Tennis : Haïtienne, japonaise et aussi américaine, Naomi Osaka brille à l’US Open, elle gagne pour le Japon

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Si la métisse à la crinière blonde crépue est acceptée dans le milieu du sport japonais, elle n’est pas sortie d’affaire dans une nation insulaire qui a encore du mal a intégrer les non-japonais dans sa société. De plus Naomi Osaka parle peu le japonais et, elle est loin des standards des femmes asiatiques. Grande de taille, la peau mate, la joueuse de tennis qui parle couramment l’anglais a été bercée, dès son arrivée aux Etats-Unis, par le créole haïtien de ses grands-parents et de son entourage paternel.

Le métissage culturel de Naomi Osaka fait de la jeune fille une représentante unique dans sa discipline sportive. « Vivre du trait d’union – équilibrer les cultures japonaise, américaine et haïtienne – est quelque chose qu’Osaka a fait toute sa vie. Et elle a pris conscience que son identité mixte peut lui apporter plus de fans à travers le monde ». Dans le New York Times de la semaine dernière, celle qui a croisée Serena Williams à l’Open de Miami ne s’embarrasse plus de question sur l’image qu’elle renvoie au public : « Peut-être est-ce parce qu’ils ne peuvent pas vraiment identifier ce que je suis », a-t-elle déclaré. « Alors, tout le monde peut m’encourager. »

Tamaki Osaka, la maman de Naomi Osaka est japonaise et  son père, d’origine haïtienne, Leonard François, ont vécu de nombreuses années au Japon. « Une nation reconnue pour son homogénéité raciale, acceptant très timidement les personnes métisses. Au Japon, une métisse porte le nom de hafu (du mot anglais «half»), n’acceptant la diversité culturelle que dans le mannequinat ou le divertissement.

Naomi Osaka a peu de souvenirs de ses premières années au Japon.  En 2006, Sa famille est partie aux États-Unis quand elle avait 3 ans et ils ont tous emménagé, avec les grands-parents haïtiens à Long Island, au Sud de la Floride : « J’ai grandi, entourée de culture haïtienne et japonaise », raconte Naomi Osaka. Les parents de son père, qui ne parlaient pas anglais, s’exprimaient en créole haïtien. Mes grands-parents cuisinaient des recettes antillaises comme « le ragoût haïtien épicé » . Sa mère, Tamaki Osaka, lui parlait en japonais, leur préparant des plats à base d’algues et de riz, pour l’école et habillant Naomi et sa sœur en kimono.

Déçu, par la United States Tennis Association qui montre peu d’intérêt pour sa fille qu’il entraîne depuis l’age de trois ans, Leonard François prend la décision de la faire jouer pour le Japon. Naomi Osaka a 13 ans, elle a quitté l’île depuis près de dix ans.

« La décision de jouer pour le Japon a eu des répercussions majeures sur la vie de Naomi, de la manière dont elle est perçue au Japon et aux États-Unis jusqu’à la taille des contrats qu’elle peut désormais obtenir en tant que meilleur athlète japonais avant les Jeux olympiques de Tokyo en 2020 ». La Japan Tennis Association, confrontée à une panne de ses meilleures joueuses, lui offre le confort et de meilleures opportunités pour sa carrière.

De fait, Naomi Osaka utilise le nom de sa mère pour se lancer sur les courts de tennis. « C’était surtout une question pratique quand ils vivaient au Japon, utiles pour s’inscrire dans des écoles et louer des appartements. » commente le couple dans le New York Times.

«Naomi Osaka a été adoptée par les médias, les entreprises et les fans japonais qui recherchent une star du tennis », la chaîne de tennis, Wowow diffuse tous ses matches au Japon.

Arrive l’Open de Miami contre Serena Williams le 21 mars 2018 à Key Biscayne, en Floride. Puis le Tournoi de Tennis d’Indian Wells 2018 en Californie.

« Je suis superstitieuse » avoue la jeune fille. « Si je gagne, j’écoute toujours la même chanson. Je ne le change que lorsque j’ai perdu. » Naomi Osaka a perdu au premier tour, invitant les experts à s’interroger sur ces capacités à rebondir sur la grande scène de l’US Open de Tennis qui se termine le dimanche 9 septembre 2018 à Flushing Meadows-Corona Park à New York.
Après quelques semaines de silence sur Twitter, Naomi Osaka est réapparue en tweetant sur les réseaux sociaux : «Donc, les deux dernières semaines ont été très difficiles pour moi», J’avais beaucoup de pression pour entrer dans le swing parce que j’attendais beaucoup d’Indian Wells », elle a terminé son message par un post positif : « On se voit à New York. ».

New York (Grandstand)

Samedi 1er septembre 2018, Naomi Osaka s’est qualifiée pour les huitièmes de finale du Grand Chelem.  La Japonaise a infligé un terrible 6-0, 6-0 à son adversaire, Aliaksandra Sasnovich.

Vendredi  7 septembre 2018, après avoir éliminé l’américaine Madison Keys sur un score de 2-6-4-6, Naomi a pris l’avantage et se positionne en finale à l’Us Open. Elle affrontera  la grande rivale qu’elle a déjà rencontrée en début d’année, Serena Williams. Rappelons qu’elle se sont partagées le même sparring partner, elles connaissent sans aucun doute, leurs points faibles. Un match très attendu demain samedi 8 septembre 2018.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
Source New-York Times (Brook Larmer)
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