Réaction de la CGTM à propos de la mobilisation du 17 novembre

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Ci-dessous la réaction de la CGTM à propos de la mobilisation du 17 novembre : « Défendons avec lucidité nos intérêts »

« Depuis plusieurs jours circulent sur les réseaux sociaux des appels pour bloquer le pays le samedi 17 novembre 2018. La cause de cet appel à la mobilisation est la dernière hausse des taxes décidée par le gouvernement qui vient alourdir encore plus le prix au litre des carburants, et notamment celui du gazole. Ce dernier est aujourd’hui considéré comme carburant polluant, après que son utilisation était autrefois encouragée par tous les gouvernements.

En Martinique, le prix des carburants est une vraie préoccupation. Il a d’ailleurs été à l’origine de la grande mobilisation de février-mars 2009. En effet, des milliers de travailleurs sont contraints d’acquérir un véhicule personnel pour aller travailler, à cause de l’inexistence d’un transport public digne de ce nom. Et le coût significatif du carburant dans les budgets ne laissent pas insensibles à cet appel au blocage, largement relayé dans la presse.

Dans cette campagne de protestation contre la hausse des taxes sur les carburants, certaines prises de position favorables à cette initiative conduisent à s’interroger sur la soi-disant indépendance des initiateurs de ce mouvement et les véritables commanditaires. En effet, les partis de droite et d’extrême droite qui appellent ouvertement à soutenir cette manifestation du 17 novembre sont exactement les mêmes qui crient à la « prise en otage de la population », à « l’atteinte à la liberté de travailler et de circuler », à « la mise à mal de l’économie » chaque fois que les travailleurs se mobilisent pour la défense de leurs intérêts. A peine plus discrète est la bienveillance avec laquelle les patrons, notamment ceux du transport, voient cette manifestation. Ce qui doit conduire à s’interroger sur les véritables raisons et auteurs de cet appel à la mobilisation.

Les travailleurs sont les plus impactés, vu le niveau de leur salaire, lorsque les prix augmentent. Ils ont de ce fait de bonnes raisons de protester contre l’évolution à la hausse des prix des produits. Mais ils doivent le faire en ayant comme seule préoccupation la défense de leurs propresintérêts. Dans le contexte actuel, c’est celui de la défense de leur pouvoir d’achat. Et la seule façon de s’opposer à la baisse continue de leur niveau de vie est d’exiger l’augmentation des salaires, des retraites et des allocations. Et pour que cette augmentation ne soit pas annulée ensuite, il faut que les revenus du monde du travail suivent automatiquement les hausses de prix et l’inflation.

Dans ce concert de protestations, c’est la revendication que doivent défendre les travailleurs
Pour le Bureau
Le Secrétaire Général
Gabriel Jean-Marie »