« Stop à la discrimination et au mépris au lycée agricole de Guadeloupe »

Rédigé par : Melody Thomas, le
Publié dans : Actualites, Guadeloupe
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Les agents contractuels sur budget de l’EPLEFPA de Guadeloupe se sont mobilisés du 7 au 15 mai 2019 en vue d’une amélioration de leur condition de travail.

Il avait été prévu une rencontre avec les différents partenaires institutionnels (DAAF, Conseil régional et direction) dans l’objectif de signer un relevé de décisions mais il n’y a toujours pas de proposition de rencontre à ce jour.

Le collectif des agents contractuels sur budget de l’EPLEFPA de Guadeloupe a donc adressé une lettre ouverte à sa direction leur direction pour se faire entendre :

Dis-moi où tu travailles et je te dirai quel est ton salaire.
Stop à la discrimination et au mépris au lycée agricole de Guadeloupe !

Depuis des années, nous, agents contractuels sur budget (ACB) de l’Etablissement Public Local d’Enseignement et de Formation Professionnelle Agricole (EPLEFPA) de Guadeloupe, réclamons une amélioration de nos conditions de travail, entre autres une revalorisation salariale ainsi que l’application intégrale de la prime de vie chère des 40% comme c’est le cas pour la majorité des contractuels de cet établissement ou dans les autres centres de formations agricoles publics de Guyane et Martinique.

Malgré nos doléances et nombreuses relances, aucune augmentation n’a été possible depuis 2008.

Pourtant tout le monde reconnait que les salaires sont très faibles voire les plus bas des centres de formation en Guadeloupe, et qu’il y a une véritable discrimination salariale.
Pour anecdote, certains salaires avoisinent le SMIC ; certains agents pourtant titulaires de Licence et de Master se retrouvent avec des modestes revenus soit près de 1600 euros après 10 ans d’ancienneté, équivalents à ce que perçoivent des assistants d’éducation du lycée agricole ou encore certains apprentis du CFAA bénéficiant des 40%.

Ce n’est qu’en janvier 2018, suite à un énième préavis de grève qu’un accord a été signé avec les différents partenaires : la DAAF, l’autorité académique ; la direction de l’EPL, notre employeur ainsi que le Conseil Régional, le principal financeur des centres de formation.
Il avait été acté l’application des 40% soit 20% de plus à la prime actuellement octroyée ainsi qu’une revalorisation des salaires et le paiement de la GIPA.

Cependant suite à des dysfonctionnements ou plutôt de la mauvaise volonté entre la direction de l’EPL et le Conseil régional, cette augmentation n’a pas pu aboutir.
En juin 2018, suite à un nouveau préavis de grève, un changement d’échelon et un supplément de 5% aux 20% existant ont été finalement actés par le Conseil d’Administration (CA) de l’EPL mais malheureusement cette délibération votée « sous réserve » d’accord financier avec le Conseil Régional n’a pas pu être appliquée dans l’immédiat.

A cette date, lundi 27 mai 2019 soit près d’un an après le vote du CA, les salaires sont versés mais toujours sans augmentation alors que suite à une nouvelle mobilisation du personnel, la direction avait pris l’engagement de les revaloriser à la fin de ce mois.

Encore une promesse non tenue et encore du mépris pour nous salariés qui malgré tout ce mal-être au travail continuons d’œuvrer à la réussite de nos apprenants !
Mesdames, Messieurs, membres et proches de la direction du Lycée Agricole de la Guadeloupe, nous ne sommes pas des chiens quémandant des restes et encore moins des esclaves réclamant des salaires équitables.

Nous savons que c’est possible budgétairement d’appliquer les 40% mais cela dérange certains dans ce lycée ; subissons nous la politique du « fann tchou » ? Selon les dires du secrétaire général, il faut passer des concours et être « fonctionnaire titulaire » pour avoir ce privilège ; ce qui est faux puisque d’autres contractuels les perçoivent.
Nous n’avons pas l’avantage d’avoir un logement de fonction ou voiture de service à disposition mais tout comme vous, nous avons le droit de vivre décemment de l’argent public pour se projeter dans l’avenir.

Tout employeur a l’obligation de préserver la santé physique et mentale de son personnel or nous constatons que ce n’est pas le cas à l’EPLEFPA de Guadeloupe.

Ne souhaitant pas qu’il y ait d’autres malheurs et plus de souffrances dans cet établissement, nous vous demandons de tout mettre en œuvre pour stopper cette discrimination salariale.
Comptant sur votre humanité en espérant qu’elle existe toujours, nous restons toujours dans l’attente d’une rencontre avec les différents partenaires institutionnels afin de remédier à cette situation dans les meilleurs délais, et nous vous prions d’agréer nos salutations respectives.

Baie-Mahault, lundi 27 mai 2019