Tensions à Fort de France entre activistes et forces de l’ordre : La statue de d’Esnambuc brûlée

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, Martinique
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La ville de Fort de France, en Martinique, a été jeudi le théâtre d’affrontements entre activistes et forces de l’ordre, qui se sont affrontés près du commissariat, avant un retour au calme vers 23h00.

A l’origine de cette soudaine montée de violence, l’arrestation jeudi matin de deux activistes soupçonnés de violences à l’encontre de policiers, le 15 mai dernier, devant le tribunal d’instance de Fort-de-France.

Sitôt après leur arrestation, des sympathisants se sont rassemblés près du commissariat de Fort-de-France, rue Victor Sévère, à l’appel d’un collectif, pour soutenir les deux gardés à vue.
Un imposant dispositif de forces de l’ordre a aussitôt été mis en place aux abords du commissariat où des activistes s’étaient mis à jouer du tambour et à chanter.

Mais dans l’après-midi, la tension est montée d’un cran entre manifestants et forces de l’ordre, atteignant son point d’orgue dans la soirée.

Dès l’après-midi, les forces de l’ordre avaient tenté, en vain, de disperser les manifestants en les chargeant à plusieurs reprises. Lors d’une des charges un photographe-
reporter indépendant a été projeté à plusieurs reprises au sol, alors qu’il couvrait l’événement, appareil photo en main, rapportent des témoins.

 

Publiée par KiNgi Ayise sur Jeudi 16 juillet 2020

Des témoins accusent des gendarmes de violences physiques et d’avoir écrasé des tambours
D’autres ont fait état de violences envers des manifestants qui jouaient pacifiquement du tambour. « Tout a commencé parce qu’un gendarme a décidé d’envoyer valser notre tambour et qu’une sœur a essayé de l’en empêcher », rapporte un des témoins.
« La suite : coups de matraques, plus gaz lacrymogènes », poursuit ce même témoin, qui affirme qu’au moins deux manifestants ont dû être hospitalisés à la suite de blessures et deux tambours ont été « écrasés ».

Des échauffourées ont dès lors éclaté entre gendarmes et activistes. Les forces de l’ordre ont fait usage de tirs de grenades lacrymogène, les manifestants ont riposté par des jets de pierres et de bouteilles autour du commissariat.

Vers 20h00, les manifestants ont été repoussés vers le boulevard du général de Gaulle. Ils se sont ensuite rendus sur La Savane où les échauffourées se sont poursuivies avec les forces, non loin de la bibliothèque Schoelcher.

La statue de Pierre Belain d’Esnambuc brûlée à la Savane
Sur la place de la Savane, le feu a été mis à la statue de Pierre Belain d’Esnambuc qui s’est enflammée.

Les forces de l’ordre ont essayé de protéger, en vain, l’effigie de cette personnalité de l’Histoire de France qui a pris possession de l’île de la Martinique en 1635 en y établissant la première colonie française. « Situation chaotique à Fort de France. Le calme n’est toujours pas revenu », résume un témoin qui publie sur les réseaux sociaux la vidéo d’un jeune militant traîné de force par les gendarmes, la tête dans une marre de sang. Plus tard dans la soirée, des poubelles et des ordures ont été incendiées.

 

Plusieurs activistes Martiniquais ont été placés en garde à vue ce jeudi 16 juillet à Fort-de-France, des citoyens venus en soutien ont été brutalement pris à parti . Un témoin filme les violences.

Source : Instagram

Publiée par Africana TV Caraïbes sur Jeudi 16 juillet 2020

Quatre militants ont été interpellés. L’un d’entre eux a été relâché pour des raisons médicales.
Les trois autres ont passé la nuit au commissariat, a-t-on indiqué de sources policières.
Un militant qui devait être appréhendé le jeudi matin avec les deux gardés à vue, s’est rendu de lui-même dans la journée de jeudi au commissariat, accompagné de son avocat.

Retour au calme vers 23h00

De source policière, on rapporte que la situation a été sous contrôle aux environs de 23 heures.
Par précaution, des gardes mobiles de la gendarmerie nationale ont été postés autour du commissariat pour en assurer la sécurité durant la nuit.

Une heure avant, le journaliste Jean-Claude Samyde de France-Télévision avait tweeté : « Martinique, les forces de l’ordre tentent de ramener le calme non loin du commissariat de @fdfville. Échanges de gaz lacrymogènes et jets de pierre ce jeudi 16 juillet à 22 h ».