Tep Scan : l’ARS de Guadeloupe tente de calmer la polémique

Rédigé par : Kayleen Jude, le
Publié dans : Actualites, Guadeloupe
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Dans un communiqué, le sénateur Victorin Lurel accuse l’ARS d’avoir « supprimé en catimini » le second Tep Scan prévu par le Plan 2018-2023. Mais pour l’Agence Régionale de Santé, il s’agit d’une décision « temporaire, motivée par la sous utilisation » de cet équipement qui permet de détecter les tumeurs cancéreuses.

La tournure politique de l’affaire a poussé la Directrice de l’ARS à réagir en personne après les propos tenus par le sénateur guadeloupéen.

Il est vrai que Victorin Lurel n’a pas mâché ses mots, rappelant que « le développement du cyclotron a été obtenu de haute lutte sous sa présidence »

Et puis, toujours dans son communiqué, il n’a pas manqué d’égratigner l’actuel Président de Région, s’étonnant de « l’inertie » des équipes dirigées par Ary Chalus.

Ce dernier a immédiatement réagi, indiquant avoir, dans ce dossier, sollicité à plusieurs reprises les instances de l’Agence Régionale de Santé.

« Nous travaillions déjà sur l’acquisition d’un deuxième Tep Scan quand nous avons appris la nouvelle. Nous nous battrons pour l’obtenir ».

Un équipement devant rayonner sur la Caraïbe

Pour mémoire, le Centre d’Imagerie Moléculaire de la Guadeloupe a été officiellement inauguré le 18 juin 2018, aux Abymes

Equipé d’un Tep Scan et d’un Cyclotron, le CIMGUA permet de détecter précocement les cancers. Et d’établir des diagnostics de maladies cardiovasculaires et neurologiques.

L’acquisition d’un deuxième Tep Scan était donc prévu, afin d’augmenter l’offre et de l’étendre un peu plus aux voisins de la Caraïbe. Mais voilà, selon l’Agence Régionale de Santé, les choses ont depuis évolué.

« Les propos de Victorin Lurel sont inexacts »

Pour Valérie Denux, cette décision temporaire, « prise en concertation avec élus », est motivée par deux éléments objectifs.

Tout d’abord, la sous-utilisation pour le moment du tep-scan en place.

Et puis, la volonté de se concentrer dans l’immédiat sur la mise à disposition de scanners classiques en proximité (4 nouvelles implantations ont été ouvertes).

Par ailleurs, la Directrice de l’ARS explique que le Projet Régional de Santé permet « l’ouverture d’une implantation d’un deuxième Tep Scan, d’ici 2023 si le besoin est avéré ».

Ses explications permettront-elle de calmer la polémique dans une île comme la Guadeloupe où le cancer fait de nombreuses victimes ?

Pas sûr. Car selon le Dr Lyonel Bélia, Chef du service de médecine nucléaire au CIMGUA, « 12 examens sont pratiqués par jour, l’outil est donc plus que rentable ».

Affaire à suivre.