Rencontre : A Paris, la famille du guide tué est sidérée « Je le revois encore, mon neveu, si gentil ! »

Sa tante tient un magasin de tous produits dans la ville de Bagneux, elle n’en revient pas. « Ce petit je le revois encore » raconte tristement la béninoise. Elle rentre dans un mutisme total, rend la monnaie comme par automatisme. Sidérée ! Son neveu, « dans un pays si tranquille jusqu’à aujourd’hui », marmonne -t-elle. La tante connait bien Justine la mère du guide lâchement tué. Ils habitent tous au Nord du pays dans la ville de Nattintingou. Même s’il ne s’appelait pas souvent mais « Fiacre est un enfant de la famille ».

Retour sur une histoire terrible qui se déroule au Bénin, berceau de la religion vaudou, ce pays francophone était de 1600 à 1900, le territoire de l’ancien Royaume de Dahomey.

Le 1er mai dernier lors d’un safari dans le parc de la Pendjari en Afrique de l’Ouest, deux Français sont enlevés par des terroristes djihadistes. Fiacre Gbédji, un guide très expérimenté accompagnait les touristes dans le parc de la Pendjari, une zone protégée de 4 700 kilomètres carrés, située à l’extrême nord-ouest du pays, dans le département de l’Atacora.

 

Le dimanche 5 mai 2019, à quelques kilomètres de la frontière avec le Burkina Faso, le cadavre de Fiacre Gbédji, le guide des deux touristes français, est retrouvé dévoré par des vautours. Le béninois de 36 ans faisait partie de la trentaine de guides accrédités pour conduire les touristes comme Patrick Picque et Laurent Lassimouillas, à travers le parc de la Pendjari, qui s’étend sur 4 700 km2. Fiacre Gbédji s’est fait surprendre par les terroristes djihadistes. A cette période de l’année, le niveau d’eau des rivières qui naturellement sert de frontière aux deux pays, (le Benin et le Burkina Faso) est très bas.

Vendredi 10 mai 2019, les forces spéciales françaises libèrent quatre otages, dont les deux touristes français enlevés le 1er mai au Bénin, Patrick Picque et Laurent Lassimouillas. Durant cette opération militaire au Burkina Faso, le maître Cédric de Pierrepont (originaire du Morbihan), et le maître Alain Bertoncello (originaire de Savoie), deux officiers de marine perdent la vie pendant l’assaut.

La justice béninoise, quant à elle, a ouvert « une information judiciaire »  dans le but de déterminer les causes et conditions ayant entraîné la disparition des deux Français et la mort du guide Fiacre Gbédji.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
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