Procès des militants martiniquais anti-chlordécone : Mobilisation devant Carrefour Dillon, caravanes de sensibilisation, rassemblement à Paris

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, Martinique
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A moins d’une semaine du procès des quatre militants martiniquais anti-chlordécone, leurs partisans fourbissent leurs armes et tentent de fédérer la population autour de diverses actions symboliques avec pour point d’orgue un grand rassemblement prévu le 27 août dès 9h00 devant le tribunal de Fort de France.

Ce samedi 22 août, une trentaine de militants rouge, vert, noir se sont rassemblés devant l’hypermarché Carrefour Dillon pour tenter de convaincre la population de boycotter l’enseigne du groupe GBH de Bernard Hayot.

Tout en fustigeant le monopole économique des békés, ils dénoncent l’empoisonnement de l’île au chlordécone par des familles de békés, avec la complicité de l’Etat français.
Les manifestants qui exigent la réparation des préjudices sanitaires et environnementaux subis par la poplation, dénoncent aussi les problèmes de l’eau potable sur l’île.
Six fourgons de police sont sur place. Aucun incident n’a été rapporté pour l’heure.

Une mobilisation qui se veut aussi pédagogique

De son côté, le « Komité 13 janvié 2020 » invite la population à se joindre aux caravanes de sensibilisation qui sillonnent l’île sur la problématique du chlordécone. Celles-ci sont intitulées « Karavan Pou Bay Lavwa ». Trois rendez-vous sont au choix pour ce dimanche :
– 7h00 Marché du Robert.
– 8h00 Mairie de Rivière-Salée.
– 9h00 Maison des Syndicats.
« Nous appellerons les Martiniquaises et les Martiniquais à venir soutenir Denzel, Ésaïe, Loulou et Keziah le 27 août 2020 au Tribunal de Fort-de-France », lit-on sur une page FB dédiée à « Karavan Pou Bay Lavwa ».

Au même moment, un rassemblement de « la diaspora » se tiendra dimanche à Paris, au Bois de Vincennes, sur le thème « Vibrons ensemble pour la justice ». L’événement, qui apporte son soutien aux militants martiniquais anti-chlordécone, se déroulera à la Kabann’Ô’Ka au Bois de Vincennes à 14h00.

Mardi 25 août, un ultime rassemblement aura lieu à la Maison des Syndicats à 18h, avant la mobilisation du 27 août dès 9h00 devant le tribunal de Fort de France.

Les militants réclament l’accès au tribunal pour tous les Martiniquais qui le souhaitent, dans le respect de la distanciation sociale

Les partisans des quatre prévenus avaient déjà donné le ton ce vendredi 21 août, en organisant une conférence de presse à la Maison des syndicats pour apporter officiellement leur soutien à : Keziah, Denzel, Esaï et Loulou qui seront jugés le 27 août à Fort de France pour violences.
Ils ont été interpellés, en marge des émeutes qui ont eu lieu en juillet dernier devant le commissariat de Fort de France.

Lors de cette conférence de presse, les grands-parents du jeune Keziah sont venus le soutenir. Le jeune étudiant est accusé de violences à l’encontre de personnes dépositaires de la force publique, ce qu’il dément.

En juillet dernier, une vidéo montrant des gendarmes s’acharnant sur lui, la tête baignant dans une marre de sang, avait choqué les Martiniquais y compris la classe politique. Elle avait fait le tour de la toile. Le procureur de la République avait justifié cette interpellation musclée par le fait que le jeune Keziah avait violemment frappé un gendarme à terre, ce qu’il dément.

Les membres du « Komité 13 janvié 2020 » réclament notamment l’accès au tribunal pour tous les Martiniquais qui le souhaitent, le 27 août, dans le respect de la distanciation sociale.
Ils entendent remettre au centre du débat le dossier du chlordécone, un dangereux pesticide qui a empoisonné plus de 90 pc des Martiniquais, éclipsé par les accusations de violences contre des policiers.

Ils reprochent par ailleurs à la justice sa réactivité à juger en comparution immédiate des militants anti-chlordécone, alors que plusieurs plaintes déposées par des associations de écologiques depuis une dizaine d’années, à Paris, pour obtenir justice contre les responsables des empoisonnements au chlordécone sont toujours en souffrance.

Photo : Archives PBK