Saisie record de près de 600 kg de cocaïne en Guyane : Quatre interpellations dont une figure locale du syndicalisme

Quatre personnes ont été interpellées et incarcérées cette semaine en Guyane, après une saisie record de près de 600 kg de cocaïne sur le territoire, a annoncé le Procureur de Fort de France, en Martinique, Renaud Gaudeul.

L’une d’entre elles, Claude Domput, 56 ans, est une figure locale du syndicalisme de Dégrad-des-Cannes. « Je lui ai conseillé de garder le silence en garde à vue », a indiqué son avocat Me Jérôme Gay, selon qui « le profil » de son client « est en contradiction » avec une telle affaire.
Ces interpellations font suite à vaste opération anti-drogue, orchestrée par le Parquet de Fort de France, qui a permis la saisie en Guyane de 594 kg de cocaïne.

Les quatre individus sont âgés entre 26 et 56 ans, dont trois nés en Guyane, le dernier étant Haïtien.
Cette opération « inédite » a été menée dans le cadre d’une enquête judiciaire qui a mobilisé une cinquantaine gendarmes et une dizaine d’enquêteurs, a souligné le Procureur qui s’est félicité d’une excellente coordination entre magistrats, enquêteurs, police et gendarmerie.

La cocaïne destinée au marché européen aurait rapporté, une fois arrivée sur place, au moins 18 millions d’euros

Révélée en juillet, cette affaire a aussi permis la prise de 50.000 € en numéraire, plusieurs véhicules dont 3 de luxe, un jet ski et une motocyclette.

La cocaïne destinée au marché européen aurait rapporté, une fois arrivée sur place, au moins 18 millions d’euros à cette organisation criminelle présumée dont la filière de transport entre le Suriname et l’Europe transitait par les infrastructures portuaires de Guyane.

La technique employée consistait à polluer des containers légaux avec de la drogue qui était ensuite décharger en Europe, soit à l’intérieur du port, soit à l’extérieur.

Ce type d’organisation suppose des complicités dans les ports de départ et d’arrivée. La quantité de cocaïne découverte dans cette affaire correspond au transport de plus de 400 mules transitant par la voie aérienne depuis la Guyane.
Grâce aux investigations conjointes de l’OFAST (Office anti-stupéfiant) Antilles-Guyane et de la gendarmerie en Guyane, les enquêteurs avaient été alertés d’un départ imminent de cocaïne, fin septembre, à destination des ports
du Havre et d’Anvers. Une opération de police judiciaire a alors été déclenchée le 1er octobre 2020.

Les 594 kilogrammes de cocaïne étaient conditionnés en 18 sacs en toile. Ils ont été retrouvés dans un véhicule aux abords du port de Dégrad des Cannes à Remire-Montjoly (Guyane).

Le conducteur et deux occupants d’un second véhicule se trouvant aux abords ont été interpellés. Le quatrième individu, mis en cause par les éléments de l’enquête, a également été interpellé à l’intérieur du port.

Leur transfert est prévu « cette semaine » en Martinique

À l’issue de leur garde à vue, les quatre individus ont fait l’objet d’un mandat d’amener avant d’être incarcérés, lundi soir, en Guyane dans l’attente de leur transfert prévu « cette semaine » en Martinique, selon le Procureur de Martinique, en charge de cette affaire. L’île est la juridiction interrégionale spécialisée pour ce genre de trafics.

Ils sont inculpés pour notamment importation et exportation en bande organisée de produits stupéfiants. Ils encourent jusqu’à 30 ans de prison.
L’enquête est toujours en cours pour connaître notamment l’ampleur du trafic. Le trafic de cocaïne entre la Guyane et Paris représente entre 15 et 20 % des entrées sur le territoire hexagonal, selon un rapport parlementaire remis mi-septembre par Antoine Karam, sénateur LREM de la Guyane.

L’un des inculpés est établit au Suriname, tandis que les trois autres demeurent en Guyane (à Matoury et Cayenne).

Deux d’entre eux sont sans profession, le troisième s’est déclaré orpailleur et négociateur en bois au Suriname, tandis que le dernier est employé dans une entreprise de transport maritime et manutention portuaire œuvrant sur le port de Remire-Montjoly.