Steevy Gustave repart en campagne, plus fort : « Je suis un combattant, pas une victime »

« Négro, oui, je le suis de père en fils. Mais dire que je suis sale et que je ne serais pas maire, ce sont deux mensonges que je réfute ». Candidat à la mairie de Brétigny-sur-Orge, pour les prochaines élections de mars 2020, Steevy Gustave ne se laisse pas impressionner par ce qu’il appelle des conneries : « J’ai l’habitude de prendre des coups de ceux qui propagent la haine. Mais mes combats sont beaucoup plus importants que ces conneries ».

Steevy Gustave n’a pas tardé à répondre à ses détracteurs qui lui ont laissé un message haineux, plus qu’intimidant, sur la façade de son domicile à Brétigny-sur-Orges dans la nuit de vendredi à samedi 11 janvier. Des mots qui font mal, reconnait le candidat qui estime que l’on « ne doit pas banaliser le racisme ». Ces mots font « mal à la famille et à tous ceux qui vous entourent » ajoute le brétignolais. Pour autant, Steevy Gustave ne veut pas être une victime « Je suis un combattant, ce sera ma seule réponse » confie-t-il.

«L’enfant» de Brétigny-sur-Orge, ne peut pas rester insensible à cette violence verbale, d’autant, pense Steevy Gustave que « ces gens là n’ont même pas d’arguments quand ils se vantent d’être racistes ». Artiste, animateur, personnalité publique, chef d’Entreprise, producteur audiovisuel, conseiller municipal, Steevy Gustave, né d’un père martiniquais et d’une mère cap-verdienne n’a qu’un seul objectif pour sa ville, propager des valeurs universelles à Brétigny.  Des valeurs pour restaurer « Le vivre ensemble, pour construire une alternative au projet de la majorité en place et refaire de Brétigny-sur-Orge, une commune attractive, où il fait bon vivre». Utopiste sans  doute, Steevy Gustave est surtout connu comme un citoyen dynamique dans la ville où il a grandi.

Ce militant pour la cause écologique a un programme bien ficelé pour faire de Brétigny, le poumon vert de l’Essone. Pour cela, quoi de plus naturel, pour ce membre d’Europe Ecologie les Verts, de faire un Pacte écologique pour sa ville. Préserver le patrimoine, les terres agricoles, la flore, le lac. C’est autour de ces idées que Steevy Gustave va œuvrer s’il devient le maire de la Ville de Brétigny-sur-Orge. Son programme, il le détaille, il y croit : « J’aurais la responsabilité d’être bon. Je veux être exemplaire » comme l’a été son père, mort au service commandé, pour la France, un jour de 1983.

Le fils de militaire regrette « qu’un vrai travail de l’Education national n’ait pas été fait pour lutter contre les inégalités, les discriminations et le racisme. On aurait pu vivre en communion ». Il n’est peut-être pas trop tard. L’autre projet de Steevy Gustave, est de créer un Pôle éducatif à Brétigny : « les jeunes dans cette ville se lèvent tôt, ils veulent réussir. Des espaces de co-working leur permettraient de travailler ensemble. L’entraide entre « les seniors et les jeunes pourraient se développer », car il faut construire des liens intergénérationnels, précise le candidat.

Un autre cheval de bataille, sera celui de la lutte contre toutes les addictions qu’il appellera le Pôle de bienveillance sur l’addiction.

L’insécurité grandissante dans tous les quartiers de la ville de Brétigny-sur-Orge encore gérée par l’équipe du maire Nicolas Méary (UDI) doit cesser. Steevy Gustave devra se donner les moyens pour : « mettre en place des médiateurs, augmenter les rondes policières pour que même les seniors puissent se promener avec sérénité dans la ville » recommande t-ilLe candidat Steevy Gustave a comme objectif aussi de combler le désert médical qui existe dans sa circonscription. Le but : « Donner envie aux jeunes médecins de choisir Brétigny-sur-Orge ».

Tous ces changements sont dans le programme du futur maire de Brétigny-sur-Orge qui se veut aussi être un haut-parleur pour les revendications des français d’Outre-mer. Si sa vie au quotidien se déroule à Brétigny, le conseiller municipal reste à l’écoute de ses proches et amis qui vivent de l’autre côté de l’Atlantique. Contre les pesticides à Brétigny-sur-Orges, Steevy Gustave est également opposé aux pesticides longtemps utilisés aux Antilles,  comme le chlordécone : « Un scandale d’Etat, un manque de solidarité » juge Steevy Gustave. Élu, il affirme que « rien ne l’empêchera de parler dans les médias de l’empoisonnement au chlordécone qui continue de faire des victimes dans la population antillaise».

« Le français que je suis, est bienveillant. C’est mon quotidien. C’est ce que je projette » avoue Steevy Gustave. L’homme a déjà traversé plusieurs décennies en multipliant les petits boulots, en se faisant remarquer comme danseur de hip hop, en étant chorégraphe de la chanteuse France Gall, en devenant collaborateur de Christiane Taubira ou en rencontrant le couple Michelle et Barack Obama. En 2001, Steevy Gustave décide de se lancer en politique, seul élu de sa liste il devient conseiller municipal d’opposition avec un score de 12,38% au premier tour et 10,74 au deuxième.

Steevy Gustave qui bénéficie d’une grande notoriété dans le milieu associatif et politique, est né dans la ville d’Arpajon au Sud-est de Paris. Il a cinq frères et sœurs (basés entre l’Europe et l’Amérique du Nord), l’homme qui a conduit une pétition contre le racisme, signée par 110 000 personnes, s’exprime en anglais, en créole cap verdien, en créole martiniquais. Autre fait d’armes pour l’antillais avant qu’il ne crée sa boîte de production dédiée à des émissions et des concerts militants, il était responsable (2005 à 2012) de l’exécution des projets événementiels au sein de l’organisation SOS Racisme.   Comme lui, son fils s’est installé pour un temps dans une ville étrangère. Aujourd’hui son unique fils vit à Wimbledon au Royaume Uni.

Maria, sa mère toujours à ses côtés dans les mauvais et les bons moments pourra dormir plus rassurée. Une plainte a été déposée pour déterminer les auteurs de ce tag raciste et le maire sortant Nicolas Méary, a condamné les propos sur son mur, de « scandaleux » et « d’inacceptables ».

Pour mettre un terme à cette vilaine polémique raciste et tranquilliser ses fans et prochains électeurs, Steevy Gustave a fait appel à ses souvenir en se rappelant un proverbe chinois de son défunt père, qu’il cite : « La bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe que je suis ». Une expression qui sied bien à cette campagne de médisances et d’insultes dont il souhaite tourner la page.

Prêt à tout pour sa ville, le martiniquais, combattant et républicain comme l’était Lucien Gustave son père, conclut, serein : « Je me sens bien dans cette France ».

Propos recueillis par Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram @C’news Actus Dothy Page
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