Sept femmes nues dans Londres, elles dénoncent les diktats et le manque de diversité dans la mode

A Londres, en plein cœur de l’hiver, sept femmes ont envoyé un message fort aux créateurs et personnes qui évoluent dans le secteur de la mode. En posant devant un des magasins féminins le plus emblématique de l’industrie de la mode, les militantes dénoncent le peu de diversité dans le mannequinat, les exigences des grands couturiers et les contraintes imposées aux directeurs de castings.

Comme le rapporte le magazine Closer, Joanne Morales est une business woman qui en créant sa marque de lingerie Nunude a bousculé les idées toutes faites des grands couturiers. Comme d’autres activistes de la mode, Joanne Morales comme Sylvia Mac estiment que les mannequins qui défilent sur les podiums doivent ressembler aux clientes qui fréquentent les boutiques. Selon elles, les diktats imposés par les créateurs doivent être bannis pour permettre à toutes les femmes de s’assumer entièrement peu importe leur poids ou leur taille.


Devant le magasin Victoria’s Secret à Londres

Pour être vues, les deux militantes et cinq autres femmes ont choisi le magasin Victoria’s Secret, situé à Oxford Street, une avenue très fréquentée dans le centre de la capitale. Comme les mannequins fidèles à la marque, certaines ont fait le show, arborant les ailes des Anges de Victoria’s Secret, le symbole de cette marque de lingerie féminine.

Londres

L’idée était de protester sans violence contre les critères de recrutement dans la mode, de fustiger tous ceux qui emploient des femmes extrêmement maigres et grandes, sans cicatrices, sans blessures apparentes, des femmes jugées parfaites dans les Fashions Shows. Presque nues, devant les passants et boostées par une température hivernale, les sept femmes en mini tenues de couleur chaire, célébraient la diversité en sept nuances.

Cette action menée à quelques jours du dernier défilé de la marque Victoria’s Secret, créée par l’américain Roy Raymond en 1977, souligne le travail accompli par cette entreprise sauvée de la faillite en 1982 par Leslie Wexner.


A la fin des années 1970, mal à l’aise et très gêné d’être vu comme un pervers, quand il entrait dans les magasins de lingerie pour femmes, le visionnaire, Roy Raymond a lancé la marque Victoria’s Secret. Avec l’ouverture de plusieurs boutiques (pour les femmes) et ses ventes par correspondance (catalogues pour hommes), le visionnaire Roy Raymond contribuera à la révolution féminine das les années 1980.

Winnie Harlow au dernier défilé de Victoria’s Secret

Aujourd’hui, le corps des femmes est sublimé et montré grâce à la lingerie féminine qui les met en beauté. Si la marque tente de valoriser des mannequins noirs et métis et propose des lingeries de différentes tailles, les femmes réclament encore plus, qu’on ne cache plus les cicatrices, les mutilations, bourrelets ou les imperfections qui couvrent les femmes en général. Le but pour les activistes de la mode : S’identifier aux mannequins qui sont censés les faire rêver.


 The 2018 Victoria’s Secret Fashion Show

Un dilemme pour tous les directeurs de castings dans le monde. Dans le mannequinat, la concurrence reste rude pour les jeunes filles qui sont enrôlées dès l’âge de 14 ans et qui signent leur premier contrat à l’âge légal de 16 ans. Elles n’ont qu’une obsession : Être des canons de la mode et répondre aux demandes des couturiers qui cherchent des types précis de Tops models.

Défilé Victoria’s Secret 2018

Comme le confirme ce reportage dans La Parisienne, en septembre 2017 :  « Des agents, sorte de nounous, leur dictent comment s’habiller, marcher, s’affirmer. « Ce sont des diamants bruts qu’il faut savoir polir ». Toutes rêvent d’un contrat durable et de revêtir les plus belles robes du monde. Et cet espoir a un prix. Un mannequin photo taille du 36. Celles des podiums ne doivent pas dépasser 32-34. A elles de savoir quels sacrifices elles sont prêtes à faire ».


Duckie Thot

De légers progrès signent la volonté de se démarquer, comme Dior, Vuitton ou Gucci qui ont signés une charte n’autorisant ni les mannequins trop jeunes, ni les tops trop jeunes dans leurs défilés. C’était aux Fashions Weeks de 2017, sur les podiums les mannequins sont toujours, très jeunes, très minces et caucasiens pour la plupart.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy

Images Harper’sBazaar/Zimbio.com/Vogue