Présidentielle-Guyane : Philippe Poutou solidaire de toutes les revendications guyanaises

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Sabine Fabien était l’invitée de Philippe Poutou au meeting du NPA à Saint-Denis.

Une occasion pour la guyanaise de s’exprimer sur le conflit social qui s’installe en Guyane : « Ce que Madame Ericka Bareigts a proposé lors des derniers accords n’est toujours pas à la hauteur de ce que nous attendons. Ce que la Guyane veut c’est le rattrapage de 50 années de retard structurel imposé. Les chiffres demandés sont justes et légitimes » (Sabine Fabien).

Avec son compatriote guyanais, Sabine pose en compagnie d’Olivier Besancenot, venu soutenir Philippe Poutou au meeting d’Aubervilliers.

A Paris, » le seul parti qui se rapproche des idées anti-colonialiste » de Sabine Fabien, « c’est le NPA »Le Nouveau Parti Anti-Capitaliste) nous fait remarquer la jeune guyanaise.  Philippe Poutou, qui a réuni ce mercredi soir les adhérents et amis du parti, a ainsi montré sa solidarité aux différents peuples du département, en encourageant les revendications du collectif « Pou Lagwiyann Dékolé ». 

L’occasion pour les deux guyanais de brandir les points contestataires qui sont à l’origine du conflit. C’est tout d’abord l’insécurité récurrente, le manque de moyens scolaires, la clandestinité, le chômage qui galope, la criminalité qui augmente, les hôpitaux en très mauvais état, la justice et le commissariat qui se dégrade. Et en plus constate Alex Aymon,  il n’y a pas de Cité judiciaire : « Les compétences régaliennes de l’État ne sont pas assumées » .

Ultime rebondissement des négociations après un mois de contestation quand ce mardi 18 avril, la Ministre des Outremer en prenant acte du plan d’urgence (1,1 milliard d’euros), des efforts supplémentaires exigés par le collectif (2,2 milliards d’euros), Ericka Bareigts demande au collectif « Pou Lagwiyann Dékolé », la levée des piquets de grèves « plantés » depuis plus d’un mois dans les rues de Guyane.

La réponse de Sabine Fabien responsable d’association en Guyane, ne s’est pas fait attendre : « Les nouveaux accords ne sont pas à la hauteur de ce qu’attendent les guyanais et elle poursuit « Nous sommes venus donner la vraie version de ce qui se passe au Pays. Nous profitons de cette vitrine médiatique qu’est le Nouveau Parti Anti-capitaliste ».

« Nous avons des points communs avec ce que Philippe Poutou et son parti proposent. Nous sommes des observateurs de la vie guyanaise et nous sommes venus raconter la mobilisation comme nous la suivons depuis la Guyane » continue Sabine Fabien qui est aussi comptable de profession dans son pays.

Agacée d’être méprisés par l’État qui a longtemps hésité à comprendre l’urgence et la détermination des guyanais à vouloir vivre mieux, Sabine Fabien refuse que le gouvernement ternisse l’image du mouvement de protestation. Elle l’accuse de «désinformation et de vouloir désunir les habitants de Guyane, en ayant une communication offensive ».

Sabine Fabien du MDES (Mouvement pour la Décolonisation et d’Émancipation Sociale pour la Guyane) et Alex Aymon, fondateur et président de l’association « Latè Nou Gangan » sont arrivés dimanche 16 avril de Guyane. Ici à Aubervilliers dans le Nord de Paris, il s’agissait selon Sabine Fabien d’expliquer les causes de cette mobilisation et les attentes des différentes branches professionnelles qui soutiennent les manifestants.

« Aujourd’hui on tue une personne pour 20 euros, les personnes âgées ne sortent plus avec leus bihoux de peur de se faire voler leur or. Et pourtant dans la ville des dealers se baladent avec des tonnes d’or autour du cou ! ». C’est intolérable ! Soupire l’ancien travailleur en ferronnerie, président d’une association de défense du foncier en Guyane.

« Le foncier n’est pas résolu sur ces terres immenses, il est difficile pour un guyanais d’avoir un lopin de terre !».

Les deux responsables d’associations sont en discussion avec le candidat à la Présidence de la République, Philippe Poutou.

Écoutez Alex Aymon, le guyanais milite pour que l’Etat participe à la régularisation du foncier, des dossiers qui peuvent durer très longtemps :

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook C’news Actus Dothy
Photos C’news Actus Dothy