Reconnaissance de la Palestine: Les forces du symbole

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L’Assemblée nationale de la France vient d’adopter une résolution visant à la reconnaissance d’un Etat palestinien par le gouvernement. Le Conseil Régional de la Martinique s’en félicite.

La France parlementaire rejoint ainsi de nombreux pays de par le monde, et quelques-unes des chambres de son espace européen, à savoir : l’Irlande, la Grande Bretagne, l’Espagne… La diplomatie ordinaire et les vetos (verrouillés depuis des décennies dans les grandes institutions internationales) ne permettent pas l’émergence d’une solution négociée entre Israël et la Palestine.

Les générations successives n’ont connu qu’une prolifération de chemins avortés et d’impasses sans espoir. Le cycle des violences, les proximités irrémédiables, ont engendré des complexités humaines et territoriales qui s’imposent aujourd’hui aux consciences du monde. L’Etat d’Israël ne saurait envisager le moindre avenir sans garantir le plein exercice d’un Etat palestinien ; et celui-ci, dans sa légitimité, ses droits et devoirs, sera forcé de reconnaitre la présence à ses côtés d’une légalité israélienne comme garantie de la sienne.

Nous émettons le souhait que tous les pays du monde, toutes les instances étatiques ou citoyennes, poursuivent ce processus de reconnaissance horizontale. Nommer la Palestine aujourd’hui, l’acclamer sans attendre comme l’a déjà fait la Suède, c’est refuser que seuls le déni, la violence, l’arbitraire, l’injustice et la force président à la résolution de cette tragédie. Peuvent aussi intervenir — dans la beauté du geste et les forces du symbole — la compassion, le sens de la justice, la décence et les vertus réaffirmées du droit international.

Serge Letchimy
Député de Martinique
Président du Conseil régional