Rencontre entre les Présidents de Régions de France et le Premier Ministre à Matignon Paris

Le Président Alfred Marie-jeanne et les Présidents de Régions de France se sont entretenus ce jour avec le Premier Ministre, accompagné de plusieurs Ministres du Gouvernement.

Cette rencontre intervient quelques semaines après « l’Appel de Marseille pour les libertés locales » porté par Régions de France, l’Association des Maires de France et l’Assemblée des Départements de France, et juste avant la tenue du Conseil des Régions de France prévu en Martinique le 23 octobre 2018.

Les Présidents de Régions ont tous réaffirmé la nécessité du respect de leurs compétences. Ils ont exprimé leur inquiétude face aux réformes imposées par le Gouvernement qui mettent en péril l’équilibre financier des Régions et génèrent frustrations et exaspérations de la population.

Alfred Marie-Jeanne a insisté sur le besoin d’une concertation plus ouverte et mieux appropriée :« Comprenez que le dialogue doit être adapté aux circonstances, pour le respect des responsabilités et leur amplification. Il ne saurait y avoir de restriction ».

Il a par ailleurs interpellé le Premier Ministre sur l’augmentation de la fiscalité sur le rhum AOC qui serait désastreuse et fatale à la filière en Martinique.

Alfred Marie-Jeanne s’est aussi exprimé en tant que Président de la Commission Outre-mer de Régions de France : « Le droit à la différenciation territoriale doit être débarrassé de toute forme de ségrégation. La responsabilité ne doit pas être bridée, mais libérée. L’essentiel, c’est la concertation très ouverte avec l’Etat, en vue d’une évolution permanente des territoires, bien sûr, en tenant compte des spécificités de chacun d’entre d’eux et en n’imposant pas le même moule à tous ».

Cette rencontre s’est déroulée dans un climat constructif, des mesures ont été annoncées par le Premier Ministre.

La méthode ayant été validée, les Présidents de Régions restent dans l’attente d’avancées significatives du Gouvernement.

Ci-dessous l’Intervention d’Alfred Marie-Jeanne, Président de la Collectivité Territoriale de Martinique lors de la Rencontre avec le Premier Ministre Edouard Philippe Vendredi 19 Octobre 2018, à Matignon Paris

«Renouer le dialogue et dénouer les incompréhensions telles sont les raisons de ma venue ici»

Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Présidents et représentants de Collectivités,
Mesdames et Messieurs

Monsieur le Premier Ministre, le dialogue que vous avez instauré l’an dernier n’a pas porté les fruits escomptés. Elle a pris l’allure d’une guerre larvée, remettant de façon inopportune les compétences et les prérogatives des Collectivités.
Quant à l’Outre-mer, la porte d’entrée désignée est le Ministère du même nom ; en toute logique, ses moyens d’interventions doivent être consolidés et amplifiés.

En Outre-mer, l’expérimentation ressort du quotidien. Il importe donc :
• de dépasser le cadre de l’habilitation et de l’expérimentation,
• d’avoir une programmation échelonnée, que l’on doit sanscesse améliorer.

En Martinique, nous sommes dans un cas d’espèce : Une Collectivité unique à double titre.
Des défauts de fabrique ont été repérés et portés à maintes reprises à votre connaissance. Il faut urgemment les corriger.

Des réajustements sont à prévoir incessamment pour conforter la mise en place de l’autorité organisatrice unique de transports, j’ai nommé Martinique Transports.

Nous devons aussi être davantage en phase avec notre bassin de vie, pour nos entreprises, pour nos étudiants et pour nos chercheurs. Nos adhésions respectives à l’Association des Etats de la Caraïbe et à l’Organisation des Etats de la Caraïbe de l’Est sont de vrais apprentissages de l’intégration régionale et de la coopération fonctionnelle ; intégration et coopération qu’il nous faut rendre plus performants.

A cet égard, la Conférence de Coopération Régionale organisée tout récemment en Martinique a démontré qu’il subsiste encore trop d’entraves qu’il vous appartient de lever.
Monsieur le Premier Ministre,
Le droit à la différenciation territoriale doit être débarrassé de toute forme de ségrégation.
Sans écoute, il y a fragilisation de nos territoires.

Pour exemple, je viens juste d’apprendre que le rhum AOC de Martinique, porteur de développement économique confirmé pour notre territoire, créateur d’emplois et de promotion pour un tourisme thématique très en vogue (le spiritourisme) risque, du jour au lendemain, par un amendement proposé sans mesures d’évaluation spécifiques à notre île, et contrairement à toute attente, de voir sa fiscalité multipliée par 6 sur la Vignette Sécurité Sociale, entraînant de facto une augmentation des prix consommateurs de 40 à 50%. Cette augmentation, si elle est maintenue, sera fatale à la pérennité de cette filière.

Comprenez que le dialogue doit être adapté aux circonstances pour le respect des responsabilités et leur amplification. Il ne saurait y avoir de restriction.
La responsabilité ne doit pas être bridée, mais libérée.

L’essentiel, c’est la concertation très ouverte avec l’Etat, en vue d’une évolution permanente des territoires, bien sûr, en tenant compte des spécificités de chacun d’entre d’eux et en n’imposant pas le même moule à tous.

Merci de votre engagement, Monsieur le Premier Ministre. Mèsi Anpil, Mèsi Anchay
Alfred MARIE-JEANNE
Président de la Collectivité Territoriale de Martinique