Rentrée de l’Université des Antilles : Alfred Marie-Jeanne s’adresse aux étudiants

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La rentrée de l’Université des Antilles 2018-2019 a eu lieu ce mardi 04 septembre sur le campus de Schoelcher. Plus de 2000 étudiants sont inscrits en Martinique et la Guadeloupe comptabilise près de 3500 inscriptions.

Au delà du soutien financier de la CTM, lors son discours, Alfred Marie-Jeanne, Président de la Collectivité Territoriale de Martinique, a adressé un message fort aux étudiants de l’Université des Antilles :

C’est d’abord à vous, étudiants que je m’adresse. Vous êtes ici par choix. Pour découvrir, comme le souhaitait Frantz Fanon, la mission de votre génération, la remplir ou la trahir.
Ces missions sont portées par des valeurs fondamentales et des principes que je veux pour terminer partager avec vous …

Discours d’Alfred Marie-Jeanne :

« Cette rentrée constitue un moment solennel, de la vie de notre Université.
J’ai souvent eu, en maintes circonstances, l’occasion d’exprimer mon attachement à notre Université.

J’étais sur tous les fronts contre les tentatives de son démantèlement et de son affaiblissement.
Car l’Université est la clé de voûte de notre édification, en tant que pays qui porte avec lui une histoire, une culture mais aussi une identité caribéenne bien ancrée.

A cet égard, la création de l’Université des Antilles-Guyane était une conquête, qui permettait à notre jeunesse qui le voulait bien, d’accéder aux études supérieures, sans avoir à s’expatrier obligatoirement. Ce n’était pas une contrainte, mais bien une option.

Il y avait aussi cette vision partagée, d’une université globale rayonnant sur la Caraïbe et le continent américain, soulignant les parentés historiques, mais aussi la similitude des problèmes humains, environnementaux et de développement à affronter de façon partagée.
L’histoire n’est pas sans soubresauts, la volonté d’origine qui était celle, de rassembler ce qui est épars, n’a pas résisté au désir de certains de faire cavalier seul.
Cet écart pourrait s’avérer une formidable opportunité, au regard des nouvelles donnes.

La loi du 25 juin 2015, a créé l’Université des Antilles, elle a maintenu l’idée d’une cohérence d’ensemble entre les pôles de Guadeloupe et de Martinique.
J’ai défendu vigoureusement cette position dans mes interventions à l’Assemblé Nationale, sans être entendu.

Aujourd’hui, il n’est ni de mon ressort, ni de ma volonté de m’immiscer dans le fonctionnement d’une institution indépendante. Je vous renvoie cependant à mes interventions en tant que Député sur la répartition des rôles et compétences entre les pôles et sur la conformation organisationnelle de ses compétences.

Disons-le tout net : L’Université des Antilles ne résistera pas à une alternance dominatrice.
Les instances administratives sont dépositaires d’une œuvre historique, œuvre qu’il s’agit de préserver, de renforcer et de faire prospérer.

A l’heure où les nouveaux moyens d’information et de communication ont rendu accessibles tous les savoirs, à l’heure où, plus aucune géographie ne constitue un obstacle à la soif de connaissance, nos étudiants sont partout, sur tous les continents, nous avons ce même devoir de cohérence et d’ouverture.

L’Université des Antilles, si elle doit, par l’originalité et la qualité de ses enseignements et de ses recherches, satisfaire la demande de nos futurs étudiants, elle doit également susciter l’intérêt de jeunes américains, de jeunes africains, de jeunes chinois intéressés par nos savoirs, notre histoire, notre culture et notre environnement.

C’est là le véritable objectif, le véritable défi ?
De fait, qu’en est-il de nos relations avec les universités voisines ?
Combien de conventions, de programmes d’échanges, de projet communs ?
Quelle évaluation de ce qui fut tenté ou réalisé? Quelles leçons, quels enseignements tirés ?

L’esprit de réforme et d’ouverture inscrit dans les gênes de cette institution l’autorise à se projeter avec confiance dans l’avenir.

Chacun des pôles, dans un partage des responsabilités bien compris, devrait pouvoir gérer avec ses partenaires territoriaux des projets qui impliquent l’institution universitaire dans son ensemble. Que ce soit pour adapter les enseignements à des besoins particuliers du monde économique et social ou plus largement au développement du territoire.

La Collectivité Territoriale de Martinique soutient l’Université. Reprenant les compétences des institutions qui l’ont précédée, elle finance chaque année l’enseignement supérieur et la recherche, dans tous les domaines. Ainsi, le dialogue entre l’Université et la Collectivité Territoriale de Martinique se perpétue de manière erratique depuis de nombreuses années et pour l’essentiel se résume à l’octroi de subventions.

Entre 2013 et 2017, c’est un montant total de sept millions, trente-neuf mille sept cent soixante mille euros, (7 039 760,00€), qui a été octroyé. Pour l’année Universitaire 2018, une demande de Subvention d’un montant de 856 247,75 € (693 872 ,00€ au titre du fonctionnement et 162375,75€ au titre de l’investissement) est en cours d’instruction.
Je vous rappelle par ailleurs, l’investissement de vingt millions (20 000 000€) consacré à la création du pôle santé.

Le partenariat de la Collectivité Territoriale de Martinique avec l’Université doit être amélioré. J’y suis disposé et ouvert à toutes propositions qui en faciliteraient l’expression à moyens constants, sans surenchère.

Je souligne que nous avons mis à disposition un cadre de la Collectivité et non des moindres, pour aider à la définition de la politique du pôle. L’Université doit être le reflet de ce que le pays a à offrir.

L’Université doit agir comme un aimant. Elle doit être un lieu vivant qui attire. Elle doit faire mieux connaitre ce qui s’y passe. Les travaux qui y sont réalisés. Les thèses qui y sont soutenus.
L’Université n’en a pas fini des scandales qui récemment encore ont entaché sa réputation. J’espère que les miasmes de ces affaires ne viendront pas polluer l’année universitaire qui commence.

C’est d’abord à vous, étudiants que je m’adresse. Vous êtes ici par choix. Pour découvrir, comme le souhaitait Frantz Fanon, la mission de votre génération, la remplir ou la trahir.
Ces missions sont portées par des valeurs fondamentales et des principes que je veux pour terminer partager avec vous.

– D’abord l’intégrité: l’Université doit fonctionner de manière honnête, éthique et digne de confiance. Elle doit créer une culture de responsabilité dans sa gestion pour garantir la pérennité de ses valeurs.
– Ensuite l’excellence: L’Université doit dispenser un enseignement répondant aux normes internationales et aux meilleurs pratiques aux vues des instances nationales de contrôle et d’évaluation.
– Enfin la diversité: L’université doit créer un environnement favorable de travail et d’étude ouvert qui favorise l’expression d’idées et de perspectives différentes.

Notre mission à nous politiques, est d’être le garant du respect de ces principes et de ces valeurs.

Sachez que, vous trouverez toujours auprès de moi, une disposition favorable au dialogue pour dessiner les voies d’un devenir plus éclairé, plus intelligible, plus digne, plus respectueux de nous-mêmes.

Mèsi Anpil ! Mèsi Anchay ! »