Situation critique au CHU de Guadeloupe où les patients affluent : Infirmiers libéraux de Martinique appelés en renfort

Alors que la Guadeloupe a été placée en « zone d’alerte maximale » de circulation du covid-19, le nombre de patients contaminés ne cesse d’affluer au CHU de l’île où 101 personnes ont été hospitalisées pour la seule journée de mercredi 23 septembre et 8 autres admises au service de réanimation.

Gérard Portecop, chef du pôle des soins critiques au CHU de Guadeloupe, n’a pas caché son désarroi, ce jeudi, face à la situation sanitaire et à l’afflux des patients.

« Malgré tous les efforts d’organisation, notre établissement a une situation qui se complique au niveau de l’accueil des patients affectés par la Covid, puisque nous avons procédé hier à 8 admissions dans notre service de réanimation, 22 passages au niveau des urgences Covid. Ce qui est très considérable et qui n’est pas sans poser de problèmes au niveau de l’aval avec toutes les difficultés pour assurer la prise en charge avec les moyens que nous avons » a-t-il fait savoir au micro de Guadeloupe la 1ère.

« Il faut reconnaître que nous avons besoin d’espace, de renforts pour faire face aux patients qui arrivent et qui ont besoin d’être pris en charge de manière optimale, que ce soit les patients Covid et les patients non Covid», a-t-il insisté.

Un afflux de patients qui coïncide avec l’appel lancé, la veille mercredi, par la directrice de l’ARS de Guadeloupe, Valérie Denux, pour mieux protéger les personnes fragiles, après le décès de 16 personnes la semaine précédente.

«Toutes les personnes fragiles, qui ont des comorbidités et des maladies chroniques (du diabète, de l’hypertension, des problèmes cardiaques, de l’obésité) doivent se protéger au maximum. C’est ce qui explique les 16 décès de cette semaine. Ce sont des personnes fragiles et lorsque le coronavirus frappe ces personnes, cela les met dans de telles difficultés que malheureusement, à l’hôpital, on a de grandes difficultés à les sauver et à faire en sorte qu’ils guérissent de cette maladie», avait déclaré Valérie Denux au micro de Guadeloupe la 1ère.

Et pour cause, depuis la fin du mois de juillet, le nombre de cas de covid-19 s’est accéléré sur l’île. Au cours de la semaine dernière 1.095 cas confirmés de covid-19 ont été recensés et 16 décès ont été enregistrés.

«Toutes ces personnes avaient pour points communs des pathologies telles que l’obésité, du diabète, de l’hypertension. La plus jeune avait 46 ans, la plus âgée 84 ans et 4 personnes avaient moins de 65 ans», a constaté l’Agence Régionale de Santé de Guadeloupe.

Pour lutter contre cette deuxième vague épidémique meurtrière, le gouvernement a décidé, mercredi, de placer la Guadeloupe en zone d’alerte maximale qui prévoit notamment la fermeture totale des bars et restaurants à partir de samedi.

Il a en outre prévu d’envoyer en renfort 37 militaires. Ce renfort sera composé de 29 personnels soignants du Service de santé des Armés ainsi que 8 militaires du régiment médical de l’Armée de Terre.

Des infirmiers libéraux sont également appelés à participer à cette lutte contre la Covid-19.
Comme lors de la première vague de l’épidémie, la solidarité sanitaire avec la Martinique et la Guyane a également été activée. Des infirmiers libéraux de Martinique et Guyane ont donc été appelés en renfort pour prendre en charge des patients.