Sargasses : Une vidéo montrant le taux d’hydrogène sulfuré au Robert inquiète les internautes

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Au lendemain de la visite de Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique et d’Annick Girardin, ministre des outre mer, une vidéo montrant les mesures d’hydrogène sulfuré au Robert en Martinique datant d’hier, mardi 12 juin, inquiète les internautes.

« Une fois mortes, les algues de type sargasses, échouées sur les côtes martiniquaises, entrent en putréfaction et les gaz générés peuvent présenter des dangers pour le public » indique l’ARS. Point sur les mesures d’hydrogène sulfuré en Martinique ce mardi 12 juin à voir ici

Regardez la vidéo partagée des centaines de fois sur les réseaux sociaux :

Voici ce que nous apprend Wikipédia sur l’hydrogène sulfuré :

Effets du sulfure d’hydrogène sur les humains, selon la concentration !

4 ppm : Odeur modérée, facilement détectable
10 ppm : Irritation des yeux
27 ppm : Odeur désagréable
100 ppm : Toux, irritation des yeux, perte de l’odorat au bout de 2 à 15 minutes
200-300 ppm : Inflammation des yeux et irritation de l’appareil respiratoire au bout d’une heure
500-700 ppm : Perte de conscience et mort éventuelle au bout de 30 à 60 minutes
800-1 000 ppm : Perte de conscience rapide, arrêt de la respiration et mort
> 1 000 ppm : Paralysie du diaphragme dès la première inhalation, asphyxie rapide.

Relation odeur-santé :
Le seuil de toxicité du sulfure d’hydrogène est de 14 mg m−3, tandis que son seuil de perception olfactive chez l’homme est de 0,00066 mg·m-3 soit (0,004 ppm), c’est-à-dire que notre système olfactif est capable de détecter cette substance en très faible quantité. Ceci nous permet d’être alerté avant une absorption pouvant être toxique, à condition que l’accroissement de la concentration de gaz ne soit pas instantanée (cas des poches de gaz dans les réseaux d’assainissement).

Cependant, à partir d’un certain seuil, facile à atteindre (100 à 150 ppm), le nerf olfactif est paralysé et le sujet ne sent plus rien.

Le sulfure d’hydrogène, ou hydrogène sulfuré, est un composé chimique de formule H2S, constitué de soufre et d’hydrogène. C’est un gaz inflammable, incolore, à l’odeur nauséabonde d’œuf pourri, très toxique, faiblement soluble dans l’eau en donnant un acide faible, l’acide sulfhydrique. Il réagit avec les solutions aqueuses basiques et les métaux tels que l’argent ou l’acier, même inoxydable.

Le sulfure d’hydrogène est considéré comme un poison à large spectre. Il peut donc empoisonner différents organes. L’inhalation prolongée de sulfure d’hydrogène peut causer la dégénérescence du nerf olfactif (rendant la détection du gaz impossible) et provoquer la mort juste après quelques mouvements respiratoires. L’inhalation du gaz, même en quantité relativement faible, peut entraîner une perte de connaissance.

L’exposition à des concentrations inférieures peut avoir comme conséquence des irritations des yeux, de la gorge, une toux douloureuse, un souffle court et un épanchement de fluide dans les poumons. Ces symptômes disparaissent habituellement en quelques semaines. L’exposition à long terme à de faibles concentrations peut avoir pour conséquence : fatigue, perte d’appétit, maux de tête, irritabilité, pertes de mémoire et vertiges.

Dans certaines conditions, une production endogène de H2S est possible dans l’intestin (ainsi que d’amines, phénols, indoles, thiols, CO2, H2) par les bactéries intestinales ; ces métabolites sont tous toxiques et pourraient jouer un rôle dans certaines maladies intestinales17.

Les études sur des animaux ont prouvé que les porcs ayant mangé de la nourriture contenant du sulfure d’hydrogène ont eu des diarrhées après quelques jours et une perte de poids après environ 105 jours.

Mark Roth, biochimiste de l’Université de Washington à Seattle, a montré que des souris inhalant durant quelques minutes une faible dose de sulfure d’hydrogène (80 ppm) perdent connaissance et sont plongées dans un état de vie suspendue18, leur température chute de 37 °C à 25 °C environ19 et leur respiration est ralentie (de 120 à moins de 10 respirations par minute). Leur métabolisme est ralenti et leurs cellules consomment alors moins d’oxygène. Après 6 heures, les souris ont été ré-exposées à un air normal et se sont réveillées en bonne santé. Dans ce cas, les chercheurs n’ont noté aucun effet secondaire évident. Cela laisse penser « qu’il est possible de baisser le niveau métabolique à la demande » selon Roth, qui ajoute que bien que ces découvertes puissent avoir des implications dans le domaine de l’exploration spatiale, son équipe travaille d’abord sur des débouchés médicaux20.

Ce pourrait aussi être un moyen de limiter les effets de stress oxydant induit par les radiations lors de vols spatiaux longs. Les blindages anti-rayonnement cosmique sont lourds et couteux, aussi recherche-t-on des alternatives chimiques et biologiques. Des gaz médicaux radioprotecteurs pouvant piéger les radicaux libres sont une piste (le CO, H2, NO, et le gaz H2S sont étudiés dans cet espoir, visant aussi à limiter des maladies impliquant le stress oxydatif (maladies cardiovasculaires ou inflammatoire chronique, hypertension, ischémie, cancer, maladie de Parkinson, maladie d’Alzheimer, cataractes, et vieillissement). Le traitement pourrait passer par l’inhalation de mélanges gazeux ou par l’ingestion d’eau avec des gaz dissous.