« Que cherche l’Etat français en Martinique ? » s’interroge Francis Carole après les affrontements au CHUM

Après les échauffourées entre forces de l’ordre et syndicats de santé opposés au passe sanitaire, sur le site du CHU de Martinique, Francis Carole conseiller territorial s’est exprimé sur Facebook au nom du Palima ( Parti pour la libération de la Martinique) :

« Que cherche l’Etat français en Martinique ?
On peut piquer les veaux, vaches, cochons sans leur demander leur avis.
On ne peut pas vacciner des femmes et des hommes de force, sans leur accord.

Le constat est simple : seuls 35% de Martiniquais sont vaccinés au moment où nous écrivons. On peut s’en réjouir, ou s’en plaindre, ou le regretter, ou en désespérer. Qu’importe ! Les faits sont là, qu’ils plaisent ou non.

C’est donc de cette réalité concrète que l’on doit partir si l’on veut construire une véritable stratégie sanitaire et si on cherche réellement à combattre l’épidémie avec une certaine efficacité.

L’occupation militaire, le vendredi 15 octobre, du Centre Hospitalier Universitaire Pierre Zobda-Quitman contre le mouvement des soignant.e.s et les violences que cette situation inédite a générées montrent l’absurdité de la stratégie de l’Etat.
Comment peut-on faire le choix, en pleine période d’épidémie, de créer une crise sociale supplémentaire qui n’aboutira qu’à désorganiser encore plus le système de soins en Martinique et conduire à l’explosion ?

Comment peut-on, dans un contexte de pauvreté galopante et de tensions au sein de la société martiniquaise, décider de priver des centaines de femmes et d’hommes de leurs revenus ?
Comment peut-on imaginer que les travailleurs martiniquais se laisseront, sans réagir, remplacer par des soignants venus de l’hexagone ?

Comment enfin peut-on oser espérer que cette mise sous pression constante de la très grande majorité de la population puisse véritablement convaincre la population d’aller se faire vacciner ?

Tout cela est contreproductif, idiot et extrêmement dangereux !
Nous avons, très tôt, expliqué que le pass sanitaire était inapplicable en Martinique et qu’il aggraverait les désordres existant déjà. C’est à cette conclusion qu’aboutit tout esprit logique, indépendamment de nos positions sur le vaccin.

Puisque les élu.e.s de la CTM semblent s’être rangé.e.s docilement derrière la stratégie de pressions inacceptables de l’Etat français sur le peuple martiniquais, nous exigeons, une fois de plus, une dérogation à l’application du pass sanitaire en Martinique et la mise en place d’une stratégie sanitaire concertée permettant de sauver des vies, en utilisant tous les moyens de lutte contre l’épidémie à notre disposition.

Francis CAROLE
MARTINIQUE
Dimanche 17 octobre 2021 »