Quand Mélenchon défend la « créolisation » de la société française, concept forgé par Edouard Glissant

Le leader de la France Insoumise (LFI) estime que la société française connaît « une sorte de créolisation » dont « il ne faut pas avoir peur », et entend défendre ce concept forgé par l’écrivain martiniquais Edouard Glissant selon lequel le métissage d’arts ou de langages « produit l’inattendu ».

Le 21 septembre 2020, pour la date anniversaire de la naissance de la Première République, Jean-Luc Mélenchon prononçait à la Maison de la Mutualité un discours sur la République à l’occasion du lancement du « think tank » de son parti, « l’Institut de la Boétie ».
Critiquant ceux qui tentent de diviser le peuple français sur des bases religieuses ou ethniques, Jean-Luc Mélenchon a défendu ce concept de « créolisation » forgé par Édouard Glissant et rappelé le sens de la laïcité : « l’indifférence de l’État vis-à-vis des religions ».

« Notre peuple s’est créolisé, le peuple français a commencé une sorte de créolisation qui est nouvelle dans notre histoire, il ne faut pas en avoir peur, c’est bien. On avance, on vit,» a-t-il lancé.

Mais cette transformation de la société française doit s’accompagner de la création d’une VIe République, a estimé Jean-Luc Mélenchon.

Avec cette créolisation, « nous avons besoin d’une nouvelle règle du jeu. Voilà pourquoi la VIe République est un besoin vital de la Nation française, » a déclaré le président de LFI dans un discours qui préfigure les idées qu’il pourrait développer dans une future campagne présidentielle.

« La créolisation, c’est un métissage d’arts ou de langages qui produit de l’inattendu. C’est une façon de se transformer de façon continue sans se perdre », expliquait en 2005, l’écrivain et penseur martiniquais, Edouard Glissant au journal Le Monde
À ceux qui l’accusent de communautarisme, le député LFI de Marseille se défend avec un autre concept celui de «la communauté légale, la seule communauté qui ait le droit d’exister», selon lui.

Il rappelle que la naissance de la République en France a résulté d’une conjugaison de crises sociales, écologiques et d’une crise des frontières. Elle a été le débouché politique de cette pensée humaniste qui proclame l’égalité entre les êtres humains, fait-il valoir, insistant sur le fait la République n’est pas un régime neutre. C’est une organisation de la société visant à atteindre l’intérêt général, c’est à dire à faire non ce qui est bon pour soi mais ce qui est bon pour tous, a-t-il expliqué.

Les lois qui se préparent sont des lois contre-républicaines », a-t-il accusé

Il a également critiqué le Président Emmanuel Macron qui « voudrait organiser la compétition des territoires, avec une loi dite de « différentiation » . « Ça veut dire des lois particulières, ce n’est plus la même loi pour tout le monde. Les lois qui se préparent sont des lois contre-républicaines », a-t-il accusé.Le gouvernement a adopté fin juillet un projet de loi visant à simplifier et donc multiplier les expérimentations par les collectivités locales, suivant le souhait d’Emmanuel Macron de permettre « plus de différenciation » entre les territoires.

Selon Jean-Luc Mélenchon, ce serait une brèche dans l’unité et l’indivisibilité de la République et de sa loi.Jean-Luc Mélenchon a enfin souligné que l’abstention massive du peuple français était un signal de la fin du régime de la monarchie présidentiel.