Quand sortirons nous de la haine pour construire ensemble la Martinique ?

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« Quand sortirons nous de la haine pour construire ensemble la Martinique ? » C’est la question que se pose Karine Mousseau dans une tribune après la destruction d’un hangar à bananes au François.

« Après l’entrée en force à ATV, après les insultes aux touristes, après le saccage récent de crèches de Noël à Bellefontaine et Case-Pilote, cette nuit, une poignée d’individus a encore choisi la violence pour exprimer sa rage. Ils ont détruit un hangar à bananes au François à coups de cocktails molotov, se posant ainsi en juges et parties d’un tribunal qui sanctionne sans autre forme de procès.

Entendent-ils imposer par la force leur vision d’une Martinique divisée où certains seraient des cibles désignées ? Quand bien même la dernière campagne publicitaire « Banane de Martinique » aurait ravivé les cendres d’un dialogue qui peine à s’établir, aucune justification ne peut être trouvée à un tel acte.

Ce faisant, ils se moquent des conséquences sociales pour les familles des 50 martiniquais travaillant dans cette structure. Ils se moquent des fonds investis, notamment publics, pour la rénover et moderniser. Ils entendent en fait attiser la haine sur notre territoire, se sentant probablement légitimés par les propos de certains responsables politiques. En effet, certains politiques font preuve, au mieux, d’une indulgence calculée tandis que d’autres cautionnent ouvertement le rejet d’une partie de la population, systématiquement désignée comme la source de tous nos maux. C’est évidemment bien plus facile pour un politique que de s’interroger sur ses propres défaillances !

Jamais, ni moi, ni les membres de mon groupe politique Ba Péyi-a An Chans n’accepteront de céder à l’intimidation ou aux appels à la violence. Les événements récents aux Etats-Unis nous montrent ce que l’incitation à la haine peut provoquer.

Acceptons enfin de nous parler ! Acceptons enfin de mettre à plat les problèmes qui rongent notre société, sans faux-fuyants et sans faux-semblants. La situation de la Martinique exige une prise de hauteur et une réflexion partagée, qui va au-delà des affects. C’est le seul moyen de s’attaquer durablement aux principaux défis que nous devons relever ensemble : la résorption des inégalités économiques et sociales, l’adaptation du marché de l’emploi, la préservation de notre environnement et notre santé, le mieux-vivre ensemble.

Plus que jamais faisons le pari de #ConstruireEnsemble la Martinique de demain, que nous retrouvions confiance et audace pour l’avenir !

Karine MOUSSEAU, au nom du Groupe Ba Péyi-a An Chans »