Serge Bilé réagit au coup de gueule de Jacob Desvarieux sur l’absence des musiques du monde aux Victoires de la musique

Dans un post relayé des centaines de fois, l’écrivain et journaliste martiniquais réagit au coup de gueule du chanteur et guitariste  Jacob Desvarieux.

Le fondateur du groupe Kassav’, a poussé un coup de gueule sur la 1ère pour dénoncer l’absence des musiques du monde et des musiques urbaines aux Victoires de la musique (vidéo en fin d’article). « Le jour où nous aurons développé une économie parallèle, autonome et puissante, ce jour-là on nous prendra en compte » … écrit Serge Bilé :

J’ai entendu aujourd’hui le coup de gueule de Jacob Desvarieux qui dénonce à juste raison l’absence des musiques du monde et des musiques urbaines aux Victoires de la musique, ainsi que le manque de diversité parmi les nominés. Du coup, le guitariste et chanteur de Kassav songe à faire sa propre cérémonie pour valoriser les artistes et musiciens afro antillais. Comme on le comprend !! Faudra-t-il aussi dans le même élan faire notre propre chaîne nationale pour diffuser cette cérémonie et bien d’autres choses qui nous ressemblent dignement ??

En 2015, la nouvelle présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, estimait, elle-même, que le petit écran était occupé par les « hommes blancs de plus de 50 ans ». Que dire aussi du grand écran ?? Les acteurs noirs sont rares et servent souvent de faire valoir. Et pour peu qu’ils protestent, il se trouvera toujours quelqu’un dans leur milieu, comme Charlotte Rampling en 2016, pour parler de racisme anti blanc, ou de communautarisme, si ces contestataires viennent à réagir en faisant des films entre eux.

La liste est infinie des secteurs où l’invisibilité des Noirs est criante voire organisée. Même Stéphane Martin, l’ex directeur du musée du Quai Branly, déclarait début janvier, dans une formule malheureuse: « Je souhaite que le musée se colorise, nous sommes trop blancs ». Aujourd’hui, c’est simple, nous avons le choix entre deux voies. 1/ Continuer à nous plaindre en attendant qu’on nous fasse l’aumône et une (toute) petite place. 2/ Monter nos propres affaires et n’attendre rien de personne…

Le jour où nous aurons développé une économie parallèle, autonome et puissante, ce jour-là on nous prendra en compte. En vérité, celui qui est en position de force ne respecte que les forts et quand il ne contrôle plus la totalité du jeu il finit par faire de vraies concessions pour ne pas être perdant.