non soignants du CHUM de la Martinique.

« Cette opération solidaire a permis, pour cette première livraison, de réaliser 1.200 masques (contrôlés et testés) et 1.700 surblouses (aux couleurs chatoyantes) destinés aux agents non soignants du CHUM », annonce dans un communiqué la Préfecture qui accompagnait les partenaires de cette « opération solidaire ». L’objectif est de livrer 4.000 masques et 5.000 surblouses réutilisables.

L’opération se poursuivra poursuivra jusqu’au 8 mai, soit trois jours avant la sortie de confinement prévue le 11 mai. « Ce matin, Clara Thomas, sous-préfète chargée de la cohésion sociale et de la jeunesse a accompagné Benjamin Garel, directeur général du CHUM, des représentants de la Chambre de métiers et de l’artisanat CMA, du Groupement des artisans d’art de Martinique GAAM et du crédit agricole CA, partenaire de l’opération, à la livraison de surblouses et de masques », se félicite la Préfecture.

Mais d’autres opérations solidaires, plus discrètes méritent d’être soulignées

De nombreux anonymes se sont en effet mobilisés sur les réseaux sociaux pour apporter leur aide. Comme Aurélie qui a lancé sur sa page Instagram l’opération « Martinique confinement » ou encore le groupe « Martinique Solidarité ». « Je voyais sur WhatsApp beaucoup de vidéos drôles sur le confinement, mais pas beaucoup d’infos », explique au journal 20 Minutes la jeune femme qui a lancé le 28 mars 2020 la page Instagram, Martinique Confinement.

Sur cette page on trouve des « informations sous forme de fiches pratiques courtes et brèves à partager » concernant l’emploi, la santé, le secteur alimentaire ou encore le bien-être, explique cette intermittente du spectacle.

« L’idée lui est venue après s’être rendue compte que plusieurs de « ses contacts ne savaient pas comment toucher le chômage partiel », souligne-t-elle.

Distribution de paniers-repas aux sans-abri

Depuis, elle croule sous les demandes aussi bien de la préfecture de Martinique, des municipalités, des maraîchers locaux que des associations de l’île comme Love Challenge, qui distribue des paniers-repas aux sans-abri.

« On vérifie toutes les infos, que les mesures soient bien éligibles en Outre-mer. On fait aussi des évolutions sur la situation liée au Covid-19 », explique-t-elle. « On relaie aussi des posts contre les fake news », souligne Aurélie.

Depuis la crise sanitaire, les réseaux sociaux tiennent une place importante dans le développement de cet élan de solidarité qui propose de nombreux groupes d’entraide.
C’est en venant en aide à ses voisins, âgés, qu’ Audrey, couturière en Martinique, a rejoint ce club des initiatives solidaires. « Ils m’avaient demandé de leur faire des masques pour qu’ils aillent faire leurs courses, chercher des médicaments à la pharmacie », raconte-t-elle à 20 minutes.

Depuis, elle a été sollicitée pour une commande de 200 masques, « exclusivement en coton, munis de filtre, lavables à 60 °C », au prix de 2,50 euros, pour le nord de l’île. Ces masques sont réalisés à partir des patrons mis en ligne par le CHU de Bordeaux.

Certaines initiatives ont même suscité des vocations comme Tricia Evy, chanteuse professionnelle, qui a lancé une antenne de Loka-Lité en Martinique, Mada Loka-Lité pour promouvoir la « nourriture locale » et « mettre en contact tous les Martiniquais en temps de crise ».

Marine, qui dirige avec son conjoint d’origine italienne, l’imprimante numérique Hema Supports à Rivière Salée (Martinique), a fait don de 300 visières. D’autres doués en informatique donnent des astuces aux professeurs pour gérer par exemple les PDF.