« Sale négro tu seras pas maire » : Le martiniquais Steevy Gustave, candidat à la mairie de Brétigny, victime d’un tag raciste

Rédigé par : Melody Thomas, le
Publié dans : Actualites, France, Martinique
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Le martiniquais Steevy Gustave, candidat à la mairie de Brétigny pour les élections municipales 2020 a été visé par un tag raciste la semaine dernière.

« Sale négro tu seras pas maire ». C’est l’inscription que Steevy Gustave (EELV) a découvert dimanche matin sur le porche de sa maison.

Le conseiller municipal d’opposition et candidat à l’élection municipale de Brétigny-sur-Orge, se dit très choqué. Il  a déposé plainte ce lundi au commissariat d’Arpajon.

Déterminé, Steevy Gustave n’a pas l’intention de baisser les bras pour autant. « J’irai jusqu’au bout de ses élections » a-t-il déclaré au Parisien.

Il reçoit de nombreux soutiens sur les réseaux sociaux « Soutien total à Steevy Gustave, candidat EELV pour les municipales De Brétigny Sur Orge, qui a été victime d’injure raciste, des personnes ont tagué pendant la nuit sa maison d’un ‘Sale négro tu seras pas maire’. Immonde.
Ignoble. Et d’une immense lâcheté » a tweeté la militante martiniquaise Activiste Shatta.

Le martiniquais Valentin Narbonnais, un proche de Christiane Taubira écrit sur Twitter « Ces gens là ne gagneront JAMAIS mon Steevy Gustave. Ils déversent leurs exhalaisons putrides ? et nous leur répondons en continuant de Vivre… et d’Aimer ! Plus que jamais, « PA MOLI » frangin et force à toute la petite famille » 

Qui est Steevy Gustave :

Né à Arpajon le 5 février 1970 d’un père (martiniquais) militaire de carrière qui perd la vie en 1983 en service commandé à Djibouti, Steevy GUSTAVE et sa famille sont rapatriés en France, à Brétigny-sur-Orge dans l’Essonne où il découvre la danse et la culture hip-hop. Très rapidement, il occupe un rôle central dans le développement des pratiques artistiques liées à ce jeune mouvement qui arrive des États-Unis.

En 1987, il remporte le championnat de l’Essonne et crée ensuite une association « Concept of art » (danse contre délinquance) dont le but était de sortir les jeunes des cités en les intéressant à l’art, à la danse, à la musique, aux graffitis… tout en intégrant une dimension d’accompagnement scolaire.

En 1989, il participe au championnat d’Europe de break-dance et est nommé ZULU KING prix décerné par L’américain Africa Bambaataa pour ses actions en faveur des jeunes des quartiers.

En 1990, n’ayant toujours pas de salle de danse pour entraîner les jeunes, il décide, par le biais des médias, de dénoncer la politique du maire de ma ville (émissions « C’est pas juste » et « Ciel, mon mardi ! »).

En 1991, il produit le premier disque de R’n’B en France, « New Jack Swing » et devient également papa.

En 1993, il rencontre France Gall et deviens son chorégraphe. Concert à Bercy puis Pleyel en 1994 et l’Olympia en 1996, il accompagne France Gall à Los Angeles pour l’enregistrement de l’un de ses albums avec des musiciens de renom (Stevie Wonder, Prince…).

En 1995 il fait parti de la liste d’union de la gauche aux élections municipales de Brétigny-sur-Orge et fais un procès à M. de Boishue, secrétaire d’état à l’enseignement supérieur (Gouvernement Jupé) pour complicité de diffamation raciale, il remporte ce procès et le ministre est remercié lors du remaniement de 1995.

En 1996, il intègre une compagnie de danse, « La Compagnie articulation », et joue dans la première pièce de théâtre contenant de la danse hip-hop (tiré d’une nouvelle de Vincent Ravalec) : Vol Plané.

En 1999, il met fin à sa carrière de danseur.

En 2001, il décide de se lancer en politique,pour attirer l’attention de l’opinion et des élus sur les inégalités sociales et économiques ainsi que leurs conséquences dans la société française.
De la il se présente aux élections municipales de Brétigny-sur-Orge et, contre toute attente pour un score de 12,38% au premier tour et 10,74 au deuxième. Étant le seul élu de sa liste il devient conseiller municipal d’opposition.

En 2002, il crée le festival « Lézard de rue » et organise « Orignal B.Boy Contest », grand concours de danses où il fait venir les meilleurs artistes des quatre coins du monde avec le projet de faire découvrir des spectacles gratuits, de qualité et accessibles à tous.

En 2004, il participe à l’élaboration du concert des vingt ans d’SOS racisme. Responsable des projets événementiels et directeur du pôle culturel de cette association depuis 2005, il professionnalise avec l’Uejf « Rire contre le racisme » (un spectacle comique diffusé sur France 4 puis sur France2)

En 2006, il fait parti des négociations sur les sans-papiers de Cachan où il mobilise ses amis artistes et arrive, accompagné d’SOS Racisme et France Terre d’ Asile, à faire plier le gouvernement (460 personnes relogées et régularisées).

En 2007, il continue à mobiliser les artistes mais, cette fois, autour de Ségolène Royal lors des présidentielles et contribue ainsi au succès du concert de Charlety avec 60 000 spectateurs.
Puis le 14 octobre 2007 il organise pour SOS racisme, Charlie Hebdo et Libération un grand concert contre le principe des « tests ADN » avec plus de 300 000 signataires.

En 2008, il devient adjoint au Maire à la Citoyenneté, Démocratie et à l’Egalité des chances.

En janvier 2009, il devient chroniqueur musical dans une émission consacrée à la culture, au cinéma et à la musique (« Bis » sur la chaîne Cap 24).

Le 6 juin 2009, il rencontre Michelle et Barack Obama à la préfecture de Caen lors de la journée de commémoration du débarquement.

En 2010 il organise, pour une ONG géorgienne, le plus gros concert de l’histoire de la Géorgie à quelques mètres de la ligne d’occupation russe à Zougdidi où 85 000 personnes étaient présentes. les artistes :Youssou’n’dour, Mc Solaar, Jane Birkin et Youssoupha étaient du voyage.
il participe ensuite au disque de soutien pour la catastrophe en Haïti : « Un geste pour Haïti » avec Charles Aznavour, Zazie, Grand Corps Malade initié par Trace tv et ( benji Jacky et passy …)
Dans la même année,il produit pour SOS racisme, La Règle du jeu et Libération la manifestation : Touche pas à ma Nation.

Le 10 mai 2011 il croise François Hollande à bastille lors du concert pour le 30 ans de la victoire de François Mitterrand et et lui propose son aide sur la campagne présidentielle. François Hollande lui répond : « Oui Steevy j’ai besoin de toi  »

(Biographie de Steevy Gustave publiée sur sa page Facebook)